Tigreek

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samedi 07 août 2010

Rencontre nocturne

Un soir d'été en banlieue parisienne. L'air a fraîchi, le mois d'août approche et l'exode temporaire en des lieux de villégiature a vidé la ville d'une partie de ses habitants. La nuit est calme, même la lumière des lampadaires semble plus faible qu'à l'ordinaire, ne laissant deviner que des ombres.

Au guidon de mon vélo, je me glisse dans les rues figées, entre les voitures assoupies et les trottoirs vides. Rien ne bouge... Tiens, si : là, à quelques pas, une forme traverse la chaussée. Trop petit pour être un chat, trop trapu aussi... Un rat ? Cela ne me semble pas la bonne démarche. Et puis, un rat se déplace plutôt rapidement... et en souterrain davantage qu'à la surface. Pas le temps de l'identifier, le petit animal a déjà traversé la chaussée pour se faufiler dans une propriété.

Lorsque j'arrive à sa hauteur, j'ai juste le temps de l'apercevoir, avant qu'il ne se cache dans un buisson derrière le portail. Oh surprise ! Un museau pointu, un corps trapu, des piquants gris aux bouts blanchis : c'est un hérisson qui commence sa nuit...

mercredi 21 juillet 2010

Orage

Le vent arrive le premier. Il amène les nuages, obscurcissant le ciel où régnait jusque là un soleil de plomb. Les portes claquent, le ligne s'agite sur son fil, des nuages de poussière se soulèvent de la cour de ferme habituellement parcourue par les tracteurs. C'est le signe de la mise aux abris : on rentre le linge, ferme les portes, débranche les appareils électriques sensibles, attache tout ce qui peut s'envoler. Dans les prés, les vaches se rassemblent et commencent à se diriger vers le couvert : le plus souvent, les arbres faisant la bordure de leur pâture.

La lumière baisse davantage. L'horizon noircit, se réduit : la grisaille masque les lointaines collines. Le vent s'intensifie, les éclairs déchirent le ciel, précédant le roulement fracassant du tonnerre. La foudre frappe, de plus en plus près : les roulements de tambour céleste se font plus intenses et rapprochés. De l'intérieur, on voit les constructions résister aux éléments, on croit qu'elles vont céder, mais il n'en est rien.

Puis les nuages craquent. L'eau tombe, à grosses gouttes. Mieux vaut être à l'abri ! D'ailleurs, ni homme ni bête ne reste dehors. Tiens, si, les hirondelles, même secouées par les bourrasques, se nourrissent des insectes ballottés par les masses d'air. Elles rejoindront leurs nids à la dernière minute.

Cela semble durer quelques minutes à chaque fois. En fait, les salves de pluie vont s'enchaîner pendant plusieurs heures. Entre deux, le calme revient. L'air s'est rafraîchi, le vent est tombé, les hirondelles ressortent, les rideaux de pluie qui voilaient le paysage s'estompent... Et Marion, cinq mois, qui n'a pas bronché pendant le raffut, paisible au coeur de sa sieste, se réveille dans le silence revenu.

Enfin les nuages s'affinent, le soleil refait son apparition. Les bourdonnements lointains des moteurs de voitures ont remplacé dans l'air les vrombissements des coups de tonnerre. L'horizon est clair, l'air comme plus pur, rempli de cette odeur d'herbe mouillée qui m'évoque la propreté, la fraîcheur... La journée peut recommencer.