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dimanche 07 août 2011

Là où on ne l'attend pas

Le SEIGNEUR dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne, devant le SEIGNEUR ; voici, le SEIGNEUR va passer. » Il y eut devant le SEIGNEUR un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers ; le SEIGNEUR n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre ; le SEIGNEUR n'était pas dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, il y eut un feu ; le SEIGNEUR n'était pas dans le feu. Et après le feu le bruissement d'un souffle ténu. Alors, en l'entendant, Élie se voila le visage avec son manteau ; il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
1 Rois 19, 11-13a

Ce matin, dans ma paroisse, Dieu avait une saveur retrouvée. Et de découverte, aussi. Plaisir de reprendre le chemin de l'église que je connais bien maintenant, un peu branlante, et aux vitraux tellement chaleureux. Joie de retrouver la chaleur d'une assemblée dominicale, après une semaine de labeur en théologie sur les Actes... Joindre la pratique à la théorie, harmoniser la liturgie et les visées théologiques...

... et me faire cueillir par ce texte sur le prophète Élie. Comme un clin d’œil. Parce que toute la blogosphère s'agite autour des JMJ imminentes[1], ou bien des sessions de Paray, ou de Taizé... Et si... Et si le Seigneur était aussi dans le cœur de ces parents qui amènent leurs enfants à la messe ? Et s'Il était dans la force de cette grand-mère qui malgré sa faiblesse, a accompagné sa petite-fille à l'église ? Dans celui de ces têtes nouvelles, de passage par ici... Ce ne sont pas de grands événements, ils ne passeront pas au journal télévisé... C'est le bruissement que j'ai entendu aujourd'hui. Celui d'une simple paroisse parisienne, qui continue de vivre, de visiter ses malades, de fêter l'eucharistie chaque dimanche, de chanter à pleine voix !

Notes

[1] Et je ne parle même pas de Facebook ou Twitter !

vendredi 01 juillet 2011

Une page de plus

Une nouvelle maison, un jardin... De nouvelles histoires pour toute cette famille, un peu plus loin de Paris : nouvelle école, nouveaux enfants à garder... Et un au-revoir pour mes deux filles, voyant s'éloigner une nounou précieuse, qui a accompagné leurs progrès depuis trois ans...

Une fin d'année scolaire... Un marronnier ? Oui, peut-être. Et une pointe de nostalgie aussi, lorsque les classes sont vides, que les parents parlent des lieux des vacances, que les enfants se demandent dans quelle classe ils seront l'année suivante...

Une mission qui se termine, une autre qui commence. Un équipier indien en remplace une autre. Le coeur se serre au départ d'une amie. Mais c'est aussi, peut-être, le départ d'une belle aventure... si Dieu le veut.

Des mails qui s'échangent, quelques mots sur un blog ou l'autre. Une descente que je sens vertigineuse, et une remontée du gouffre, pas après pas. Ne pas voir mais sentir, prier, accompagner. Offrir une écoute, autant que possible, et souhaiter une coupure reposante, salvatrice. Au creux de Ses mains.

Des fins, une pause, un souffle. Avant de repartir, demain, ou un peu plus tard. Et garder le souvenir, la rencontre, s'enrichir de tous ces liens tissés, à chaque moment...

Remember your people
Remember your children
Remember your promise, ô God...

Your grace is enough
Your grace is enough
Your grace is enough for me...

Matt Maher, Your grace is enough

mardi 12 avril 2011

Bulle de campagne

J'avais le même âge que ma fille aujourd'hui, lorsque mes parents ont emménagé dans la ferme où j'ai grandi. De notre maison d'avant je n'ai que quelques images, quelques scènes qui marquent un esprit d'enfant : le pavage carré et rouge brique de la pièce principale, la maison de la grand tante au fond du jardin, la petite passerelle au dessus du ruisseau d'où on pouvait jeter des feuilles-bateau et les voir suivre le courant, un matin de Noël où ma soeur et moi allions, en robe de chambre, voir le "petit Jésus" né à l'étable pendant la nuit...

Paysage morvandiau

Vingt-cinq ans déjà... J'avais à peine cinq ans et mes parents investissaient dans ce corps de ferme. Deux maisons, deux longs bâtiments pour l'exploitation, le tout fermant une cour qui allait devenir mon terrain de jeu de prédilection. Une éducation marquée par un rapport à la nature direct, impensable aujourd'hui dans la plupart des familles. Des animaux, il y en avait pléthore à la maison : les vaches bien sûr, car on ne fait pas fonctionner une exploitation basée sur quatre cent bêtes sans que cela se voie, se sente, s'entende ; les moutons aussi, tant que mon oncle a été là ; et les volailles, en complément de revenus, autant que de nourriture familiale ; les chats, autant utilitaires, chassant les nuisibles, qu'animaux de compagnie...

Aujourd'hui, rien n'a changé, tout a changé...

Fleur de cerisier

La plus petite des deux maisons ne sert plus que pour les gens de passage, les invités, pour les fêtes données par mes frères et pour entreposer divers objets. Le jardin de l'autre maison s'est enrichi d'arbres fruitiers, de fleurs en plates-bandes... Le poulailler s'est écroulé lors d'une tempête plus forte que les autres, et de volaille, il n'y a plus.

Fleur de poirier

Les collines, elles, ne bougent pas[1], vivent toujours au rythme des saisons, le ciel flamboie toujours autant à la tombée du soir, les brumes envahissent encore les basses prairies au petit matin. Les bêtes sont toujours là, et ma fille désormais prend ses outils pour "aider" ses grands-parents au travail : donner à manger, nettoyer, faire téter les veaux orphelins...

Poirier

Une génération, le printemps, égal à lui-même, un peu en avance peut-être. Et la vie va.

Rouge passion

Notes

[1] Ca se saurait...

lundi 24 août 2009

Retour de vacances

Les bagages sont presque rangés, les photos pas encore triées, le linge sale s'empile de nouveau dans la corbeille... Le réveil a repris son activité aussi matinale que bruyante, les gestes routiniers reviennent, comme par réflexe. C'est le retour du pincement au coeur du matin, quand il faut laisser le petit bout à d'autres bras que les siens ; mais aussi de la joie de voir ses progrès, chaque jour ou presque : ce matin c'était la première tartine, "'ga'de, j'ai mis plein 'fitu'e !"...

L'esprit a tout de même eu le temps de se reposer, à défaut du corps, piégé dans les bulles de chaleur aoûtienne. Le plaisir de vivre au rythme de la nature, pouvoir méditer plus paisiblement que d'habitude... Prendre le temps de dire son chapelet quotidien, de se recueillir plus intensément sur chaque mystère ! J'ai eu la chance de faire ainsi quelques nouvelles découvertes, des rapprochements, des points de vue qui ne m'avaient pas interpellé jusqu'à présent...

Et puis, j'ai trouvé une joie particulière dans un livre, que je n'ai pas terminé mais qui m'a permis d'entrer dans un nouveau monde, une nouvelle façon de dire le Christ ressuscité : la liturgie. Ce n'est qu'un essai, un ouvrage succinct, qui m'a été conseillé pour mieux comprendre l'organisation d'un culte réformé : Le culte à choeur ouvert, de Laurent Gagnebin. Autant que la méditation du chapelet, il m'a permis d'entrer en prière, d'ouvrir mon coeur à Dieu, en percevant la richesse spirituelle des différents moments du culte, et à quel point un culte ne peut être dissocié du reste de ma vie, de mes actions.

Ainsi, j'ai pu poser mon coeur et mon esprit, pendant ces congés, tourner et retourner en tous sens les questions que j'avais en tête, et qui prenaient soudain un tout autre éclairage ! La rentrée est là, j'ai repris le circuit de la course, après un arrêt aux stands ; avec la tête plus sereine et la certitude que décidément, Il m'accompagne, chaque jour.

Merci à Isabelle pour le bouquin et Bonhoeffer, pour les prolongations du Grand Kiff et les quelques mots d'hébreu ! Merci à Michèle et Marie-Noëlle, toujours présentes et bienveillantes... Merci à Luc pour son soutien et sa compréhension, et un grand merci spécial à mes deux "petits" frères pour le dorlottage spécial dont j'ai été l'objet pendant une semaine...

Bon retour et bonne rentrée à tous et toutes !