dimanche 02 octobre 2011

Rencontre peu banale

J'ai lu quelque part "Dieu existe, je l'ai rencontré !". Ca alors, ça m'étonne.

Que Dieu existe, la question ne se pose pas. Mais que quelqu'un l'ait rencontré avant moi, voilà ce qui me surprend. Parce que j'ai eu le privilège de rencontrer Dieu juste à un moment où je doutais de lui.

Dans un petit village de Lozère abandonné des hommes, il n'y avait plus personne. Et en passant devant la vieille église, poussé par je ne sais quel instinct, je suis entré...

Et là, j'ai été ébloui par une lumière intense... insoutenable.
C'était Dieu... Dieu en personne, Dieu qui priait.

Je me suis dit "Qui prie-t-il ? Il ne se prie pas lui-même ? Pas lui ? Pas Dieu ?"
Non ! Il priait l'homme !
Il me priait moi. Il doutait de moi comme j'avais douté de lui !

Il disait :
- Ô Homme, si tu existes, un signe de toi.
J'ai dit :
- Mon Dieu, je suis là...
Il a dit :
- Miracle ! Une humaine apparition.
Je lui ai dit :
- Mais, mon Dieu, comment pouvez-vous douter de l'existence de l'homme, puisque vous l'avez créé ?
Il m'a dit :
- Oui. Mais il y a si longtemps que je n'en ai pas vu dans mon église... que je me demandais si ce n'était pas une vue de l'esprit.
Je lui ai dit :
- Vous voilà rassuré mon Dieu.
Il m'a dit :
- Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut : "L'homme existe, je l'ai rencontré !"

Raymond Devos

dimanche 07 août 2011

Là où on ne l'attend pas

Le SEIGNEUR dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne, devant le SEIGNEUR ; voici, le SEIGNEUR va passer. » Il y eut devant le SEIGNEUR un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers ; le SEIGNEUR n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre ; le SEIGNEUR n'était pas dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, il y eut un feu ; le SEIGNEUR n'était pas dans le feu. Et après le feu le bruissement d'un souffle ténu. Alors, en l'entendant, Élie se voila le visage avec son manteau ; il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
1 Rois 19, 11-13a

Ce matin, dans ma paroisse, Dieu avait une saveur retrouvée. Et de découverte, aussi. Plaisir de reprendre le chemin de l'église que je connais bien maintenant, un peu branlante, et aux vitraux tellement chaleureux. Joie de retrouver la chaleur d'une assemblée dominicale, après une semaine de labeur en théologie sur les Actes... Joindre la pratique à la théorie, harmoniser la liturgie et les visées théologiques...

... et me faire cueillir par ce texte sur le prophète Élie. Comme un clin d’œil. Parce que toute la blogosphère s'agite autour des JMJ imminentes[1], ou bien des sessions de Paray, ou de Taizé... Et si... Et si le Seigneur était aussi dans le cœur de ces parents qui amènent leurs enfants à la messe ? Et s'Il était dans la force de cette grand-mère qui malgré sa faiblesse, a accompagné sa petite-fille à l'église ? Dans celui de ces têtes nouvelles, de passage par ici... Ce ne sont pas de grands événements, ils ne passeront pas au journal télévisé... C'est le bruissement que j'ai entendu aujourd'hui. Celui d'une simple paroisse parisienne, qui continue de vivre, de visiter ses malades, de fêter l'eucharistie chaque dimanche, de chanter à pleine voix !

Notes

[1] Et je ne parle même pas de Facebook ou Twitter !

dimanche 31 juillet 2011

Déculturation ?

Des tenues resplendissantes, une assistance attentive autant qu'émerveillée, une jeune femme reine du jour entrant au bras de son père... Des lectures, un échange de consentements, les jeunes mariés prenant la parole, un discours de l'officiant... Mariage "classique" à l'église ? Mariage, oui ; mais d'Eglise, point. Frustration, coquille vide, manque... J'ai du mal à exprimer mon malaise face à ce que j'ai vécu hier.

Certains diront que je suis peut-être "vieux jeu". Sans doute. Je ne sais pas, j'ai du mal à me réjouir, j'ai du mal à comprendre qu'on puisse s'engager à ce point pour la vie, sans s'en remettre à quelque chose d'un peu plus solide que la simple parole humaine... Je peux comprendre une foi différente, des doutes, un questionnement... Mais qu'il n'y ait rien, sans que ce vide ne pose question, ça me dépasse. ou alors... Feront-ils comme l'un de mes amis, qui a demandé un "baptême républicain" pour sa fille ? Mais cet ami reconnaît au minimum une influence judéo-chrétienne sur les traditions qu'il reconnaît appliquer... Alors que là, rien, rien d'autre que "l'amour"... Mais quel amour ? Charnel ? Temporel ?

Par ailleurs, suite aux discussions avec mes amis indiens, dans lesquels le mariage prend une grande place car nos traditions et nos sociétés sont construites très différemment, viennent d'autres questions... Quelles sont les bases d'une telle union ? Qu'est ce qui la fera vivre à long terme ? En Inde, pour diverses raisons le divorce n'existe pas ; en France, statistiquement un mariage sur trois est touché par une séparation...

Cette union me fait également revenir sur celle de deux amis indiens, ou plutôt l'une indienne et l'autre français, naturalisé, de parents indiens. C'était il y a un an, et si les costumes des mariés étaient différents, correspondant aux costumes traditionnels indiens, le déroulement a été le même. Rien de plus, pas de traditions indiennes, pas plus de traditions françaises reprises, voire "arrangées" à l'indienne, comme ils l'ont fait dans beaucoup de gestes de leur vie de tous les jours... A l'époque je m'étais demandé si c'était volontaire ou non, dans quelle mesure il leur avait été possible, ou non, de faire une cérémonie religieuse. Avant de me rendre compte que mon amie ne m'avait jamais parlé d'une religion quelconque, et plus tard de réaliser qu'une communauté hindoue parisienne existe bien et est particulièrement vivante. Là aussi, le choix était donc volontaire de ne pas donner d'aspect religieux. Pourquoi ? Comment est-ce possible ?

Qu'on ne se méprenne pas... Je ressens aussi un malaise quand des mariés s'unissent à l'église "pour avoir un beau mariage" ou "parce que ça se fait comme ça dans la famille"... Je ne demande pas que chaque mariage soit forcément religieux. Je me demande simplement comment on en est arrivé là, comment est-ce possible de ne pas se poser plus de question sur les fondamentaux de la vie ? Est-on forcément fou quand on choisit de suivre une religion ?

mardi 19 juillet 2011

Quelle journée !

On dirait une journée comme les autres... Un lundi matin, se lever, aller travailler...

Mais... Ce jour-là, les sourires se font plus fréquents à mon égard... Les yeux s'illuminent, les souhaits s'accumulent... Mon téléphone ne cesse de sonner, appels, messages... Ma boîte mail est également plus remplie que d'habitude... Photos, messages, liens...

Merci.
Merci à tous, mes amis, pour cette belle journée.
Merci mon Dieu, pour tout cela.
Merci pour la joie, la vie, l'amour...
Tous les jours !!!

Love will hold us together...

vendredi 15 juillet 2011

Dans l'eau et dans l'Esprit

Je n'en ai guère parlé dans ces pages, peut-être parce que je n'ai plus les mêmes motivations que pour notre aînée... Ou peut-être parce que cela m'est finalement plus simple. Mais passons. Dans quelques jours, c'est notre seconde fille, Marion, qui recevra le baptême.

Si Nathalie avait été baptisée à l'église, après la messe, c'est pendant un culte dominical, et avec[1] une présence conséquente des deux communautés, que Marion va recevoir le premier des sacrements. Nonobstant le commentaire entendu à plusieurs reprises[2], nous avons maintenu le choix du temple pour différentes raisons.

Aujourd'hui, la préparation d'un baptême, en particulier d'un baptême d'enfant, doit grandement gérer les sensibilités de chacun. Croyant, un peu, beaucoup ou pas du tout, les parents ont leurs raisons de demander ce sacrement pour leur enfant. Aux Eglises de savoir réexpliquer la valeur du sacrement, la grâce infinie de Dieu, l'entrée dans une communauté qui s'efforcera d'être accueillante, toujours... Mais les prêtres et pasteurs, et les membres des équipes de préparation qui passent par ici pourraient en témoigner bien mieux que moi.

Quand se rajoute la composante oecuménique, ça se corse encore un petit peu. Non seulement il faut arriver à dire ce qu'on souhaite, nous les parents, mais en plus il faut l'expliquer à au moins deux interlocuteurs (un prêtre et un pasteur), avec nos mots maladroits, dire notre symbolique du sacrement, tous les espoirs que l'on y place, la valeur que ce geste prend pour nous, pourquoi notre foi, nos engagements nous poussent à demander le baptême pour notre fille.

Alors, c'est peut-être un peu compliqué, tout ça. Et oui, je sais, ça fait beaucoup de "peut-être" en quelques lignes. Une chose est sûre... C'est que plus que jamais je veux dire, chanter, crier, argumenter, et redire encore : je crois en Dieu, Père, Fils et Esprit, un Dieu unique, universel, amour pour tous et chacun... et c'est cette foi que je veux transmettre à mes filles !

Et dans quelques jours, j'espère que la fête sera au rendez-vous, que vous vous unirez à nous, à la grande joie de voir Marion accueillie elle aussi dans la maison de notre Père !

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Notes

[1] Je l'espère !

[2] "Et si un troisième naît un jour, vous le ferez baptiser à l'église orthodoxe ?"

dimanche 22 mai 2011

Le support (suite)

Il s'avère que je n'ai pas terminé de décrire la première étape... (un simple oubli, je vous assure !)

Sur la planche, avant de pouvoir dessiner, il faut préparer une couche permettant d'accueillir la figure qui sera représentée. Sur une planche de contreplaqué telle que celle que j'utilise, deux couches de gouache blanche un peu épaisse suffisent. Ainsi, la planche préparée, représente notre être tel que Dieu nous crée, immaculés, prêts à le recevoir.

Et pendant que la couche blanche sèche, on peut reproduire sur un calque le modèle que l'on a choisi.

Planche et calque

Si l'on connaît les canons iconographiques, et les différentes règles symboliques, on peut créer son propre modèle, mais il est difficile d'obtenir quelque chose d'harmonieux et correspondant aux canons. Je ne l'ai fait qu'une fois, et à ce moment-là, la recherche du trait et des harmonies dans la scène reproduite se fait toujours dans la prière, et avec du temps. La main se nourrit peu à peu de la prière, des recherches sur le sujet, des autres modèles sur lesquels on a médité...

jeudi 21 avril 2011

Jeudi saint

Servir. A la suite de Jésus, les prêtres, les évêques, le pape réitèrent le geste du lavement des pieds, se mettent au service, à la place la plus basse. Une célébration particulière, une invitation à entrer, laisser la poussière du chemin au dehors, se rendre propre pour mieux accueillir le Christ.

Se donner. Entrer dans le don de soi, total. Autant que possible avec nos petites vies d'humains. Et percevoir la lumière, l'absolu du Don dans la Cène du Seigneur. Accepter d'être nourris, autrement. Indiciblement.

Apprécier. Le "hasard" du vagabondage, une rencontre inattendue entre un repas partagé, un lieu de culture et de divertissement, un philosophe et écrivain interviewé... Entendre ses efforts pour parler d'une foi "en la vie", pour renier toute utilité d'un dieu. S'attrister un peu devant sa vision bien superficielle des évangiles. Et m'autoriser à avoir foi "en la vie", avec Dieu à mes côtés. Parce que c'est juste tellement mieux :)

Douter. Et l'espace de quelques instants, se mettre à rationaliser, à chercher les (in)cohérences dans ce triduum, dans cette saga prenante de trois jours où l'on retient son souffle... Trois jours ? Mais est-ce cohérent ? Même les récits des évangiles ont des "trous"...

Apaiser. Mes craintes, mes peurs, mes doutes. Dans l'ombre paisible de l'église, et la douceur du soir printanier, au creux d'une oreille attentive et aimante. Se glisser dans les bras réconfortants d'une maman.

Accompagner. L'ami qui sera ordonné en cette solennité du Saint Sacrement... Prier et le confier, aujourd'hui tout particulièrement, comme ses futurs pairs, à Celui qu'il s'apprête à suivre... pour la vie[1].

Notes

[1] et la Vie... Jean 14, 6

dimanche 10 octobre 2010

Douter, donner

Jésus notre Père, s'il y a en nous comme un doute, tu ne nous en aimes pas moins. Nous voudrions alors vivre de ta parole : "qui ose donner sa vie par amour pour moi le ressuscité, la retrouvera". (prière de Taizé, 23/03/2009)

Se rassurer dans le doute. Aimer et se laisser aimer...

Donner, toujours. Pour vivre pleinement. Faire confiance et se donner... même avec la peur au cœur.

lundi 26 juillet 2010

Seigneur, Adonaï, bénis-les...

Olivier est un bon ami. Nous nous sommes rencontrés, étudiants, et nous avons gardé le contact, toute notre bande de copains, même si la vie avance, les bébés font leur apparition, certains s'en vont, renforçant s'il était besoin les liens de ceux qui restent... Alsacien, il a reçu une éducation chrétienne, balloté entre catholicisme et protestantisme. Prudent, il ne s'enthousiasme pas facilement, prépare et organise tout, ne laisse rien au hasard. Il est lucide, minutieux, attentionné, sans illusions. En vacances, un jour, il est tombé amoureux sans s'en rendre compte. Il a hésité, nous a même demandé notre avis, toujours prudent ; et puis il a laissé parler son coeur.

Audrey est une jeune femme enjouée, sensible, avec ce côté enfantin qui a parfois le don d'exaspérer : on aimerait lui faire comprendre que nous ne sommes pas les élèves de sa classe de maternelle... Née dans une famille juive sépharade, elle met peu les pieds à la synagogue mais est attachée aux traditions. Elle aime la joie, les bandes de copains et les réunions de famille... et préparer des tas de desserts avec une profusion de rose(s) et de coeur(s). Elle a cru tomber amoureuse, plusieurs fois, et a fini par craquer "pour de vrai".

Audrey apporte à Olivier la touche de fantaisie qui lui manque, Olivier donne à Audrey la stabilité de quelqu'un qui garde les pieds sur terre. Ces deux-là sont heureux, ça se voit ; même s'ils ont eu du mal à se trouver, ils fonctionnent plutôt bien ensemble. Aujourd'hui, ils s'engagent, pour la vie... et ils m'ont demandé une bénédiction... Préparant leur mariage depuis plus d'un an, ils avaient cherché à avoir une cérémonie religieuse, un peu plus que la simple déclaration à la mairie. Ils désespéraient, et finalement ont trouvé une étudiante en théologie israélienne, qui a accepté de les bénir en hébreu.

Ce fut difficile à écrire... Autant l'oecuménisme je connais, je baigne dedans depuis l'enfance ; autant je fais mes premiers pas dans l'interreligieux. Je marche sur des oeufs, comment affirmer la foi chrétienne sans me mettre en porte-à-faux par rapport à la famille juive ? Finalement ça se fait : choisir un texte sur l'amour, parler de Dieu, garder un discours simple, bénir les futurs époux et leurs familles...

Joie d'Olivier et Audrey, qui m'ont adressé leurs remerciements à plusieurs reprises... Bonheur de les voir ensemble... Leur émotion était palpable, et leur désir d'une prière commune, enfin possible, laisse penser que l'Esprit était bien au rendez-vous !

lundi 19 juillet 2010

Quel Dieu ?

Sensations aigres-douces pour un week-end en campagne angevine... Joie d'un mariage, regret d'un engagement sans accompagnement religieux. Une union pour la vie, comptant sur la seule force morale des mariés, est-ce bien prudent ? Forme de courage de leur part sans doute, de ne pas céder aux générations antérieures et de ne pas faire célébrer une bénédiction qui leur aurait parue illusoire. Mais manque, vide pour l'entourage qui croit que Quelqu'un nous accompagne et ne peut nous laisser seuls, y compris dans ces engagements-là... Fête d'un couple qui s'engage, de deux familles qui apprendront à se connaître, d'une bande de gadz'arts trop heureux de voir leur pote "se caser". Fête en laissant Dieu à la porte ?

Après la fête et quelques heures de sommeil, pousser la porte d'une église de village. S'émerveiller du génie constructeur à la gloire de Dieu. Observer quelques minutes avant la messe, les têtes blanches mais aussi les enfants regroupés devant, attentifs ou joueurs, les musiciens s'accordant sur les derniers détails... Prier pour les jeunes mariés, pour qu'ils soient accompagnés, même s'ils n'en ont pas conscience... Se sentir libre dans cette maison de Dieu, ce choeur spacieux où l'Esprit peut prendre toute la place. Ouvrir son coeur, en admirant l'égard et la douceur du prêtre pour chacun, petit ou grand, concélébrant ou lecteur, habitué ou de passage, fidèle ou futur (petit) baptisé...

Retour à Paris où nous attend un autre mariage, la semaine prochaine... Et surprise ! On me demande d'y faire une bénédiction... Non officielle, elle ne sera pas prise en compte sur les registres, car le fiancé, un copain d'école, d'éducation chrétienne, va s'unir avec une demoiselle juive... C'est un honneur pour moi, une richesse de pouvoir ainsi me trouver au coeur de cette complexité culturelle ! Une responsabilité aussi : affirmer sa foi en Dieu dans le respect de l'autre, parler de l'universalité d'un message sans choquer le peuple élu...

mardi 04 mai 2010

Donner

Dimanche, en route pour l'église puis le temple... Je regarde le contenu de mon porte-monnaie et réprime une grimace de dépit : un peu de petite monnaie puis un billet, rien de "moyen", pas de petite coupure. Je pense "Grmph, je devrai donner plus que prévu"... Et aussitôt, j'ai honte !

Réfléchissons un peu : combien sommes-nous prêts à mettre pour une heure qui améliorerait notre bien-être ? Entre 50 et 80 euros pour une heure de massage, 80 euros pour une manucure après sauna ou hammam, 110 euros pour deux heures de cérémonie du thé japonaise ? Ou plus modestement, environ 4 euros pour une entrée de piscine, ou 10 euros pour une séance de cinéma...

Ou alors : quelle somme acceptons-nous de verser pour un service à domicile ? 50 à 70 euros pour un cours particulier ou une réparation informatique, 15 à 30 euros pour un service de ménage ou repassage, 30 euros pour une soirée de baby-sitting...

Et pour Dieu ? Combien vaut une heure pour un sacrement qui nous donne la vie ? Combien vaut une heure pour entendre la parole qui guide notre existence ? Sûrement davantage que la pièce ou le petit billet que je glisse habituellement dans la corbeille de l'offrande...

Alors, dimanche, ma grimace s'est transformée en sourire. Et le billet est parti dans la corbeille. J'espère que je me souviendrai plus souvent de ce que je dois à Dieu...

lundi 30 novembre 2009

Temps prié, temps perdu ?

Dans cette vie où chaque minute est comptée, où chaque jour semble parfois passer plus vite que le précédent, il m'arrive de me demander si je ne perds pas mon temps lorsque je prie... Alors que je me demande comment passer davantage de temps avec ma fille, mieux ranger mon bureau pour gagner quelques minutes à ne pas chercher tel papier ou tel dossier, quel moyen de transport me ferait économiser quelques minutes pour arriver plus tôt le matin, partir plus tard le soir, tout en étant à l'heure chez la nounou ; la prière, quel temps perdu ! Dans le bus, je ferais mieux de travailler mon vocabulaire de grec ou de me remémorer quel est l'ordre du jour de ma prochaine réunion...

Oui, mais...

Si je focalise ma vie sur un boulot qui me rapportera ma paie du mois, sans forcément beaucoup de considération, que me restera-t-il lorsque j'aurai réglé tous mes frais ?
Si je veux avancer dans mes études de théologie, la théorie ne sera-t-elle pas qu'une coquille vide sans une prière régulière ?
Si le temps me manque déjà dans ma vie de tous les jours, quand prendrai-je le temps pour Dieu ?
Si je pense perdre mon temps lorsque je prie, même si parfois c'est pas facile, que peut penser Dieu lorsqu'il prend le temps de m'écouter ?
Si prier est une perte de temps, pourquoi cela me manque lorsque je ne prends pas quelques minutes de silence dans ma journée pour le faire ?

Alors, le temps pour dire quelques mots à Dieu, parfois rien, juste un "bonjour" ; parfois une grosse colère ou un chagrin terrible ; parfois une solitude difficile à définir ; parfois une grande joie, des louanges ; ou encore des interrogations... Non, je crois que ce n'est jamais du temps perdu.

mercredi 18 novembre 2009

La croix ne sert à rien sans la résurrection

C'est une idée qui s'est imposée à moi ce matin, en priant le chapelet dans les transports en commun... L'intérêt du chapelet, c'est que la méditation des différents mystères peut donner lieu à toutes sortes de surprises, selon le contexte, l'environnement, les pensées, la réceptivité...

Lors du dernier week-end régional des jeunes protestants, plusieurs participants ont été choqués de l'insistance sur le sacrifice complet de Jésus, le fait qu'il a donné sa vie pour nous sauver. C'est vrai que voir cet aspect des choses peut mettre mal à l'aise, et s'il est relativement naturel pour un catholique qui y trouve volontiers un chemin d'humilité, il l'est nettement moins pour un protestant... Le point de vue sacrificiel n'est guère apprécié chez les réformés, qui préfèreront mettre l'accent sur le salut par la foi, par exemple. Et le malaise évoqué par les jeunes, à leur retour chez eux, est assez révélateur de la culture réformée à cet égard !

La mise à mort de Jésus est un scandale, et ne doit pas nous laisser indifférents. Mort sur une croix, qui plus est, c'est à dire une mort sous la torture. Le fait que ce sacrifice d'un innocent faisait partie des plans de Dieu, est un des grands mystères de la foi chrétienne. Nous croyons que le libre choix de cette épreuve fait la force de l'Amour de Dieu pour nous : "Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique..." (Jean 3, 16).

Mais cette mort ne serait rien, elle ne pourrait constituer à elle seule un élément de foi, s'il n'y avait pas la résurrection. Le verset précédemment cité se termine ainsi : "... afin que quiconque croit en lui ne meurt pas, mais qu'il ait la vie éternelle". Le don total, l'abandon à Dieu aboutit à la résurrection. C'est cette vie éternelle qui, pour moi, donne aux chrétiens un espoir inextinguible.

La mort, le deuil, la tristesse font partie de la vie. Mais nous croyons que l'Amour de Dieu est plus fort que la mort. Et qu'il nous relèvera, par dessus les doutes, les colères, les larmes, le découragement, les épreuves. Toujours.

vendredi 06 novembre 2009

L'oecuménisme au paradis

Un juif, un orthodoxe, un musulman, un protestant se retrouvent, après leur mort, sur le chemin qui mène au paradis. Ils se chamaillent sur le nom qu'il faut donner (ou pas) à Dieu, sur la façon de le prier, les signes qu'il convient de faire en sa présence, etc. Mais tous se taisent lorsqu'ils arrivent finalement devant un grand portail entrebâillé.

Saint Pierre les accueille : "Soyez les bienvenus au paradis !"
Tous sont surpris : "Je croyais que nous serions séparés... Comment se fait-il que nous nous retrouvions tous ici ? Certains d'entre nous ne devraient-ils pas être damnés ?"
Saint Pierre répond, avec un sourire : "Oh, querelles terrestres que tout ceci... Ici nous accueillons tout le monde, peu importe le nom qui est donné à Dieu... Nous offrons même le séjour aux athées, s'ils veulent nous rejoindre !"

Nos amis sont agréablement surpris. Saint Pierre leur présente l'endroit, avec les salles où se regroupent les différentes communautés, les dortoirs, les passerelles... Un seul de ses conseils paraît étrange : "Surtout ne faites pas de bruit à proximité de cette salle, au bout du couloir !" ; aussi le musulman demande "Mais pourquoi ?". Saint Pierre répond alors : "Ici, ce sont les catholiques, ils se croient tout seuls !!"

(Petite histoire que je trouve particulièrement savoureuse et d'actualité, en particulier autour des réactions sur l'accueil d'une branche anglicane au sein de l'Eglise catholique)

lundi 21 septembre 2009

Le Grand Kiff à la télé !

Ce dimanche 20 septembre, l'émission Présence protestante, sur France 2, a présenté un reportage sur le Grand Kiff.

Le Grand Kiff ? 1200 jeunes protestants, de tous horizons, réunis pendant cinq jours à Lyon, au mois de juillet, pour fêter l'Amour de Dieu pour le monde ! Ce fut cinq jours de fête, de chant, de louange, de réflexion, de jeu... autour de trois thèmes : Il te cherche, vis ta vie, le monde est à nous.

Le reportage est visible en ligne sur le site de France 2 (27 minutes), et il sera également possible de commander le DVD de l'émission.

samedi 12 septembre 2009

Voilà qui est rassurant...

Il y a deux jours, je lisais :

Dieu ne te demandera pas combien de livres tu as lus, combien de miracles tu as accomplis. Il te demandera si tu as fait de ton mieux, par l'amour de lui. Peux-tu dire en toute sincérité : « J'ai fait de mon mieux » ? Même si le mieux doit se révéler un échec, il doit être notre mieux. Si tu es réellement amoureux du Christ, aussi modeste que soit ton travail, il en sera mieux accompli, de tout coeur. Ton travail attestera ton amour. Tu peux t'épuiser au travail, tu peux même t'y tuer, mais tant qu'il n'est pas mêlé d'amour, il est inutile.
Soeur Teresa de Calcutta, No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997)

Et aujourd'hui :

Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l'inondation, le torrent s'est précipité sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique ressemble à l'homme qui a bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est précipité sur elle, et aussitôt elle s'est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète.
Luc 6, 47-49

Alors, en ces temps où les médias nous parlent sans arrêt de crise financière, sociale, de pandémie, de réchauffement climatique, je trouve ces deux textes plutôt rassurants... L'évangile peut paraitre aussi dur que le roc dont il parle : ne pas mettre en pratique les enseignements de Jésus, c'est se condamner, se promettre soi-même à une destruction certaine. Et qui peut affirmer avec certitude avoir toujours suivi les paroles de Jésus ? Nous sommes tous pécheurs, indignes de défaire la courroie de ses sandales...

Oui, mais croire au Christ ressuscité nous donne une espérance formidable : tout pécheurs que nous soyons, Dieu nous a tellement aimé qu'il nous a envoyé son Fils, pour que nous soyons sauvés (voir Jean 3, 16) ! Alors, effectivement, la vie devient tout de suite plus simple : il suffit d'aimer Dieu, de lui faire confiance, et tout ce que nous ferons ne pourra que donner le meilleur de nous-mêmes...

Ne pas écouter nos craintes, faire de notre mieux en se confiant de tout notre coeur à l'Amour tout-puissant... C'est pas un beau programme, ça ?

jeudi 10 septembre 2009

Apaisement

Il y a des jours qui sont plus sereins que d'autres. Des jours où, la routine aidant, je me laisse porter sur le chemin du bureau que mes pieds connaissent par coeur, et où je me plonge de toute mon âme dans un moment de méditation devenu quotidien. Le trajet passe vite, je suis déjà devant mon ordinateur, et pourtant... c'est un peu comme si le temps avait ralenti, me donnant le loisir de continuer à méditer sur cette journée.

Puis, à plusieurs reprises, je ressens comme une présence, une petite voix apaisante... Je me surprends à dire quelques prières entre deux lignes de code, à griffonner les lettres d'hébreu que j'ai apprises dimanche. J'écoute Glorious, en sus de ma liste de morceaux de Taizé habituels... La journée se termine comme un clin d'oeil, j'ai plutôt bien avancé mon travail, et dans un climat de paix que je trouve rarement.

Un petit pas de plus sur un chemin qui m'ouvre les bras ? Et ce soir dans mes flux RSS, une surprise, merci Eric !

jeudi 03 septembre 2009

Rentrer, c'est...

Retrouver son environnement. Pour avoir la joie de revenir, rien de tel que de partir, s'évader, voir autre chose ! Changer d'univers pour changer de regard, puis se retourner et observer la vue nouvelle... Du coup, je vois le chemin parcouru, le travail qui reste à faire. Les bonnes résolutions se formulent toutes seules, sans que j'aie besoin d'y réfléchir. Bien mieux que les festivités du nouvel an, les vacances permettent de faire le ménage, mettre son esprit à neuf, faire le point sur ses priorités, les réordonner si besoin. Vous connaissez l'histoire des cailloux mis avant le sable pour remplir le seau ? C'est le moment rêvé pour vider le seau et le réorganiser, songer aux gros cailloux à loger au fond, en profiter pour vider des gravillons ou du sable pour faire un peu de place à la jolie pierre, là sur le côté, qui me tenait à coeur mais pour lequel il ne restait plus d'espace...

Réfréner l'angoisse, le stress... Les parisiens me comprendront sans doute ; depuis dix jours, on sent approcher la rentrée, par tous ses effets négatifs : moins de tongs, de shorts et de chemisettes dans les transports en commun, place aux costumes-cravattes, aux tailleurs... La mallette a remplacé le sac à dos et les places assises deviennent chères ; les sourires des touristes ont disparu pour les grises mines peu réveillées des travailleurs du matin. Et surtout, tout le monde s'est remis au travail, les délais se font plus pressants et les supérieurs exigeants.

Reprendre des habitudes. La routine a quelque chose de rassurant, elle permet d'avoir des repères, d'acquérir des automatismes qui nous rendent plus efficaces sur certains domaines. C'est un cadre sur lequel je peux improviser selon mon humeur ; c'est apaisant, même si je me rends compte que parfois cette routine me piège, ces gestes répétés me trahissent. Les habitudes, c'est bien, et changer de temps en temps, ça permet de garder l'esprit alerte. Je parle autant en termes de vie quotidienne au bureau, à la maison, qu'en approche spirituelle : les prières répétées, les chants aident à entrer en méditation. Mais la répétition peut me faire oublier ce pour quoi je prie : de temps en temps, j'aime changer de prière, de textes, pour me recentrer sur mon coeur à coeur avec Dieu, ne pas me laisser aller à la bonne conscience de la prière vide.

Rejoindre ses amis. J'aime partir, découvrir de nouvelles têtes, revoir des anciens, appréhender des caractères dans un contexte inhabituel. La rentrée, c'est aussi la reprise des activités, les retrouvailles. Redécouvrir ceux que l'on croyait connaître, discuter sur de nouveaux sujets, se raconter ses souvenirs, ses émotions... Voir aussi la transformation apportée par une expérience particulière, un visage qui s'éclaire rien qu'au souvenir de son séjour et aux idées qu'il / elle en a rapporté !

Risquer quelque chose de nouveau. C'est le moment ou jamais de commencer une nouvelle activité, une nouvelle méthode, une autre organisation familiale ; de proposer un autre style de vie, pour voir ; de se et Lui faire confiance ! Le mois de septembre me paraît ainsi charnière, un temps où je dois prendre garde de ne pas laisser retomber l'enthousiasme des nouvelles idées : porter un projet, le réfléchir, le mûrir, écouter...

Bonne rentrée à tous, et merci à Anne-Claire pour son entrée qui ne manque pas d'air !

lundi 24 août 2009

Retour de vacances

Les bagages sont presque rangés, les photos pas encore triées, le linge sale s'empile de nouveau dans la corbeille... Le réveil a repris son activité aussi matinale que bruyante, les gestes routiniers reviennent, comme par réflexe. C'est le retour du pincement au coeur du matin, quand il faut laisser le petit bout à d'autres bras que les siens ; mais aussi de la joie de voir ses progrès, chaque jour ou presque : ce matin c'était la première tartine, "'ga'de, j'ai mis plein 'fitu'e !"...

L'esprit a tout de même eu le temps de se reposer, à défaut du corps, piégé dans les bulles de chaleur aoûtienne. Le plaisir de vivre au rythme de la nature, pouvoir méditer plus paisiblement que d'habitude... Prendre le temps de dire son chapelet quotidien, de se recueillir plus intensément sur chaque mystère ! J'ai eu la chance de faire ainsi quelques nouvelles découvertes, des rapprochements, des points de vue qui ne m'avaient pas interpellé jusqu'à présent...

Et puis, j'ai trouvé une joie particulière dans un livre, que je n'ai pas terminé mais qui m'a permis d'entrer dans un nouveau monde, une nouvelle façon de dire le Christ ressuscité : la liturgie. Ce n'est qu'un essai, un ouvrage succinct, qui m'a été conseillé pour mieux comprendre l'organisation d'un culte réformé : Le culte à choeur ouvert, de Laurent Gagnebin. Autant que la méditation du chapelet, il m'a permis d'entrer en prière, d'ouvrir mon coeur à Dieu, en percevant la richesse spirituelle des différents moments du culte, et à quel point un culte ne peut être dissocié du reste de ma vie, de mes actions.

Ainsi, j'ai pu poser mon coeur et mon esprit, pendant ces congés, tourner et retourner en tous sens les questions que j'avais en tête, et qui prenaient soudain un tout autre éclairage ! La rentrée est là, j'ai repris le circuit de la course, après un arrêt aux stands ; avec la tête plus sereine et la certitude que décidément, Il m'accompagne, chaque jour.

Merci à Isabelle pour le bouquin et Bonhoeffer, pour les prolongations du Grand Kiff et les quelques mots d'hébreu ! Merci à Michèle et Marie-Noëlle, toujours présentes et bienveillantes... Merci à Luc pour son soutien et sa compréhension, et un grand merci spécial à mes deux "petits" frères pour le dorlottage spécial dont j'ai été l'objet pendant une semaine...

Bon retour et bonne rentrée à tous et toutes !

dimanche 02 août 2009

Journal Kiff (8) - l'après kiff' - dimanche 26 juillet

J'ai profité de mon jour complémentaire de congé, vendredi, pour faire mon "rapport" à Françoise, ma pasteur. J'ai aussi abordé la question d'une possible vocation de pasteur, avec le principal frein qui se présente à moi : l'aspect financier, perdre ma situation d'ingénieur et le salaire qui va avec, pour reprendre des cours puis, si je suis pasteur, gagner une indemnité qui ne compensera pas mon train de vie actuel... Le chemin reste à explorer. J'ai peur, très peur. Mais plus j'avance et plus je me dis que c'est ce que je souhaite.

Ma tête et mon coeur sont encore au Grand Kiff... Ma tête s'obstine à répéter "donne-moi l'amour et la folie", "il attend que je réponde 'en toi je choisis la vie !'"... Mon coeur cherche l'apaisement de la prière, et comment trouver les paroles pour présenter cette certitude qui naît en moi : c'est servir que je veux, et pas comme bénévole pendant quelques jours, mais servir Dieu et les autres, à plein temps !

Ces quelques jours de week-end m'ont permis de reprendre, peu à peu, pied dans la réalité. Cependant je sais que la reprise du boulot, même pour une semaine, va être difficile. Comme lors de mon voyage au Cameroun il y a quelques années, j'ai l'impression d'avoir touché du doigt des valeurs essentielles. La sensation d'avoir ouvert une porte sur des mystères devenus indispensables à ma vie spirituelle, et un sentiment d'urgence à réorganiser les priorités de ma vie...

La priorité immédiate, c'est le baptême de ma fille, le 2 août. J'espère pouvoir lui transmettre l'importance de Dieu dans ma vie, et lui dire l'Amour incomparable qu'il nous porte... Même si elle ne le comprend pas tout de suite, elle sera accueillie parmi les Enfants de Dieu, et ça, ça compte beaucoup pour moi.

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