Tigreek

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 26 juillet 2010

Seigneur, Adonaï, bénis-les...

Olivier est un bon ami. Nous nous sommes rencontrés, étudiants, et nous avons gardé le contact, toute notre bande de copains, même si la vie avance, les bébés font leur apparition, certains s'en vont, renforçant s'il était besoin les liens de ceux qui restent... Alsacien, il a reçu une éducation chrétienne, balloté entre catholicisme et protestantisme. Prudent, il ne s'enthousiasme pas facilement, prépare et organise tout, ne laisse rien au hasard. Il est lucide, minutieux, attentionné, sans illusions. En vacances, un jour, il est tombé amoureux sans s'en rendre compte. Il a hésité, nous a même demandé notre avis, toujours prudent ; et puis il a laissé parler son coeur.

Audrey est une jeune femme enjouée, sensible, avec ce côté enfantin qui a parfois le don d'exaspérer : on aimerait lui faire comprendre que nous ne sommes pas les élèves de sa classe de maternelle... Née dans une famille juive sépharade, elle met peu les pieds à la synagogue mais est attachée aux traditions. Elle aime la joie, les bandes de copains et les réunions de famille... et préparer des tas de desserts avec une profusion de rose(s) et de coeur(s). Elle a cru tomber amoureuse, plusieurs fois, et a fini par craquer "pour de vrai".

Audrey apporte à Olivier la touche de fantaisie qui lui manque, Olivier donne à Audrey la stabilité de quelqu'un qui garde les pieds sur terre. Ces deux-là sont heureux, ça se voit ; même s'ils ont eu du mal à se trouver, ils fonctionnent plutôt bien ensemble. Aujourd'hui, ils s'engagent, pour la vie... et ils m'ont demandé une bénédiction... Préparant leur mariage depuis plus d'un an, ils avaient cherché à avoir une cérémonie religieuse, un peu plus que la simple déclaration à la mairie. Ils désespéraient, et finalement ont trouvé une étudiante en théologie israélienne, qui a accepté de les bénir en hébreu.

Ce fut difficile à écrire... Autant l'oecuménisme je connais, je baigne dedans depuis l'enfance ; autant je fais mes premiers pas dans l'interreligieux. Je marche sur des oeufs, comment affirmer la foi chrétienne sans me mettre en porte-à-faux par rapport à la famille juive ? Finalement ça se fait : choisir un texte sur l'amour, parler de Dieu, garder un discours simple, bénir les futurs époux et leurs familles...

Joie d'Olivier et Audrey, qui m'ont adressé leurs remerciements à plusieurs reprises... Bonheur de les voir ensemble... Leur émotion était palpable, et leur désir d'une prière commune, enfin possible, laisse penser que l'Esprit était bien au rendez-vous !

lundi 19 juillet 2010

Quel Dieu ?

Sensations aigres-douces pour un week-end en campagne angevine... Joie d'un mariage, regret d'un engagement sans accompagnement religieux. Une union pour la vie, comptant sur la seule force morale des mariés, est-ce bien prudent ? Forme de courage de leur part sans doute, de ne pas céder aux générations antérieures et de ne pas faire célébrer une bénédiction qui leur aurait parue illusoire. Mais manque, vide pour l'entourage qui croit que Quelqu'un nous accompagne et ne peut nous laisser seuls, y compris dans ces engagements-là... Fête d'un couple qui s'engage, de deux familles qui apprendront à se connaître, d'une bande de gadz'arts trop heureux de voir leur pote "se caser". Fête en laissant Dieu à la porte ?

Après la fête et quelques heures de sommeil, pousser la porte d'une église de village. S'émerveiller du génie constructeur à la gloire de Dieu. Observer quelques minutes avant la messe, les têtes blanches mais aussi les enfants regroupés devant, attentifs ou joueurs, les musiciens s'accordant sur les derniers détails... Prier pour les jeunes mariés, pour qu'ils soient accompagnés, même s'ils n'en ont pas conscience... Se sentir libre dans cette maison de Dieu, ce choeur spacieux où l'Esprit peut prendre toute la place. Ouvrir son coeur, en admirant l'égard et la douceur du prêtre pour chacun, petit ou grand, concélébrant ou lecteur, habitué ou de passage, fidèle ou futur (petit) baptisé...

Retour à Paris où nous attend un autre mariage, la semaine prochaine... Et surprise ! On me demande d'y faire une bénédiction... Non officielle, elle ne sera pas prise en compte sur les registres, car le fiancé, un copain d'école, d'éducation chrétienne, va s'unir avec une demoiselle juive... C'est un honneur pour moi, une richesse de pouvoir ainsi me trouver au coeur de cette complexité culturelle ! Une responsabilité aussi : affirmer sa foi en Dieu dans le respect de l'autre, parler de l'universalité d'un message sans choquer le peuple élu...

mercredi 14 juillet 2010

Familles, je vous haime

Famille aimée, famille haïe...
Famille qui comprend trop bien... Famille qui ne comprend rien ?

Evolutions, amour, rejet, jalousies, dialogue de sourds, déchéance, faux procès et vrais pardons, quiproquos et guerres rangées... Une famille est un microcosme, une société en miniature où les lois ne sont écrites nulle part, où le prix de chaque chose, de chaque relation, de chaque souvenir se compte davantage en émotions qu'en argent comptant. Enfin, en apparence... La mémoire est l'outil essentiel, le temps est tantôt le meilleur ami, tantôt un ennemi...

Difficultés de familles dissemblables, réunies par un mariage... Cultures et milieux différents, coutumes différentes ; ce qui paraît évident n'est pas exprimé, mais n'est précisément pas si évident pour un interlocuteur étranger aux traditions familiales ! Et quand il s'agit de religion... Confessions différentes, l'histoire familiale rejoint l'Histoire. De génération en génération, les relations entre Eglises, entre fidèles, entre fidèles et leurs Eglises évoluent. Mais parfois les rancoeurs restent. Et les générations "mixtes" comme la mienne doivent lutter contre les préjugés. Comment expliquer à Mamie (catholique) que si l'on a fait une confirmation protestante, on ne croit pas pour autant que son pélerinage à Lourdes ne vaut rien ? Comment dire à Maman (protestante) que si, si, il y a encore aujourd'hui des hommes qui pensent à la prêtrise et que non, ce n'est pas forcément complètement facho, pas plus que le Pape ?

"Qui est ma mère, qui sont mes frères ?" disait Jésus (Marc 3, 33 ; Matthieu 12, 48). Parfois je dirais bien la même chose. En ce moment, la question à la mode, c'est "fais-tu des études de théologie pour être pasteur?". Comment répondre ? Je crois que j'aimerais bien, oui. Mais comment avoir l'assurance d'un appel ? Comment dire que cette question n'a pas de réponse, en tout cas pas de réponse précise pour l'instant ? Et puis, cela suscite de tels émois... Je comprends la solitude et l'hésitation de jeunes hommes qui souhaitent s'engager dans la prêtrise mais craignent la réaction de leur entourage... Amis, priez pour les vocations : pour que les familles aient le courage d'accepter les vocations parmi elles...

dimanche 04 juillet 2010

Acharnement

On se souvient (plus ou moins douloureusement) des "affaires" de prêtres pédophiles, les dossiers ressortis du formol, le besoin de mettre en cause des hauts dirigeants de l'Eglise catholique, jusqu'au Pape... Les prêtres s'étaient alors sentis attaqués en masse, car la généralisation et la théorie du complot étaient tellement présentes que tout geste, toute parole étaient passés au crible de la critique "bien-pensante".

On se remémore peut-être plus difficilement le cas de Liès H., cet homme qui a été, en plein "débat" sur l'identité nationale (ça veut dire quoi cette expression ??), le bouc émissaire du gouvernement et de Brice Hortefeux en particulier. Qu'avait-il fait ? Sa femme se déplaçait voilée des pieds à la tête... Mon Dieu quelle horreur ! Et comme ça ne suffisait pas, on s'est acharné à trouver tout et n'importe quoi, en niant le concept (utopique ?) de présomption d'innocence, depuis la fraude aux allocs jusqu'à l'exploitation de travailleurs irréguliers, en passant par la polygamie... Il fallait une punition exemplaire, je ne sais pas moi, le déchoir de sa nationalité française par exemple ! Et si on laissait faire la justice ? Il y a des enquêteurs, il y a des punitions prévues pour toutes les infractions qui lui sont reprochées...

Véronique Courjault a également eu droit au haro sur sa personne, en particulier lors de sa sortie de prison. Quoi ? Cette femme qui a tué froidement trois de ses bébés, un vrai danger public, "déjà" sortie de prison !! Eh oui. Elle a fait de la préventive, elle a purgé sa peine. Laissez-la donc se reconstruire ! Vous voulez des scoops en sortie de prison ? Suivez donc des prisonniers anonymes, ceux qui ne sont pas passés à la télé, voyez comme ils peinent à se réinsérer...

Aujourd'hui, c'est Liliane Bettencourt qui est à l'affiche. Cette femme, fortunée, riche héritière et en bisbille avec sa fille, est le prétexte pour toutes les critiques. Rendez-vous compte : elle a honteusement profité du bouclier fiscal, qui était justement mis en place pour des gens comme elle ! Cherchez l'erreur... Vous auriez fait quoi à sa place ?

Je pourrais aussi citer Jérôme Kerviel, ou d'autres noms devenus célèbres à force de médiatisation. Bref. Et l'amour dans tout ça ? L'amour du prochain, où est-il ? Ou bien, sans même parler de valeurs chrétiennes, la présomption d'innocence, le respect de la personne, où sont-ils passés ? Un certain Jésus, un temps, a parlé de paille et de poutre (Matthieu 7, 3-5 ; Luc 6, 41-42... On devrait peut-être en prendre de la graine.

samedi 21 novembre 2009

Temps de repos

D'abord l'eucharistie. Messe de la semaine, messe dite "basse", sans chants mais avec toujours autant de ferveur, autant d'actions de grâce (la signification du mot eucharistie en grec). Moins de monde, cérémonie plus "intime", on distingue la voix de chacun dans les réponds, celle chevrotante de la fidèle ancienne, celle de basse tonitruante du jeune père de famille, celle toute timide de la nouvelle paroissienne qui vient pour la première fois...

Puis le silence... habité. Sa présence à l'autel, les chuchotements du prêtre qui donne le sacrement de réconciliation, les bruits qui arrivent filtrés de l'extérieur... Il n'y a plus personne, seulement une présence, quelque chose d'indéfinissable... Temps donné, temps d'apaisement, d'ouverture, temps d'abandon, de confiance. Laisser de côté ses protections, ses peurs, se laisser imprégner de l'amour dispensé largement.

Et puis repartir. Pour un week-end, une semaine... Retrouver sa famille, ses proches, ses collègues, profiter de ce temps pour soi pour mieux se donner aux autres... Essayer de faire mieux à chaque fois ! Même si ce n'est pas facile, même si Dieu est exigeant. N'est-ce pas l'exigence qui fait la beauté de cet Amour là ?

dimanche 04 octobre 2009

L'art oratoire et celui d'élision

Ils sont forts, ces prédicateurs ! Donnez-leur les textes du jour, mettez-les devant un ambon ou sur une chaire, tentez-les un peu sur un point de dogmatique et de sociologie, et ils vous font un discours passionné à faire frémir la personne la plus endormie de l'assistance... Le tout en éludant allègrement un passage des textes pour mieux insister sur ce qui les intéresse.

Les textes du jour, aussi bien dans l'Eglise catholique que dans l'Eglise réformée, comprenaient l'évangile de Marc 10, 2-16 :

Un jour, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d'établir un acte de répudiation. »

Jésus répliqua : « C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé cette loi. Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme. A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »

De retour à la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d'adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d'adultère. »

On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. » Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

Aussi bien le prêtre que le pasteur ont passé sous silence le dernier passage, les versets 13 à 16, parlant des enfants. Tous les deux se sont focalisés sur l'histoire de couple, le piège tendu à Jésus par les Pharisiens, et dans lequel il est si facile de tomber à notre tour en cherchant à interpréter et actualiser la scène. Pourtant, à l'époque, quoi de plus insignifiant qu'un enfant ? Ce sont des éléments négligeables et négligés, ils ne sont pas écoutés, doivent se taire, laisser discuter les adultes...

Dans ce texte, davantage qu'une morale sur la vie de couple, Jésus s'intéresse aux plus petits, aux personnages méprisés de son époque : les femmes et les enfants. Les hommes vont à la synagogue, discutent des enseignements religieux, peuvent entrer dans le Temple à Jérusalem... Les disciples de Jésus ? Encore des hommes, qui repoussent les femmes lorsqu'elles veulent approcher, qui vont vérifier leurs dires lorsqu'elles rapportent la nouvelle du tombeau vide... De même, dans ce passage, est dit "on présentait" (verset 13). Qui est ce "on" qui veut approcher de Jésus ? Probablement des mères accompagnant leurs enfants... Elles ne valent pas la peine d'être reçues, les disciples veulent les écarter pour profiter de l'enseignement du Maître, ils sont sérieux, eux ! Ils me font penser au businessman du Petit Prince, qui n'arrête pas de répéter "Je suis sérieux, moi !"...

Alors, oui, mon Père, on peut justifier les positions de son Eglise sur le sacrement du mariage, sans jamais le citer. Faire une homélie en trois points sur le sommet particulièrement haut proposé par Dieu, le long et difficile chemin pour y parvenir, et la nécessité d'avancer en tenant compte de ceux deux paramètres, sans les fausser. Oui, on peut parler de la dernière encyclique du Pape, Caritas in veritate, en suggérant rien moins que la démarche de Dieu lui-même, de la miséricorde apportée pour supporter les exigences qu'Il nous donne. Mais que faites-vous des souffrances qu'endurent chaque jour ceux qui ont fait des erreurs, qui succombent à une situation intenable, et se trouvent de fait mis au ban d'une Eglise qui par ailleurs prône la protection des plus faibles ? Peuvent-ils encore espérer le pardon ?

Oui, cher pasteur, on peut à l'inverse justifier le divorce, en disant que la répudiation du temps de Jésus n'avait rien à voir avec le divorce d'aujourd'hui ; que c'était une histoire d'hommes et que les femmes n'avaient pas leur mot à dire, alors qu'aujourd'hui, trois divorces sur quatre sont demandés par des femmes ; qu'au lieu de tomber dans le piège des Pharisiens, Jésus leur répond en remettant un peu d'égalité entre homme et femme. On peut reprocher à l'Eglise catholique d'avoir fondé sa théologie du sacrement de mariage essentiellement sur ces quelques versets, alors qu'a priori, le mariage au temps de Jésus n'avait rien à voir avec ce qui s'est fait par la suite chez les chrétiens (encore que, en termes de mariages arrangés, de répudiation plus ou moins sévère, les histoires des nobles du Moyen Age et de la Renaissance ne devaient pas avoir beaucoup à envier au monde juif du temps de Jésus). On peut saluer le divorce comme une avancée, un droit à la vie pour les femmes victimes de violences conjugales. Mais alors, quelle valeur donner au mariage ? Quelle crédibilité donner à l'engagement promis, lorsqu'un couple s'unit devant Dieu ?

Et enfin, pour revenir aux quelques versets passés sous silence, quid des enfants ? Doivent-ils être les victimes d'un couple se disputant sans cesse, voire les prenant à partie ? Ou bien déchirés entre deux milieux, deux maisons, deux familles recomposées ? Ne doivent-ils pas être notre priorité ? En tant que plus petits, nous nous devons de les protéger, les aimer, prier pour pouvoir leur partager un peu de cet Amour immense auquel nous croyons... Ecouter aussi leur simplicité, leur naïveté, leur efficacité brutale parfois... Et si c'était eux qui nous donnaient les bonnes réponses ?

lundi 21 septembre 2009

Le Grand Kiff à la télé !

Ce dimanche 20 septembre, l'émission Présence protestante, sur France 2, a présenté un reportage sur le Grand Kiff.

Le Grand Kiff ? 1200 jeunes protestants, de tous horizons, réunis pendant cinq jours à Lyon, au mois de juillet, pour fêter l'Amour de Dieu pour le monde ! Ce fut cinq jours de fête, de chant, de louange, de réflexion, de jeu... autour de trois thèmes : Il te cherche, vis ta vie, le monde est à nous.

Le reportage est visible en ligne sur le site de France 2 (27 minutes), et il sera également possible de commander le DVD de l'émission.

samedi 12 septembre 2009

Voilà qui est rassurant...

Il y a deux jours, je lisais :

Dieu ne te demandera pas combien de livres tu as lus, combien de miracles tu as accomplis. Il te demandera si tu as fait de ton mieux, par l'amour de lui. Peux-tu dire en toute sincérité : « J'ai fait de mon mieux » ? Même si le mieux doit se révéler un échec, il doit être notre mieux. Si tu es réellement amoureux du Christ, aussi modeste que soit ton travail, il en sera mieux accompli, de tout coeur. Ton travail attestera ton amour. Tu peux t'épuiser au travail, tu peux même t'y tuer, mais tant qu'il n'est pas mêlé d'amour, il est inutile.
Soeur Teresa de Calcutta, No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997)

Et aujourd'hui :

Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l'inondation, le torrent s'est précipité sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique ressemble à l'homme qui a bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est précipité sur elle, et aussitôt elle s'est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète.
Luc 6, 47-49

Alors, en ces temps où les médias nous parlent sans arrêt de crise financière, sociale, de pandémie, de réchauffement climatique, je trouve ces deux textes plutôt rassurants... L'évangile peut paraitre aussi dur que le roc dont il parle : ne pas mettre en pratique les enseignements de Jésus, c'est se condamner, se promettre soi-même à une destruction certaine. Et qui peut affirmer avec certitude avoir toujours suivi les paroles de Jésus ? Nous sommes tous pécheurs, indignes de défaire la courroie de ses sandales...

Oui, mais croire au Christ ressuscité nous donne une espérance formidable : tout pécheurs que nous soyons, Dieu nous a tellement aimé qu'il nous a envoyé son Fils, pour que nous soyons sauvés (voir Jean 3, 16) ! Alors, effectivement, la vie devient tout de suite plus simple : il suffit d'aimer Dieu, de lui faire confiance, et tout ce que nous ferons ne pourra que donner le meilleur de nous-mêmes...

Ne pas écouter nos craintes, faire de notre mieux en se confiant de tout notre coeur à l'Amour tout-puissant... C'est pas un beau programme, ça ?

dimanche 06 septembre 2009

Ouvre-toi !

Effata, "ouvre-toi", c'était les seules paroles de Jésus dans l'évangile d'aujourd'hui, tant à l'église qu'au temple (Marc 7, 31-37). En écho au texte d'Esaïe, "les yeux des aveugles verront clair, les oreilles des sourds entendront" (Esaïe 35, 5-7), Jésus soigne dans ce passage un homme sourd et presque muet. Comme pour se conformer au handicap de cet homme, Jésus pour le soigner prononce très peu de mots, il fait essentiellement des gestes.

Ouvre-toi ! C'est une invitation à ne pas rester sourd au quotidien. Jésus nous invite à ne pas devenir sourd, ne pas céder aux habitudes, ne pas s'endormir dans la routine ; au contraire, retrouvons notre faculté d'écoute, prenons garde à nos gestes empreints d'habitude... Réfléchissons un peu mieux aux raisons que nous avons de faire nos gestes journaliers. Le prêtre disait ce matin "comment s'habituer à entendre 'Ceci est mon corps, livré pour vous' ?"... J'ajouterai que si nous sommes attentifs, nous ne pouvons qu'adorer Dieu et louer son Amour, car notre condition humaine ne nous laisse pas imaginer l'acharnement avec lequel Dieu nous aime, malgré tous nos manquements, nos refus conscients ou non...

Ouvre-toi ! C'est une incitation à ne pas être chrétien tout seul. Chacun a sa façon de vivre sa foi. C'est un sentiment, des croyances, des convictions tellement profondes que pour beaucoup cela reste un tabou de parler de Dieu. Mais un chrétien ne peut pas rester isolé : s'ouvrir à la communauté, c'est aussi s'enrichir, prier pour les autres, avec les autres...

Ouvre-toi ! C'est une exhortation à montrer l'Amour de Dieu qui nous fait vivre, à nos parents, familles, amis, entourages personnel ou professionnel... Faire parler l'Esprit Saint, briser les frontières, les tabous, les barrières. Accueillir l'autre comme mon frère, passer par dessus les considérations sociales, les apparences ! Faire des efforts pour contrer les handicaps, tout ce qui met à l'écart...

En bref, une fois encore, les deux prédications étaient complémentaires... "Ouvre-toi", c'est autant vers l'extérieur que vers l'intérieur, autant pour ouvrir grand la porte de son coeur à l'Esprit de Dieu qui est en nous, que pour faire tomber les masques, ne pas craindre la contagion mais partager l'Amour de Dieu largement autour de nous. Vaste programme ! Voilà qui promet de larges horizons, de belles idées en perspective pour cette rentrée, de quoi se renouveler (merci Edmond !)...

dimanche 02 août 2009

Journal Kiff (8) - l'après kiff' - dimanche 26 juillet

J'ai profité de mon jour complémentaire de congé, vendredi, pour faire mon "rapport" à Françoise, ma pasteur. J'ai aussi abordé la question d'une possible vocation de pasteur, avec le principal frein qui se présente à moi : l'aspect financier, perdre ma situation d'ingénieur et le salaire qui va avec, pour reprendre des cours puis, si je suis pasteur, gagner une indemnité qui ne compensera pas mon train de vie actuel... Le chemin reste à explorer. J'ai peur, très peur. Mais plus j'avance et plus je me dis que c'est ce que je souhaite.

Ma tête et mon coeur sont encore au Grand Kiff... Ma tête s'obstine à répéter "donne-moi l'amour et la folie", "il attend que je réponde 'en toi je choisis la vie !'"... Mon coeur cherche l'apaisement de la prière, et comment trouver les paroles pour présenter cette certitude qui naît en moi : c'est servir que je veux, et pas comme bénévole pendant quelques jours, mais servir Dieu et les autres, à plein temps !

Ces quelques jours de week-end m'ont permis de reprendre, peu à peu, pied dans la réalité. Cependant je sais que la reprise du boulot, même pour une semaine, va être difficile. Comme lors de mon voyage au Cameroun il y a quelques années, j'ai l'impression d'avoir touché du doigt des valeurs essentielles. La sensation d'avoir ouvert une porte sur des mystères devenus indispensables à ma vie spirituelle, et un sentiment d'urgence à réorganiser les priorités de ma vie...

La priorité immédiate, c'est le baptême de ma fille, le 2 août. J'espère pouvoir lui transmettre l'importance de Dieu dans ma vie, et lui dire l'Amour incomparable qu'il nous porte... Même si elle ne le comprend pas tout de suite, elle sera accueillie parmi les Enfants de Dieu, et ça, ça compte beaucoup pour moi.

samedi 01 août 2009

Journal Kiff (7) - jeudi 23 juillet

"Toutes les bonnes choses ont une fin" : ce sera mon impression pour aujourd'hui. Dernier petit déjeuner en équipe ce matin, derniers retours de clés, derniers essais de retrouvailles des clés perdues, derniers paquetages incluant les restes de nourriture répartis entre les derniers membres de l'équipe... Derniers échanges de coordonnées, derniers bilans, dernier repas en décompressant au parc de la Tête d'Or de toute la course accumulée ces jours-ci...

C'est l'heure du retour. La salle est vide, toutes les tables sont sagement rangées dans un coin, la salle du staff a elle aussi été vidée de son contenu "kiffesque", la cuisine a repris son air sage. C'est acté : le Grand Kiff a disparu, il reste en nous, juste en nous. Des images plein la tête, des émotions plein les tripes, de Dieu en plein coeur... Anne-Laure nous a dit hier soir que ce rassemblement n'était pas un objectif en soi, mais bien une étape dans un cheminement plus long. A nous de faire vivre les fruits de ces quelques jours ! A nous de perpétuer, réinventer, encourager le "voyage au pays de la foi" initié au Kiff Spirit... A nous de susciter et entretenir les talents musicaux, théâtraux, scéniques, de nos jeunes !

Bien sûr, nous sommes envoyés chacun en mission. C'est juste un peu dur de faire atterrir la fusée du Grand Kiff... Les moteurs sont coupés, l'envolée kiffesque est terminée, il est temps de revenir dans la vraie vie... Si on m'avait dit que je serais aussi triste de rentrer, alors que j'ai passé le plus clair de mon temps au service, je ne l'aurais pas cru...

Le TGV entre en gare à Paris, cette fois c'est vraiment le retour à la vraie vie. On quitte les compagnons de voyage, avec qui on a partagé nos impressions de kiff, nos joies, nos attentes déçues, nos bonnes surprises... On retrouve les visages fermés des Parisiens qui rentrent du boulot, fatigués. Chacun prend le RER, le métro, le train, rentre chez lui.

Ce qui atténue la peine de perdre de vue tous ces nouveaux visages amis, c'est de se dire "à bientôt, à Strabourg !". Protestants en fête, à la Toussaint, promet d'être aussi une très belle rencontre... Oui, retrouvons-nous plus nombreux que jamais à Strasbourg ! A bientôt... dans les paroisses !

vendredi 31 juillet 2009

Journal Kiff (6) - mercredi 22 juillet

Le thème de la demi-journée qui restait, a résumé l'ensemble du Grand Kiff : "Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle." (Jean 3, 16)

Ce verset a été repris par Samuel, le pasteur, pour sa prédication au culte magistral de ce matin. Certains diront que c'était plus un spectacle qu'un culte, d'autres que c'est une forme de célébration qui convient mieux à des jeunes, bref. Après nous avoir signifié que le monde souffrait de plusieurs grands maux, il nous a dit que pour autant, ce monde que Dieu nous laissait n'était pas pourri. Ne pas céder à la peur, ne pas se replier dans son Eglise mais s'ouvrir vers le monde. "Il te cherche" : Dieu n'est pas qu'au temple ou à l'église, mais présent à nos côtés, il veut notre coopération. "Vis ta vie" : sois toi-même, avec tes défauts, tes qualités, tes talents, tes compétences, et vis pleinement ta vie, n'essaie pas de rêver celle du voisin... "Le monde est à nous" : ce monde, Dieu l'a créé pour nous, pour que nous puissions y évoluer, nous y épanouir, à nous de savoir le gérer.

J'ai beaucoup apprécié ce culte, même si l'aspect spectacle était un peu trop présent à mon goût (mais je ne fais plus tout à fait partie de la cible...). J'ai particulièrement aimé que l'équipe d'organisation nous demande, à nous bénévoles, de distribuer la Sainte Cène. Pour moi, c'était un moment très fort, où chacun pouvait participer concrètement à l'Amour du Christ donné pour nous. Cela représentait vraiment la digne conclusion de ce rassemblement.

Après avoir fait partir tous les jeunes ou presque, et avoir appris que des clés de chambre se trouvaient maintenant à Montpellier, en Normandie ou ailleurs encore, nous avons vidé la salle de l'ensemble des installations du Grand Kiff... Rideaux, bureaux, tables, étagères, projecteurs, scènes ; tout avait disparu ce soir. Les fournitures de papeterie supplémentaires ont été réparties entre les paroisses des bénévoles (j'ai fait un paquet qui devrait être apprécié par les louveteaux et/ou les enfants de l'école biblique).

L'équipe de bénévoles a fini sa journée autour d'un bon repas préparé par nos soins, rassemblant toutes les provisions restantes dans les locaux du staff. Ce repas a fait office de bilan, où chacun a dit d'où il/elle venait, et a partagé sa vision du rassemblement, ses attentes pour le futur... Cela m'a permis de mieux comprendre les tenants et aboutissants de ces quelques jours, le rôle de chacun, les enjeux...

A la joie d'avoir vu l'heureuse conclusion d'un bel événement, se mêle la tristesse de quitter déjà les personnes que je commençais à connaître et apprécier. Cinq jours au service de plus d'un milliers de jeunes, ça laisse des traces...

jeudi 30 juillet 2009

Journal Kiff (5) - mardi 21 juillet

Aujourd'hui encore, de belles rencontres, même si je n'ai pas vraiment eu le temps de profiter des activités du rassemblement. En venant ici, je ne m'attendais pas à vivre la fête à plein temps, mais je ne pensais pas non plus que je n'aurais même pas le loisir de participer au culte de la journée... Heureusement que d'autres ont pu y assister, et me raconter la prédication sur le texte du jour : avoir les armes pour proclamer la Bonne Nouvelle (Ephésiens 6, 10-18). J'ai hérité, sur les petites cartes illustrées qui nous étaient distribuées, du casque du salut...

Le thème du jour était "le monde est à nous", avec le point d'orgue sur les deux thèmes de la solidarité et de l'écologie. Deux villages étaient organisés : le village des solidarités, qui regroupait beaucoup d'associations confessionnelles ; et le village de la Terre, où étaient invités un certain nombre de professionnels de l'écologie et du développement durable.

Le village des solidarités permettait de se sensibiliser à différents types de vulnérabilités, de publics en souffrance : handicapés, prisonniers d'opinion (religieuse), personnes âgées, malades du SIDA ou séropositifs, milieux pauvres, personnes exilées et/ou demandant asile... Toutes les associations présentes ont mis l'accent sur la valeur des relations humaines, l'importance de considérer l'autre comme son égal. "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".

Le village de la Terre, organisé par les scouts unionistes, mettait l'accent sur l'écologie et la nécessité d'adapter nos activités pour éviter de mettre en péril la création que Dieu nous a donnée... Camps écolos, maison durable, promotion du tramway suspendu, recyclage des déchets, autant de preuves d'imagination de ce qu'il est possible de développer pour maintenir notre habitat, notre maison, le don qui nous a été fait.

La vie d'organisateur n'est pas chose facile... En début d'après-midi, après avoir passé la matinée à gérer des soucis d'hébergement et de clés (retrouver les portes de trois clés orphelines, par exemple), la toubib m'a trouvé un air fatigué, et m'a ordonné de faire une sieste... Puis c'était reparti sur les chapeaux de roues : organiser le retour des clés pour le départ de demain, trouver des renforts, afficher les consignes, s'assurer que tout le monde sera à l'heure à son poste...

Lorsqu'enfin j'ai pu souffler, c'est pour sentir les questions revenir en force dans ma tête... Je fais des lapsus révélateurs : "Pasteur, pourquoi pas ?" devient "Pourquoi pas moi ?" et le sous-titre des clips diffusés dans le rassemblement, "Pasteur, un métier qui a du sens" est devenu dans mes pensées "donner du sens à ma vie"...

Cet après-midi, avant de m'endormir, j'ai voulu entrer en prière. J'ai demandé à Dieu "Montre-moi le chemin... C'est vraiment ce que tu attends de moi ?" puis j'ai pensé "A quoi ça sert que tu me montres le chemin, si je persiste à ne pas ouvrir les yeux ?". Comment savoir si je suis dans une impasse ou si j'ai juste mis mes mains devant mes yeux pour éviter de voir quelque chose qui m'effraie ?

Demain, c'est déjà la fin du rassemblement. C'est passé très vite, c'était très fort, très vivant... Je crois que j'aurai quelques regrets. Mais ils passeront sûrement vite : il faudra tout ranger avant de partir nous-mêmes !

mercredi 29 juillet 2009

Journal Kiff (4) - lundi 20 juillet

Comme recommandé par le toubib, qui a vu que je veillais au service jusqu'à plus d'une heure du matin, j'ai dormi plus tard ce matin, et je n'ai déjeuné que vers 9h. Cela m'a permis de voir une autre phase du petit déjeuner, et de constater l'état comateux d'une certain nombre de jeunes... La boîte de nuit ne sera pas reconduite ce soir, pour éviter d'aggraver l'état de fatigue des participants.

Après avoir passé une bonne heure à l'accueil, à résoudre les différents problèmes survenus pendant la nuit ou au petit matin, j'ai (enfin !) eu l'occasion d'embarquer pour le "voyage au pays de la foi". C'est une très belle possibilité de cheminer aux côtés de Dieu, d'explorer différentes facettes de sa foi. Le parcours propose douze étapes, et autant d'occasions de prier, réfléchir, ouvrir son esprit. Un ou plusieurs gestes symboliques sont associés à chaque étape, et cela m'a vraiment permis d'entrer dans la démarche décrite à chaque pas... Cette plongée dans la prière est vraiment très réussie. D'ailleurs, j'ai entendu plusieurs pasteurs ou "apprentis" parler de copier ou faire venir cet atelier dans leur paroisse...

Et puis, il y a cette question qui revient, toujours. Elle est inscrite en gros sur le panneau, sous la télé qui passe en boucle des témoignages de pasteurs et étudiants en théologie : "Pasteur, pourquoi pas ?". Ce n'est sûrement pas un hasard si je veux écouter ces témoignages chaque fois que je passe devant. Ce n'est sûrement pas une coïncidence si j'ai accueilli à l'hébergement une des représentantes de l'Institut Protestant de Théologie (IPT)... Et ce ne doit pas être par hasard si j'ai pu suivre l'intégralité du culte ce matin, avec les interventions d'une chanteuse et d'un pasteur qui témoignaient de leur parcours, dans le thème "Vis ta vie !". Alors ? Je n'ai pas encore de réponse à donner. Sans doute faudrait-il que je prenne un temps, une pause, pour discerner, prier, réfléchir. J'aimerais rencontrer d'autres pasteurs, qui auraient eu une vocation "sur le tard".

Cet après-midi, les jeunes ont travaillé à la création d'oeuvres, autour du thème du Grand Kiff ("Dieu aime le monde") et de "Vis ta vie". Ces oeuvres pouvaient être plastiques : fresques, sculptures, modelages, affiches ; ou bien audiovisuelles : chants, danses, comédies musicales, mimes... Et ce soir, ils ont exposé, de façon "musée" ou sur scène, l'ensemble de leurs talents.

Pendant ce temps, je réglais des problèmes de... papier toilette, de chambres pour les nouveaux arrivants... Et en fin de soirée, nous avons dû intervenir en urgence sur un groupe de jeunes qui avaient décidé de faire la fête dans leurs chambres plutôt que dans la salle, avec des boissons alcoolisées plutôt qu'avec de la musique et des chants... J'en profite pour remercier mes compagnons des équipes de service, qui font vraiment tout pour que ce rassemblement se passe bien, que les soucis qui se posent soient réglés au plus vite, et que les débordements pénalisent le rassemblement le moins possible.

Sur ce, demain, "le monde est à nous" ! Oui, mais d'ici là, il faut dormir pour être en forme. Je termine ma journée comme je l'ai commencée, en me mettant en communion avec le Seigneur par le biais du chapelet. Oui, je sais, ça paraît peut-être contradictoire, mais pour moi c'est juste une complémentarité... Bonne nuit !

mardi 28 juillet 2009

Journal Kiff (3) - dimanche 19 juillet

"Il te cherche", premier thème d'approfondissement du rassemblement... Cette thématique sera exploitée toute la journée, depuis les ateliers bibliques du matin au rallye dans Lyon de l'après midi, en passant par le culte en séance plénière. C'est un thème qui me rend perplexe : pour moi, la phrase est "inversée"... Je suppose que c'est volontairement dérangeant : pourquoi Dieu nous chercherait-il, alors qu'il est infiniment plus puissant, plus grand, fort, miséricordieux que nous ? Aurait-il besoin de nous ? Quel intérêt pourrait-il avoir à nous chercher ?

En fait, le but est atteint, lorsqu'on se rend compte (et j'espère que cela aura été le cas de nombreux jeunes) que c'est là un des mystères de l'immense Amour de Dieu : Dieu n'a pas besoin de nous. S'il nous cherche, c'est pour notre bien à nous ! C'est parce qu'il nous aime tellement qu'il ne veut que notre bien... Alors, oui. Dieu me cherche, chaque fois que je m'éloigne de lui. Et c'est ça qui peut me donner une force incroyable ; c'est cet amour inconditionnel qui fait la force des chrétiens !!

Ce matin, je n'ai pas pu profiter des ateliers ZeBible, reliant textes bibliques et oeuvres d'art... J'ai complété l'équipe de l'accueil, pour continuer à donner des hébergements pour des arrivants retardataires... Frustration passagère ; mais après tout, je suis là pour servir ! J'ai quand même pris un moment pour moi, pour assister au culte. J'ai besoin de moments de calme, de méditation, de prière...

Cet après-midi, j'ai rejoint une équipe pour le grand jeu à la découverte de Lyon. J'ai bien aimé visiter un peu la ville, même de manière un peu atypique, ça donne envie de revenir y passer quelques jours...

Et ce soir, pendant que deux films sont diffusés (c'est la soirée "Nuit du cinéma"), je suis de service au centre d'accueil (le "central kiff"), de nouveau. Le nombre d'interventions du médecin me surprend : après une crise de spasmophilie pendant le dîner, c'est deux jeunes qui sont ramenés à l'infirmerie, inconscients... Ils repartent bien vite se coucher, après ce qui n'était qu'un malaise vagal... Mais l'état de fatigue physique est là : soleil, émotions, hypoglycémie, fatigue accumulée se conjuguent, et les corps craquent. Le programme organisé n'aide pas à se reposer : après les films, deux scènes restent ouvertes pour chanter, jouer de la musique, danser, jusqu'à plus d'une heure du matin. Même à bout, la plupart des jeunes souhaitent rester... On est un peu éloignés de la paix du Seigneur à ce moment-là...

lundi 27 juillet 2009

Journal Kiff (2) - samedi 18 juillet

Beaucoup de course, de soucis logistiques, et un peu de prière et de chant aujourd'hui. La matinée a été dédiée au "briefing" dans les équipes de service, ainsi qu'à la dernière préparation des détails de la salle et de l'accueil qui aura lieu dès l'après-midi.

Première déception vers midi : tous les bénévoles devaient se retrouver pour un temps de pause, un temps de réflexion, de prière en commun... En 24h, c'était le premier temps de prière prévu ! Comment accompagner et faire entrer des jeunes dans la réflexion, la foi, la prière, si on n'est pas capable de prendre soi-même un temps pour se mettre dans les mains de Dieu ? Le moment de silence en commun a été annulé, trop de travail en retard : nous avons été invités à nous restaurer, et nous retrouver ensuite, juste avant d'accueillir les premiers groupes, pour un petit temps d'apaisement et de prière (enfin !).

Puis nous avons enchaîné sur les chapeaux de roues... Enfin, nous aurions dû. Etant dans l'équipe gérant l'hébergement, je devais distribuer les clés des chambres arrivant dans le bâtiment dont j'étais responsable. Les premiers groupes devaient être à nos côtés vers 14h ; avec ma collègue du bâtiment d'en face, nous avons attendu plus de trois heures pour voir les premiers arrivants...

La cérémonie d'ouverture du rassemblement commençait à 21h. Après avoir dîné rapidement, nous avons rejoint les équipes d'accueil, récupéré les clés destinées aux retardataires (certains rejoindront le lieu à plus de minuit !), et avons pu rejoindre l'ensemble des participants pour les derniers instants de la célébration. Avec soulagement : personne ne devra dormir dehors ce soir...

Les pieds en feu d'avoir marché, piétiné, tenu debout pendant des heures, la gorge sèche d'avoir répété les consignes, le coeur un peu déçu de ne pas avoir trouvé l'apaisement dans la prière, je retrouve ma chambre. Avec une note de joie : c'est quand même chouette et je découvre des gens bien ! Sans oublier le bonheur de chaque appel, de chaque message reçu sur mon téléphone, de la part de toute ma famille et mes amis qui m'ont souhaité un joyeux anniversaire !

dimanche 26 juillet 2009

Journal Kiff (1) - vendredi 17 juillet 2009

8h - Je retrouve une de mes compagnes de voyage. RER, direction gare de Lyon la bien nommée, pour rejoindre la seconde personne et embarquer dans le TGV pour Lyon, et ce fameux rassemblement dont nous savons finalement si peu. Nous sommes bénévoles, volontaires, mais comme nous ne faisons pas partie de l'équipe "resserrée" de l'organisation, nous ne sommes pas vraiment au courant de ce qui se trame. Cela nous préoccupe un peu, voire inquiète mes voisines qui sont plutôt de nature angoissée.

11h - Arrivée à Lyon sous la pluie alors que nous avons pris le départ de Paris avec un grand soleil... Léger coup de blues, avant de nous prendre en main et de rejoindre le lieu du rassemblement : le Double Mixte, sorte de point central de vie du campus, regroupant diverses salles, une cafétéria, une auto-école, un distributeur...

12h30 - Après un quiproquo nous rendant perplexes quelques instants, nous avons mis nos talents au service de la préparation des lieux. Chaque "petite main" compte, qui pour arranger des meubles, préparer des tracts ou des objets d'animation, préparer le décor... Chacun est important, découvre et s'approprie le lieu, le thème, le contenu du rassemblement.

Les heures passent sans que je m'en aperçoive. Je mets la main à la préparation du "parcours spi", qui me plaît beaucoup. L'idée ? Faire un voyage à la rencontre de Dieu, avec différentes escales proposant autant de points de réflexion. Cette réflexion, cette plongée dans la foi, au plus profond de ses convictions, me parle. Ici, pas de dogmes, un peu de théologie, d'explications bibliques, mais surtout un travail sur soi : qu'est ce que je suis ? Qu'est ce que je crois ? Où j'en suis ? Où je vais ? Cela rejoint particulièrement les questions que j'ai en tête... J'ai beaucoup apprécié participer à l'élaboration de ce parcours, et je pense que j'entreprendrai le "voyage", si j'en trouve le temps entre deux services.

Un collègue bénévole me sort de ma tâche en me signalant une réunion qui se tient à l'autre bout de la salle. Il est 18h, les bénévoles qui sont là sont réunis, et les organisateurs nous donnent le fonctionnement du rassemblement. Une forte impression de flou subsiste : tout n'est pas encore prêt pour nous, même si c'est presque le cas pour les jeunes. Bref. On est répartis en équipes de service (matériel, sécurité, restauration, accueil, hébergement) et on reçoit les clés de nos chambres, que l'on va visiter rapidement avant de dîner. Les chambres du CROUS se sont modernisées, mais pas agrandies depuis l'époque de mes études... ;)

Après le repas, certains donnent un dernier coup de main ou de pinceau pour la mise en place de la salle, pendant que d'autres rejoignent leur lit. Mes compagnes et moi rebondissons sur les différents jeux de mots consistant à placer "kiff" le plus grand nombre de fois possible. On parle de "boules kiff" (boules Quiès), on se souhaite une "kiff nuit" et de se retrouver en forme pour le "kiff 'tit déj'"... Il faut dire qu'entre "l'apérikiff" et le "kiffenpasbon", les organisateurs ont fait preuve d'une belle imagination !!

jeudi 16 juillet 2009

Des vacances... pour servir !

Je vais laisser ce blog une petite semaine, non que je manque d'idées (j'ai quelques billets en préparation, que j'espère intéressants), mais parce que je risque de manquer de connexion Internet... Eh oui, aussi grande que soit ma dimension geek, je laisse volontiers de côté mon matériel de haute technologie, pour faire un peu don de moi : je pars servir dans les équipes d'encadrement du Grand Kiff, à Lyon.

"Dieu aime le monde" : vaste programme que le thème de ce rassemblement ! Départ demain matin, arrivée à Lyon pour le déjeuner, 24h pour préparer les lieux des festivités, 4 jours "d'amour et de folie", puis de nouveau 24h pour tout ranger avant de repartir... C'est la joie du service, savoir que ce ne sera pas de tout repos, mais que le travail des équipiers d'encadrement permettra à de nombreux jeunes de participer à un rassemblement d'envergure, de (re)trouver une joie, une foi, une espérance, un partage, des copains, faire le plein de souvenirs !

Je souhaite à tous une belle semaine, ensoleillée (mais avec la crème et la casquette qui vont bien pour éviter les coups de soleil), priante, joyeuse, reposante... A bientôt !

dimanche 07 juin 2009

Quinze mille personnes rassemblées pour la Trinité

C'était grand. C'était sympa. C'était beau. C'était émouvant aussi... Aujourd'hui, dans le diocèse de Versailles, plus de trois cents adultes recevaient la confirmation catholique, et pour certains, communiaient pour la première fois.

Un rassemblement autour de la Trinité : c'est important ! Dans les ateliers du matin, on a parlé du Père, du Fils, de l'Esprit sous différentes formes. Dans l'atelier de théologie (appelé "mystère de la Trinité" : le mot "théologie" fait peur ?), on a utilisé des noms savants, parlé de kérygme, de périchorèse... On a évoqué les points communs entre les différentes confessions chrétiennes : ça m'a fait chaud au coeur de voir que d'autres s'intéressent à la Trinité vue par les protestants ou les orthodoxes. Du coup, on a parlé baptême et credo, puisque ce sont deux manifestations de la foi chrétienne, communes à toutes les confessions.

A midi, repas rapide en retrouvant chacun sa paroisse. Echanges, enthousiasme des enfants qui revenaient de Triniland avec leurs bandeaux colorés et leurs ballons-visages... Rapidement, la logistique reprend le dessus : il faut plier les gaules, se rassembler pour le grand temps fort de la journée : la célébration !

Une partie de l'assemblée sous le chapiteau (le plus grand d'Europe, parait-il), l'autre dehors, une estrade dehors et un autel dedans... Pendant que les paroissiens trouvent leur place et commencent les chants de louange, les prêtres, diacres, séminaristes, servants d'autel, enfants de choeur s'habillent et s'organisent en procession. Ils défilent tous, dans le chapiteau d'abord, puis jusqu'à l'estrade dehors ; icône de la Trinité en tête, les diacres et prêtres embrassent l'autel puis s'assemblent à l'extérieur. Accueil, chants, lectures : pendant le psaume, de jeunes handicapés me donnent les larmes aux yeux en faisant de l'expression corporelle sur le refrain... Un très bel alléluia précédant la lecture de l'évangile, et c'est l'homélie. L'évêque insiste sur l'importance de vivre nos vies de baptisé(e)s, de laisser oeuvrer en nous l'Esprit : "la grâce nous précède".

Après l'homélie, les célébrants regagnent le chapiteau, suivis des confirmands. Moment fort de la chrismation, où chacun de ces adultes reçoit la marque du Christ, l'effusion de l'Esprit des mains de l'évêque ou d'un prêtre ! Les visages, retransmis sur écrans géants, traduisent l'émotion de cet instant. L'Eucharistie qui suit est également très belle, même si je souffre toujours de ne pouvoir y participer pleinement ; j'en souffre d'autant plus que cet évêque qui a consacré le pain et le vin est le même qui m'a exprimé son refus de me voir communier au Christ, y compris à l'occasion d'un baptême, sacrement pourtant commun et... trinitaire.

La bénédiction et le chant d'envoi se déroulent... sous la pluie, qui nous avait épargné jusque là. Les paroisses en extérieur sont évacuées le plus vite possible vers les bus, mais ont le temps d'être mouillées... Dans le chapiteau, à l'abri, nous attendons notre tour, en compagnie de chants et du commentaire de l'organisateur qui nous donne les nouvelles. Enfin, c'est à nous de rejoindre le portail d'entrée, puis le bus, qui nous ramènera à nos pénates.

Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit ! Amen.

jeudi 04 juin 2009

Donne-moi l'amour et la folie !

Dieu aime le monde : c'est le thème du Grand Kiff, rassemblement de jeunes protestants qui aura lieu du 18 au 22 juillet 2009 à Lyon.

Voici le chant créé pour la rencontre ; il est librement téléchargeable sur le site du rassemblement.

Refrain :
Dieu a tant aimé le monde
Moi je veux l’aimer aussi
Son pardon, chaque seconde
Nourrit ma foi, mes envies

Il est venu dans le monde
moi je veux l’aimer ici
Il attend que je réponde :
« En toi je choisis la vie ».

1. Donne-moi l’amour et la folie
de tous ceux qui sont pardonnés
de tous ceux qui font de la vie
Une fête, une source à partager

Donne-moi l’amour et la folie
de tous ceux qui vivent apaisés
par toi je chante et dis merci
heureux les fous de liberté

2. Donne-moi l’amour et la folie
D’aimer l’étranger comme un frère
Je veux de pays en pays
Devenir passeur de frontières

Donne-moi l’amour et la folie,
La soif de justice et de paix
De tous ceux qui cherchent aujourd’hui
A embrasser l’humanité

3. Donne-moi l’amour et la folie
De ceux qui osent encore kiffer
Kiffer ça sonne pour toi aussi
Viens avec nous, reste éveillé

Donne-moi l’amour et la folie
De kiffer grave, de kiffer vrai
A l’aube du jour, après la nuit
C’est « Le Grand Kiff » à partager.

- page 1 de 2