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dimanche 09 mars 2014

(re)Sourire

Quand elle est entrée dans la rame et s'est assise en face de moi, j'avais le sourire aux lèvres après avoir lu le texto d'un proche... Le sourire est resté même si son visage m'a choquée. Elle avait dû être gravement brûlée, et elle en a gardé des cicatrices importantes : joues, front, nez, menton... En quelques secondes j'ai réalisé qu'elle portait son drame sur elle, en permanence.

Alors elle a sorti son téléphone de sa poche. Elle a appelé. Au cours de la discussion, dans un sabir joyeusement accentué, au fil des stations, sa figure s'est éclairée, peu à peu... Jusqu'à terminer en éclat de rire ! Et j'ai compris... Compris que ce qu'elle portait sur elle, ces marques qu'elle ne pouvait pas enlever, ce n'était pas une fatalité !

Elle est sortie, vers une correspondance, un autre métro... Je ne la connais pas, on ne s'est rien dit, nos yeux se sont à peine croisés... Et en quelques instants, elle m'a rappelé qu'il suffit d'un sourire pour tout illuminer. Merci :-)

vendredi 22 avril 2011

Chemin de croix

Cela va peut-être vous paraître étrange, mais ce midi, c'est la première fois que j'ai participé à un chemin de croix. Un "vrai", une célébration en assemblée, pour le vendredi saint... Bon, en y réfléchissant, le deuxième en fait, mais le premier était particulier, en plein air, à Lourdes, un chemin de croix grandeur nature avec une vraie croix à porter ensemble, groupe d'ados que nous étions...

Étrange aussi, cette certitude d'avoir l'espoir bien planqué, bien là, niché au fond du cœur. Alors que devant sur l'autel, les bougies s'allument comme pour compter les dernières heures de Jésus ; alors qu'autour de moi les dos se voûtent, les épaules s'affaissent, quelques larmes roulent, je reste impassible. A l'extérieur en tout cas. Parce qu'à l'intérieur, ça bouillonne. Mais cette plénitude envahit tout. Ce n'est pas un manque, pas le désert, juste une certitude, une évidence qui balaie tous les doutes, toutes les souffrances : Il est là, déjà ressuscité pour nous. Oui, dans ces épreuves, même au fin fond de la mort, dans l'attente interminable, Il est là.

Le chemin de croix se termine : dernière station, espérance de la résurrection. Un chemin de croix inhabituel, dix stations, racontées selon le point de vue d'un contemporain de Jésus. Quand tout est fini, qu'il ne reste plus personne... Personne ? Si. Sa mère. Et de voir défiler dans mon esprit toutes ces mères, les dernières à baisser les bras, les premières à se battre pour leurs enfants... A remuer ciel et terre pour faire grandir celui qui, handicapé, restera toujours le "petit" frère ; à trouver les signes de présence de leur enfant disparu ; à visiter le fils qui est en prison ; à donner une seconde, troisième, ènième chance à celle dont tout le monde s'écarte car elle n'est "bonne à rien".

En revenant au bureau, je ne peux m'empêcher un sourire. Avant la pause déjeuner, des collègues me demandaient si je déjeunais avec eux. Devant mon refus, ils se sont perdus en conjectures sur ma destination, mes aventures sentimentales supposées... J'ai glissé, avec un grand sourire et un clin d’œil, "si tu savais !"... Et au retour, en y repensant, je me suis dit que oui, c'est une bien belle aventure amoureuse :)

lundi 17 mai 2010

Unité... et solidarité

In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas.
(Dans les choses nécessaires, unité ; dans le doute, liberté ; en tout, charité.)

C'est sur cette maxime, attribuée à divers auteurs (Saint Augustin, Vincent de Lérins, Peter Meiderlin, Richard Baxter...), que le prêtre a construit hier matin son homélie. Un discours sur l'unité que, je dois bien l'avouer, j'ai trouvé sujet à questions et interprétations. Si je suppose que je me trouvais en public catholique, le prêtre parlait probablement de l'unité de l'Eglise catholique... mais ses propos pouvaient laisser à penser qu'il parlait de l'ensemble des chrétiens ! Et dans toute son homélie, jamais il n'a clairement dit s'il parlait d'unité catholique ou d'unité chrétienne... Un peu comme si dans son esprit, c'était la même chose...

Ce qui m'amène à poser deux questions :

  • Malgré toute la bonne volonté que l'on peut mettre par ailleurs (pour prier ensemble, œuvrer ensemble dans la solidarité ou la lutte contre la torture par exemple), comment faire l'unité si chacun considère que les autres sont inférieurs à lui et doivent adhérer à son parti ? L'unité, pour les catholiques, signifie-t-elle ramener tous les chrétiens dans le giron de Rome ? Pour les orthodoxes, faire adhérer toute la chrétienté au rite oriental ? Dès lors, comment répondre au vœu de Jésus exprimé en Jean 17, 21, "qu'ils soient un comme nous sommes un" ?
  • Qu'est ce qui prévaut pour distinguer le nécessaire du reste ? Le prêtre parlait hier du nécessaire en citant le credo. Je l'ai apprécié, car c'est effectivement un élément commun à tous les chrétiens (si ce n'est que le terme "catholique" du symbole des Apôtres ou de Nicée-Constantinople est à prendre dans son sens grec !). Le credo est la base de notre foi que nous partageons tous. Mais ensuite, comment décider de ce qui est nécessaire ou non ? Les sacrements ? Le culte des saints ? Le(s) ministère(s) ? La façon de commémorer la Sainte Cène ? La liturgie ? Qui doit décider, sur quels critères ?

Puis, au temple, le culte avait pour thème l'entraide. Entre paroissiens, envers les autres, chrétiens ou non. Chercher l'aide de l'Esprit Saint pour mieux se mettre au service : des autres, de son prochain, du plus petit. S'il y a quelque chose qu'on sait faire en commun, nous les chrétiens, c'est bien cela : aider son prochain, se mettre au service des autres, parfois au détriment de son propre équilibre.

Alors, l'unité, si on la commençait par là ? Échanger un sourire, apprendre à se connaître, aller à la rencontre de l'autre, partager sa détresse et peut-être s'aider mutuellement à se relever...

lundi 29 mars 2010

L'importance du contexte !

En rentrant ce soir à la maison, ma fille me demande de l'eau. "Un g'aaaaaand ve'e, j'ai t'ès t'ès soif !" me précise-t-elle. Je dépose sa petite soeur, me dirige vers la cuisine et m'apprête à lui servir un grand verre d'eau, mais pendant ce temps, elle a ouvert le placard où sont rangés les verres... Et me dit, avec un sourire jusqu'aux oreilles "Dans la tasse avec Bou'iquet !", me tendant ladite tasse... Je n'ai pu m'empêcher de rire. C'est certainement bien meilleur de boire dans une jolie tasse que dans un bête verre, fut-il grand !

Suite de soirée, appel de ma grand-mère en détresse sur son ordinateur. Elle ne parvient pas à lire ses mails, malgré mes instructions qu'elle a soigneusement notées lors de mon dernier cours. La description qu'elle me fait de son écran me donne des indications suffisantes pour que j'imagine le point épineux. Je lui précise alors où cliquer pour afficher le message voulu.
"Je clique à gauche ?" me demande-t-elle.
- Oui, le bouton gauche.
Mais le résultat n'est pas vraiment celui attendu : c'est le résultat d'un clic droit de la souris. Je pense à une mauvaise manipulation d'une personne débutante (à 82 ans, elle est en droit d'avoir quelques hésitations !), et insiste sur le fait de cliquer avec le bouton gauche... Même punition. C'est alors que l'explication me vient en tête, c'est un peu gros mais...
- Dis-moi, le fil de la souris, il est dirigé vers le haut ou vers toi ?
- Vers moi, pourquoi ?
- OK, alors tu retournes la souris, tu mets le fil vers le "haut", et tu vas cliquer avec le vrai bouton gauche...
Bizarrement, sa souris fonctionnait mieux, elle m'avait dit un peu plus tôt avoir des difficultés à "amener la flèche en haut à droite"...

mardi 19 janvier 2010

Un sourire dans la détresse

Un après-midi de semaine, dans le wagon d'un RER. Le temps fait sa grise mine à l'extérieur, et les voyageurs ne sont pas mécontents de trouver un peu de chaleur lorsque le train arrive.

Alors que le RER quitte la station, une voix s'élève : "Je n'ai pas d'enfant, ma femme m'a quitté pour mon meilleur ami, voilà vous savez tout !". Tiens... Cela ne sonne pas comme la quémande habituelle, décrivant toutes les détresses possibles, réelles ou imaginaires ! Il continue : "vous vous doutez bien que lorsque quelqu'un vous adresse la parole dans les transports, ça n'est pas pour vous demander l'heure ou vous la donner, ça se saurait... Eh non, je viens pour vous so-lli-ci-ter !". Voilà qui est plein de franchise, et dit avec humour... Puis, toujours dans l'honnêteté et les clins d'oeil : "ceux qui peuvent jouent de la musique ; la guitare c'est pas vraiment dans mes cordes, les miennes sont vocales et je sais m'en servir"...

S'ensuit un court discours sur "l'ancienne République et la nouvelle" et leurs devises "dans le temps, c'était Travail, Famille, Patrie : avoir un travail, construire une famille, défendre la patrie ; (...) aujourd'hui, Liberté, Egalité, Fraternité : la liberté n'est égale qu'à la longueur de la corde qui vous unit à votre famille, l'égalité, vous savez bien que ça n'existe pas... Ne reste que la fraternité...". Lorsqu'il termine, avec une telle gouaille qu'il emmènerait du monde à une élection, j'ai un sourire d'une oreille à l'autre. Qui aurait dit que cet homme illuminerait mon trajet ?

Lorsqu'il passe à mes côtés, dans un sourire je lui glisse "Joli discours !". Ce n'est qu'alors que je remarque son bras plâtré, son chapeau enfoncé sur un visage sans âge... Bonne chance, l'ami !

vendredi 25 septembre 2009

Un matin sur la Terre...

Le wagon d'un train de banlieue parisienne, un peu avant 8h un matin de semaine, ce n'est pas le lieu le plus réjouissant qui soit. Étudiants aux livrées diverses, cadres en costume-cravate, jeunes mamans venant de laisser leur progéniture à la crèche, chacun est plongé dans ses pensées, sa musique, son livre... Quelques discussions ont débuté sur le quai et se poursuivent, voix isolées couvertes par le bruit de fond des roues sur les rails.

Le jour se lève, timidement. Le train est encore aérien dans cette partie du parcours, et mes yeux cherchent la distraction à l'extérieur, dans le paysage urbain et industriel, parfois abandonné à la nature, qui défile. Le ciel pâlit, passant du bleu profond de la nuit au blanc de l'aube... Déjà les nuages d'altitude rosissent, le soleil ne tardera pas à briller de sa lumière douce de fin d'été... Au sol, des bosquets en bord de Seine laissent la place à des maisons, puis à une usine...

Pendant quelques dizaines de secondes, le train change d'orientation, et c'est une vue presque irréelle qui se dégage. Au premier plan, quelques arbres, des espaces pas encore urbanisés ; au loin, teintées du bleu de l'horizon, se dégagent les tours de la Défense, chacune différente et si caractéristique, entourant l'arche. Et masquant le haut des tours, quelques nuages, comme accrochés par ce relief inhabituel dans la vaste plaine. Cette brume donne un aspect fantomatique à ce paysage particulier, et au voyageur qui se dirige vers ce centre, l'impression de voyager vers une illusion... Dans les dernières secondes, la boule rouge flamboyante du soleil levant ajoute une touche fantastique à cette vision...

Le train entre dans le tunnel, arrive bientôt en gare... Sourire, les yeux dans le vague, le cœur en louange. La journée sera belle !