lundi 11 décembre 2017

Enseigner

Malachie 2, 5-7

Par cette alliance, je leur ai donné la vie et la paix, pour qu'ils me respectent, et ils m'ont respecté, ils ont tremblé devant moi.
Ils ont enseigné la vérité et ils n'ont pas menti. Ils ont mené une vie droite en accord avec moi et ils ont détourné beaucoup de gens du mal.
Oui, c'est le rôle du prêtre d'enseigner la connaissance de Dieu, c'est le prêtre que les gens consultent pour connaître la loi. En effet, il est le porte-parole du SEIGNEUR de l'univers.

Que l'on pense "in persona christi" ou "sacerdoce universel", une des premières missions du ministre dans l'Eglise est de transmettre, sinon une foi[1], du moins une connaissance.

Quand j'étais ado, une de mes animatrices d'aumônerie a beaucoup marqué ma vie de foi, et ma vie tout court. Elle m'a raconté un grand nombre de ses expériences de foi. Je ne comprenais pas très souvent, mais j'écoutais toujours. Elle m'a expliqué ce qu'elle avait découvert, ce qui avait fait grandir la prière en elle.

J'ai appris. Avec mes gestes maladroits pour ma première icône. Avec mes pauvres mots pour mes premières prières. Avec mes poings qui exprimaient ma colère de grandir dans un monde pas toujours rose, et tellement difficile à changer ! Avec mes pieds qui suivaient des milliers d'autres, en pélerinage, à Lourdes, à Taizé... Avec ma voix qui aimait à chanter Dieu.

Quand j'ai atteint l'âge adulte, parfois je passais la voir. Elle m'a dit plusieurs fois : "tu sais, quand on est animatrice, quand on fait du caté, on ne voit pas le résultat"... J'ai envie de lui dire, aujourd'hui, je suis là... Ce n'est peut-être pas la vocation dont j'avais rêvé, mais c'est celle qui sera peut-être la mienne, un jour prochain. Merci !

Note

[1] car cela Dieu seul peut le faire

dimanche 10 décembre 2017

Prendre le Seigneur au sérieux

Malachie 2, 1-4

Moi, le SEIGNEUR de l'univers, je vous avertis, vous, les prêtres : Écoutez-moi et prenez les choses au sérieux pour m'honorer comme vous le devez. Sinon, je lancerai sur vous une malédiction, et je changerai la bénédiction en malédiction. Oui, je le ferai puisque personne parmi vous ne prend les choses au sérieux. Je lance déjà des menaces contre les gens de votre famille. Je vous jetterai du fumier à la figure, le fumier des animaux offerts pendant vos fêtes, et on vous balaiera avec lui.
Alors vous saurez ceci : C'est moi, le SEIGNEUR de l'univers, qui vous ai donné cet avertissement. Je veux garder l'alliance établie avec les lévites.

Le Seigneur peut avoir de l'humour[1]... Parfois, il serait même cynique, ou jouant avec les codes des époques où il agit. Il y a de nombreux exemples dans la Bible où il est en opposition avec le contexte sociétal où il se trouve. Mais il n'aime pas qu'on se moque de lui... Qui apprécierait cela ?

Peut-on imaginer qu'on essaie de "bluffer" Dieu, comme on se fait des illusions sur soi-même parfois ? Comment concevoir alors que le Seigneur se satisfasse de cette situation ? S'il veut réellement maintenir l'alliance avec nous, il ne peut accepter de se laisser mener par nos effets de manche. Il se doit de maintenir l'exigence... Pour notre bien.

Note

[1] Si, si ! La preuve : il a même créé les athées... ;-)

samedi 09 décembre 2017

Préparez les chemins du Seigneur !

Si l'on relit ce premier chapitre du livre de Malachie, il me semble que l'on peut retrouver une situation similaire à la nôtre, dans celle du public auquel s'adresse le prophète. Le peuple d'Israël est revenu d'exil, a reconstruit le Temple de Jérusalem, mais les temps glorieux espérés ne sont pas advenus. Le peuple a alors tendance à s'enfoncer dans une situation de crise et s'éloigner de ses autels, en délaissant la prière au Seigneur.

Nous sommes aussi dans une crise permanente. Nous pouvons entendre tous les problèmes de notre monde, entre la haine d'un président américain élu par la peur, les massacres de Daesh qui mettent à feu et à sang des régions entières, la détresse des réfugiés de tous bords qui viennent chercher un illusoire bonheur en Europe plutôt que de mourir de faim dans leur patrie, l'inégalité de droits d'un certain nombre de personnes qui "ne rentrent pas dans les cases", et je pourrais continuer la liste, vous savez qu'elle est sans fin. Nous pouvons, nous aussi, nous éloigner de Dieu, être en colère contre lui, délaisser la prière, nous révolter, déprimer.

Je fais partie d'une génération, née après 1980, qui a grandi dans la crise et ne connaît que cela. J'ai souvent eu envie de me battre contre cette forme de fatalité. Ce n'est pas la situation dans laquelle nous nous trouvons qui est dramatique. C'est si nous ne faisons rien pour changer ce monde, qu'il va devenir invivable.

Alors préparons les chemins du Seigneur ! Quelle meilleure période que l'Avent pour essayer de rendre le monde un peu meilleur que la veille ? Envoyer un mot à l'ami-e dont on n'a pas pris de nouvelle depuis trop longtemps... Sourire au SDF qu'on a honte de regarder, assis au pied de la porte du magasin où nous allons faire nos courses... Ecrire un mot d'espoir sur un blog, sur Twitter, Facebook, Instagram ou n'importe quel autre média... Embrasser son-sa voisin-e âgé-e qui n'a plus de contact avec personne...

Continuons notre chemin d'Avent !

vendredi 08 décembre 2017

Ouvrir nos fenêtres

Malachie 1, 11-14

"D'un bout de la terre à l'autre, les autres peuples reconnaissent ma grandeur. Partout, ils brûlent de l'encens en mon honneur et ils me présentent des offrandes pures. Je le dis, moi, le SEIGNEUR de l'univers, les autres peuples reconnaissent ma grandeur.
Mais vous, vous ne la respectez pas quand vous dites : “L'autel du Seigneur est impur, et la nourriture que nous en retirons est vraiment peu de chose !” Vous dites aussi : “Quel travail décourageant !” Vous me méprisez, moi, le SEIGNEUR de l'univers ! Vous m'apportez des animaux volés, boiteux ou malades. Eh bien, je vous le demande : Est-ce que je peux accepter de vous ces offrandes ?
Quelqu'un a peut-être de beaux animaux dans son troupeau. S'il fait un vœu et s'il m'offre un animal en mauvais état, malheur à lui ! En effet, moi, le SEIGNEUR de l'univers, je le dis : je suis un grand roi, et les autres peuples ont peur de ma puissance."

Ici le texte s'inverse. Au début du chapitre, c'est Israël qui reconnaît l'amour de Dieu pour lui, et Dieu qui confirme l'alliance. A présent, ce sont les autres nations qui reconnaissent la gloire du Seigneur. Cependant, ne nous y méprenons pas : il ne s'agit pas de la même chose. Dieu fait alliance avec son peuple, il les aime ; les autres peuples voient sa gloire, sa puissance, sa grandeur. Nous sommes en présence d'une forme de crainte, de respect, mais pas d'une alliance.

Pourtant, Dieu utilise cette relation avec les autres peuples pour inciter Israël à revenir à l'alliance qu'il a conclue avec lui. Si Israël se comporte mal et ne respecte pas les commandements, alors l'alliance est en péril, et les étrangers, ceux qui ne connaissent pas la joie de l'amour de Dieu, se comportent mieux !

Peut-être est-il nécessaire, lorsque nous perdons pied, lorsque Dieu semble s'éloigner, de regarder autour de nous, voir comment font les autres, quelle est leur relation à Dieu ? Dans ma vie, est-ce que je demande aux autres comment ils vivent leur foi ? Est-ce que j'ose chercher une autre forme de prière ? Est-ce que je cherche l'échange avec d'autres chrétiens sur nos manières de cultiver le lien à Dieu ? Est-ce que j'ouvre des fenêtres, pour laisser entrer la lumière de mes frères et sœurs qui me reflètent Dieu ?

jeudi 07 décembre 2017

Sacrifice ?

Malachie 1, 9-10

Maintenant, essayez de me prier, moi, votre Dieu, pour que j'aie pitié de vous. Est-ce que je vous recevrai avec bonté après ce que vous avez fait ? Je vous le demande, moi, le SEIGNEUR de l'univers. Il vaudrait mieux que l'un de vous ferme les portes du temple. Ainsi, vous n'irez pas allumer du feu sur mon autel pour rien. En effet, moi, le SEIGNEUR de l'univers, je n'ai aucun plaisir à vous voir, et les offrandes que vous me présentez ne me plaisent pas.

Après le constat de manque de respect des prêtres dans leurs offrandes à Dieu, voici que Dieu exprime sa colère. Dans ces paroles très dures, le prophète exige de vider les lieux pour le Seigneur. Il refuse par avance toutes les offrandes, tout ce que nous pourrions lui apporter. Il regrette d'avoir fait confiance à son peuple tout en ayant confirmé son amour quelques versets plus tôt.

En réalité, la solution n'est pas dans les offrandes mais dans la prière. On peut le voir dans la première phrase du texte. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas les offrandes, les animaux, les sacrifices, c'est notre prière honnête, sincère. Comme le dit le psaume : "Mon sacrifice, ô Dieu, c'est moi-même avec mon orgueil brisé. Ô Dieu, tu ne refuses pas de regarder un cœur complètement brisé."[1]

Gardons confiance en notre prière !

Note

[1] Psaume 51 (50), 19

mercredi 06 décembre 2017

Rester vigilant

Malachie 1, 7-8

Vous apportez sur mon autel de la nourriture impure. Et vous demandez : “En quoi est-ce que nous ne t'avons pas respecté ?” Eh bien, c'est en disant : “L'autel du SEIGNEUR est sans importance.” Quand vous m'offrez un animal aveugle, est-ce que c'est bien ? Quand vous m'offrez un animal boiteux ou malade, est-ce que c'est bien ? Présentez donc cet animal à votre gouverneur ! Est-ce qu'il sera content ? Est-ce qu'il vous recevra avec bonté ? Je vous le demande, moi, le SEIGNEUR de l'univers.

Pour moi, ce passage est à remettre en parallèle avec la parabole que l'on peut trouver dans Matthieu[1] (que l'on a lue il y a quelques jours lors du dimanche du Christ Roi)... Chaque partie se demande "mais quand a-t-on fait ce que tu nous reproches ?", ou au contraire, "quand est-ce arrivé, ce pour quoi tu nous félicites ?", et Dieu de répondre qu'il ne s'agit pas de le faire pour lui, mais pour tous ces petits qui le représentent, au milieu de nous.

Ici, Dieu demande à son peuple, celui qui a accepté sa Loi, de la respecter. Je ne parle pas seulement de la Cacherout, mais de nos vies, de nos pratiques. Il s'agit de ne pas se laisser aller à la routine, ne pas mollir dans nos résolutions. Il est bon de garder une vigilance pour continuer à pratiquer nos rites sans tomber dans la superstition ou dans l'habitude. Nos prières ne sont-elles pas bancales ? Bâclées ? Nos gestes ne sont-ils pas faits à la va-vite, pressés par notre vie à cent à l'heure ? A-t-on la certitude d'avoir servi correctement notre prochain, avec toute l'attention qui lui est dûe ?

Ce SDF qui fait des petits boulots et chante dans le métro, lui ai-je fait un sourire même si je ne lui ai pas glissé une pièce ? La grand-mère que l'on va voir par politesse, est-ce qu'on a écouté ce qu'elle a à dire, de manière parfois pas très intelligible ? Mon camarade de classe qui me demande le même service pour la troisième fois, aurai-je à coeur de l'aider, cette fois encore, sans regret ?

Note

[1] Matthieu 25, 31-46

mardi 05 décembre 2017

Honorer, respecter

Malachie 1, 6

Moi, le SEIGNEUR de l'univers, voici ce que je dis aux prêtres : Un fils honore son père, un serviteur respecte son maître. Vous m'appelez votre père, mais est-ce que vous m'honorez ? Vous m'appelez votre maître, mais est-ce que vous me respectez ? Vous me méprisez et vous demandez : “En quoi est-ce que nous t'avons méprisé ?”

Après avoir confirmé l'amour de Dieu pour son peuple, preuves à l'appui, le prophète interpelle les prêtres d'Israël. Ceux-ci semblent s'être endormis dans leur routine, ou dans le confort d'un rituel repris dans le Temple reconstruit au retour d'exil. Le désert, l'éloignement de Dieu est toujours bien présent, et notre chemin de l'Avent pourrait nous paraître bien aride.

Comme chrétiens, par notre baptême, nous sommes, nous aussi, prêtres, prophètes et rois. Ce texte ne peut-il pas nous concerner, dans notre vie de croyants ? Nous lisons la Bible, nous répétons nos prières, nous célébrons, mais avec quelle attention ? Souvent, nous pensons que nous connaissons déjà les histoires, nous n'écoutons que d'une oreille... Que mettons-nous derrière les mots de nos prières ? Quel lien entretenons-nous réellement avec le Seigneur ? Quelle conviction avons-nous dans notre vie de foi ?

Ce texte ne serait-il pas un appel pour retrouver un peu de fraîcheur dans nos démarches ? Et si... Si les enfants nous inspiraient ?

lundi 04 décembre 2017

Volonté de Dieu

Malachie 1, 4-5

Ces gens-là, les Édomites, diront peut-être : “Nous avons été écrasés, mais nous reconstruirons nos villes démolies.” Voici ce que je dis, moi, le SEIGNEUR de l'univers : Ils peuvent reconstruire, moi, je démolirai ce qu'ils feront ! On les appellera : “Pays-des-gens-mauvais” et “Peuple-contre-qui-le-SEIGNEUR-est-sans-cesse-en-colère” .
Vous, les Israélites, vous verrez cela et vous direz : “Le SEIGNEUR est grand, même en dehors du pays d'Israël ! ” »

Bien sûr, le ton du discours est belliqueux et ce n'est peut-être pas ce que nous avons l'habitude de lire. N'oublions pas que ce texte a été écrit plusieurs siècles avant notre ère, dans un climat de concurrence entre les peuples.

Dieu n'a pas à justifier son amour. Comme dans le livre de Job, personne ne peut donner d'explication ou justification des choix de Dieu. On peut aussi relire la lettre de Paul aux Romains[1] sur ce thème.

Ce qu'il est important de retenir, ne serait-ce pas la dernière partie du texte ? "Le SEIGNEUR est grand, même en dehors du pays d'Israël !". À une époque où chaque peuple a son dieu, efficace pour lui, dans les limites de son pays, on peut trouver ici, sinon une volonté de puissance, du moins une volonté d'universalisme : la loi de Dieu peut s'appliquer aussi à l'extérieur.

Et pour nous ? Comment Dieu nous aime-t-il ? À l'intérieur ou à l'extérieur de nous, de chez nous, de notre pays ?

Note

[1] Romains 9, par exemple

dimanche 03 décembre 2017

Amour, doute et désert

Malachie 1, 1-3

Voici le message que le SEIGNEUR a envoyé aux Israélites, par l'intermédiaire de Malachie.
Le SEIGNEUR déclare à son peuple : « Moi, le SEIGNEUR, je vous aime, mais vous, vous me demandez : “Où est la preuve de ton amour ?” »
Je vous réponds : « Est-ce qu'Ésaü n'était pas le frère de Jacob ? Pourtant j'ai préféré Jacob à Ésaü. Les gens de la famille d'Ésaü occupaient une région montagneuse. J'en ai fait un désert et j'ai livré leur pays aux chacals. »

Ce texte n'est pas sans rappeler un texte du jour, premier dimanche de l'Avent, dans le livre d'Esaïe[1], nous évoquant le désert, l'aridité parfois de notre existence. Nous avons eu, dans le passé peut-être, la joie, comme une eau fraîche, d'un lien très fort avec Dieu. Mais aujourd'hui, ou à certains moments de notre vie, nous avons l'impression que le Seigneur est singulièrement absent. La seule chose qui nous permet de ne pas jeter l'éponge, c'est ce souvenir qu'il a été là quand on a eu besoin de lui.

Oui, Dieu nous le rappelle, il nous aime, même quand on doute. Dans le livre de Malachie, livre prophétique, il est important d'apporter les preuves de ce que l'on avance : Dieu aime Israël, et Israël est prospère. Tandis qu'il déteste Edom, et Edom est désertique.

Douter, mais veiller[2] : le désert est aride, inhospitalier. Rien ne peut y attirer l'attention, c'est un lieu qui favorise l'introspection. C'est aussi un endroit où l'on va remarquer très vite la présence d'un autre être humain ! Ainsi, ressentir un manque de Dieu, c'est aussi se tenir disponible, à l'écoute, à l'affût du moindre signe de Sa présence, de Son retour.

Dieu nous aime, il nous le rappelle. N'ayons pas peur du désert, il saura nous retrouver.

Notes

[1] Esaïe 63,16–64,7

[2] Marc 13, 33-37

samedi 02 décembre 2017

Calendrier de l'Avent

Ami.e.s lecteur.rice.s,

Je vais retenter sur cet espace un parcours que j'ai mené il y a quelques années... À l'époque, j'avais pris une lettre par jour pour trouver un mot en lien avec la période de l'Avent.

Cette année, je vous propose de parcourir un chemin biblique... De lire ensemble le livre du prophète Malachie.

Je donnerai ici, chaque jour, quelques versets du texte, accompagnés de quelques mots de ma part. Cet espace est aussi le vôtre : n'hésitez pas à réagir en commentaires, donner vos prières, vos propres interprétations...

A demain, premier dimanche de l'Avent, pour commencer notre lecture !