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lundi 27 juin 2011

L'Esprit en perfusion

Que dire, comment résumer ces dernières trente-six heures ? Tant d'émotions, de joie, de larmes aussi... Et en même temps une immense paix... Tout cela avec l'engagement de cinq hommes ou petits bouts d'hommes, de trois à trente ans !

Un culte spécial, en plein air, un peu retardé par rapport à nos habitudes, pour que chaque famille puisse y assister, termine l'année scolaire. Les enfants qui ont suivi tout un cursus nous présentent leurs travaux, histoires, chants et gestes... Et parmi eux, deux garçons de dix ans ont décidé de demander le baptême. C'est quelque chose, à dix ans, de faire une telle démarche ! Avec et devant les parents, la famille, les copains... Beaucoup d'émotion, du genre de celle qui se voit sur les visages, s'entend dans les voix, se transmet de génération en génération. Chacun des enfants a témoigné du manque qu'ils ressentaient, l'un pour sa grand-mère, l'autre pour son grand-père, décédés récemment. L'un est venu recevoir le baptême avec ses frères... La paroisse est alors une grande famille, plus que jamais, prenant soin de ses enfants, tous unis, tous liés dans l'Esprit.

Autre lieu, autre heure, mais toujours sous la bienveillance de l'Esprit, appelé au coeur de l'assemblée pour cette fois ordonner cinq nouveaux prêtres, dont Vianney... Lors de la prostration des ordinands, une litanie des saints prenante, belle, emplit la cathédrale, faisant chavirer mon coeur... Et de loin, je vis le héros du jour concélébrer avec l'évêque sa première eucharistie. Même avec deux petits monstres très peu sensibles à la solennité du lieu, ce fut une très belle célébration...

Merci Loïc, Jérémie, Vianney ! Pour votre engagement, pour votre présence, pour votre pas en avant, qui nous montre, à chacun, la voie vers le Christ !

vendredi 10 septembre 2010

Rêves à la pelle

Arthur a douze ans. Il aime bien ce chiffre, et il y pense tout particulièrement pendant ces séances d'aumônerie, quand on lui parle des histoires de la Bible. Il le trouve joli, élégant, juste bien : douze ans comme les douze apôtres, comme les douze pierres précieuses sur la poitrine du sanhédrin, comme les douze tribus d'Israël, le peuple élu !

Le brouhaha ambiant le sort de sa rêverie. Les petits groupes se rassemblent. Ils ne sont plus aussi nombreux que l'an dernier, car beaucoup de ses camarades ont cessé de venir après la "grande communion". Il n'a pas trop compris pourquoi. Il se souvient qu'il a été un peu dégoûté quand il voyait la convoitise dans les yeux de certains, se vantant de la montre flambant neuve qu'ils allaient avoir à cette occasion. Il avait bien aimé faire la fête avec sa famille, il était fier de pouvoir dire sa foi en Dieu comme un adulte.

Avant le temps de prière, devant le mur où les petits groupes ont rassemblé le fruit de leur étude d'aujourd'hui, Serge, l'aumônier, parle de la journée des vocations. C'est quoi, une vocation ? S'engager pour Dieu, toute la vie. Devenir prêtre ou sœur. Prêtre... Il ne sait pas trop pourquoi, mais ça parle au cœur d'Arthur. Il a toujours admiré le calme de Serge, la paix qu'il semble diffuser autour de lui, et sa capacité à obtenir le silence de toute cette bande de jeunes excités, sans même hausser le ton. Et puis il y a la messe. Il ne sait pas dire pourquoi ni comment, mais Arthur est bouleversé quand il voit le prêtre élever le pain et le vin. Même quand c'est "Purée de Patate" qui officie, le vieux curé à moitié ivrogne de sa paroisse de campagne.

Serge explique, de sa voix toujours posée, que certains parmi eux seront peut-être appelés par Dieu, et qu'on peut prier pour que "les ouvriers soient nombreux pour la moisson". Arthur ne sait pas trop bien prier, mais il essaie. Il ose à peine penser qu'il aimerait bien devenir prêtre. Cette idée lui paraît terriblement ambitieuse, loin de l'humilité dont on parle dans la Bible, il n'est pas sûr d'être assez doué. Maman serait sans doute fâchée, elle est protestante, et Papa n'apprécierait pas non plus, il aimerait bien que quelqu'un reprenne la ferme, un jour. Arthur rêve : à genoux dans son aube, on lui pose les mains sur la tête. Plus tard, il apprendra que ce geste se fait lors de l'ordination.

Mais voilà : Arthur ne sera jamais prêtre. Il n'existe que dans la tête d'une fille de son âge, qui se demande si c'est très mal d'avoir imaginé, un instant, être un garçon, pour pouvoir entrer au séminaire un jour.

mercredi 14 juillet 2010

Familles, je vous haime

Famille aimée, famille haïe...
Famille qui comprend trop bien... Famille qui ne comprend rien ?

Evolutions, amour, rejet, jalousies, dialogue de sourds, déchéance, faux procès et vrais pardons, quiproquos et guerres rangées... Une famille est un microcosme, une société en miniature où les lois ne sont écrites nulle part, où le prix de chaque chose, de chaque relation, de chaque souvenir se compte davantage en émotions qu'en argent comptant. Enfin, en apparence... La mémoire est l'outil essentiel, le temps est tantôt le meilleur ami, tantôt un ennemi...

Difficultés de familles dissemblables, réunies par un mariage... Cultures et milieux différents, coutumes différentes ; ce qui paraît évident n'est pas exprimé, mais n'est précisément pas si évident pour un interlocuteur étranger aux traditions familiales ! Et quand il s'agit de religion... Confessions différentes, l'histoire familiale rejoint l'Histoire. De génération en génération, les relations entre Eglises, entre fidèles, entre fidèles et leurs Eglises évoluent. Mais parfois les rancoeurs restent. Et les générations "mixtes" comme la mienne doivent lutter contre les préjugés. Comment expliquer à Mamie (catholique) que si l'on a fait une confirmation protestante, on ne croit pas pour autant que son pélerinage à Lourdes ne vaut rien ? Comment dire à Maman (protestante) que si, si, il y a encore aujourd'hui des hommes qui pensent à la prêtrise et que non, ce n'est pas forcément complètement facho, pas plus que le Pape ?

"Qui est ma mère, qui sont mes frères ?" disait Jésus (Marc 3, 33 ; Matthieu 12, 48). Parfois je dirais bien la même chose. En ce moment, la question à la mode, c'est "fais-tu des études de théologie pour être pasteur?". Comment répondre ? Je crois que j'aimerais bien, oui. Mais comment avoir l'assurance d'un appel ? Comment dire que cette question n'a pas de réponse, en tout cas pas de réponse précise pour l'instant ? Et puis, cela suscite de tels émois... Je comprends la solitude et l'hésitation de jeunes hommes qui souhaitent s'engager dans la prêtrise mais craignent la réaction de leur entourage... Amis, priez pour les vocations : pour que les familles aient le courage d'accepter les vocations parmi elles...

dimanche 20 septembre 2009

Schizophrénie ?

Après un été à la fois mouvementé et particulièrement chargé sur le plan théologique, spirituel et méditatif, j'ai décidé de prendre mon bâton de marche et d'emprunter deux chemins qui peuvent paraître opposés.

D'un côté, suite au Grand Kiff et aux vidéos diffusées par les étudiants de l'IPT (et visibles sur le site de l'ERF), la question "pasteur, pourquoi pas ?" s'est faite mienne. J'ai effectué mon inscription la semaine dernière, pour débuter les cours de licence de théologie par correspondance. Je sais que ce sera long, sans doute pas toujours aisé... Mais si je ressens l'appel vers cette forme de ministère, peut-être que cela se concrétisera dans les années à venir ?

D'un autre côté, le chemin que j'ai parcouru depuis quelques mois m'incite à avancer également dans ma foi catholique. Aussi, je demande la confirmation. Une confirmation d'adulte, pour terminer mon "initiation", et recevoir si Dieu et l'Eglise le veulent, la grâce de l'Esprit, qui me donnera peut-être de nouvelles missions ?

Même si ces deux démarches paraissent contradictoires, elles ne le sont pas pour moi. Simplement, j'ai eu l'occasion de naître au carrefour de deux routes. J'ai eu la chance qu'aucun de mes parents n'oublie le chemin parcouru, mais choisisse de me le faire découvrir. Depuis des années, je ne parviens pas à me résoudre à "faire un choix" entre deux points de vue qu'on me présente souvent comme contraires, alors que pour moi ils sont complémentaires...

Aujourd'hui, je choisis de suivre le Seigneur, car je sais qu'il ne veut que le meilleur pour moi. Il saura m'indiquer ce qu'il attend de moi...

dimanche 03 mai 2009

Quelles vocations ?

Aujourd'hui, dans l'Eglise catholique, c'est la journée de prière pour les vocations. L'évangile du jour correspond bien, c'est celui du bon pasteur (Jean 10, 11-18)... Ce qui correspond pile poil à la première idée qui vient à l'esprit quand on dit "vocation" à un(e) catholique : la vocation de prêtre, le bon Pasteur par excellence, le représentant de Jésus au sein de l'Eglise, chargé de veiller sur les brebis de la bergerie, et ramener les brebis égarées. Différents blogs relaient l'information (et la prière) : Edmond Prochain, Totus Tuus, entre autres.

J'aimerais m'attarder sur ce qu'on met sur le mot "vocation", car il n'a pas le même sens dans les différentes communautés.

Pour les catholiques, la vocation première, c'est celle de prêtre. Il est le ministre du culte par excellence, celui qui administre les sacrements, qui anime la vie des paroisses, qui participe à la formation des jeunes... Aujourd'hui, devant le manque criant de prêtres, la réorganisation se fait sentir, et les diacres sont appelés à prendre des fonctions plus importantes. Cependant, leur ministère est encore mal défini : super-laïcs ? sous-prêtres ? Quelle place leur donner ?

Davantage en marge du siècle, arrivent les religieux et religieuses. Différents ordres, avec des spiritualités et des pratiques très diverses, de la contemplation cloîtrée à la consécration au service dans le siècle... Tous sont consacrés et ont donné leur vie à Dieu. Leur vocation a-t-elle moins de valeur que celle d'un prêtre ?

Pour les protestants, qui historiquement ont réagi contre les excès de l'Eglise catholique du XVIe siècle, les vocations sont l'affaire de chacun. En effet, le pasteur, s'il a un ministère particulier, est surtout un croyant qui a reçu une formation particulière le rendant apte à former et guider les autres fidèles. Ainsi, parler de "prier pour les vocations" chez les protestants, serait simplement accentuer l'aspect particulier de l'Appel chez chacun... Tout croyant est appelé, selon ses compétences, sa Foi, sa disponibilité, sa formation, à un ministère au sein de l'Eglise... Assumer un ministère veut dire, en premier lieu, "rendre service". Chacun est appelé à se mettre au service de ses frères...

Alors, prions pour que tous les croyants entendent l'Appel qui leur est propre !