Tigreek

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 26 juillet 2010

Seigneur, Adonaï, bénis-les...

Olivier est un bon ami. Nous nous sommes rencontrés, étudiants, et nous avons gardé le contact, toute notre bande de copains, même si la vie avance, les bébés font leur apparition, certains s'en vont, renforçant s'il était besoin les liens de ceux qui restent... Alsacien, il a reçu une éducation chrétienne, balloté entre catholicisme et protestantisme. Prudent, il ne s'enthousiasme pas facilement, prépare et organise tout, ne laisse rien au hasard. Il est lucide, minutieux, attentionné, sans illusions. En vacances, un jour, il est tombé amoureux sans s'en rendre compte. Il a hésité, nous a même demandé notre avis, toujours prudent ; et puis il a laissé parler son coeur.

Audrey est une jeune femme enjouée, sensible, avec ce côté enfantin qui a parfois le don d'exaspérer : on aimerait lui faire comprendre que nous ne sommes pas les élèves de sa classe de maternelle... Née dans une famille juive sépharade, elle met peu les pieds à la synagogue mais est attachée aux traditions. Elle aime la joie, les bandes de copains et les réunions de famille... et préparer des tas de desserts avec une profusion de rose(s) et de coeur(s). Elle a cru tomber amoureuse, plusieurs fois, et a fini par craquer "pour de vrai".

Audrey apporte à Olivier la touche de fantaisie qui lui manque, Olivier donne à Audrey la stabilité de quelqu'un qui garde les pieds sur terre. Ces deux-là sont heureux, ça se voit ; même s'ils ont eu du mal à se trouver, ils fonctionnent plutôt bien ensemble. Aujourd'hui, ils s'engagent, pour la vie... et ils m'ont demandé une bénédiction... Préparant leur mariage depuis plus d'un an, ils avaient cherché à avoir une cérémonie religieuse, un peu plus que la simple déclaration à la mairie. Ils désespéraient, et finalement ont trouvé une étudiante en théologie israélienne, qui a accepté de les bénir en hébreu.

Ce fut difficile à écrire... Autant l'oecuménisme je connais, je baigne dedans depuis l'enfance ; autant je fais mes premiers pas dans l'interreligieux. Je marche sur des oeufs, comment affirmer la foi chrétienne sans me mettre en porte-à-faux par rapport à la famille juive ? Finalement ça se fait : choisir un texte sur l'amour, parler de Dieu, garder un discours simple, bénir les futurs époux et leurs familles...

Joie d'Olivier et Audrey, qui m'ont adressé leurs remerciements à plusieurs reprises... Bonheur de les voir ensemble... Leur émotion était palpable, et leur désir d'une prière commune, enfin possible, laisse penser que l'Esprit était bien au rendez-vous !

mercredi 21 juillet 2010

Orage

Le vent arrive le premier. Il amène les nuages, obscurcissant le ciel où régnait jusque là un soleil de plomb. Les portes claquent, le ligne s'agite sur son fil, des nuages de poussière se soulèvent de la cour de ferme habituellement parcourue par les tracteurs. C'est le signe de la mise aux abris : on rentre le linge, ferme les portes, débranche les appareils électriques sensibles, attache tout ce qui peut s'envoler. Dans les prés, les vaches se rassemblent et commencent à se diriger vers le couvert : le plus souvent, les arbres faisant la bordure de leur pâture.

La lumière baisse davantage. L'horizon noircit, se réduit : la grisaille masque les lointaines collines. Le vent s'intensifie, les éclairs déchirent le ciel, précédant le roulement fracassant du tonnerre. La foudre frappe, de plus en plus près : les roulements de tambour céleste se font plus intenses et rapprochés. De l'intérieur, on voit les constructions résister aux éléments, on croit qu'elles vont céder, mais il n'en est rien.

Puis les nuages craquent. L'eau tombe, à grosses gouttes. Mieux vaut être à l'abri ! D'ailleurs, ni homme ni bête ne reste dehors. Tiens, si, les hirondelles, même secouées par les bourrasques, se nourrissent des insectes ballottés par les masses d'air. Elles rejoindront leurs nids à la dernière minute.

Cela semble durer quelques minutes à chaque fois. En fait, les salves de pluie vont s'enchaîner pendant plusieurs heures. Entre deux, le calme revient. L'air s'est rafraîchi, le vent est tombé, les hirondelles ressortent, les rideaux de pluie qui voilaient le paysage s'estompent... Et Marion, cinq mois, qui n'a pas bronché pendant le raffut, paisible au coeur de sa sieste, se réveille dans le silence revenu.

Enfin les nuages s'affinent, le soleil refait son apparition. Les bourdonnements lointains des moteurs de voitures ont remplacé dans l'air les vrombissements des coups de tonnerre. L'horizon est clair, l'air comme plus pur, rempli de cette odeur d'herbe mouillée qui m'évoque la propreté, la fraîcheur... La journée peut recommencer.

lundi 19 juillet 2010

Quel Dieu ?

Sensations aigres-douces pour un week-end en campagne angevine... Joie d'un mariage, regret d'un engagement sans accompagnement religieux. Une union pour la vie, comptant sur la seule force morale des mariés, est-ce bien prudent ? Forme de courage de leur part sans doute, de ne pas céder aux générations antérieures et de ne pas faire célébrer une bénédiction qui leur aurait parue illusoire. Mais manque, vide pour l'entourage qui croit que Quelqu'un nous accompagne et ne peut nous laisser seuls, y compris dans ces engagements-là... Fête d'un couple qui s'engage, de deux familles qui apprendront à se connaître, d'une bande de gadz'arts trop heureux de voir leur pote "se caser". Fête en laissant Dieu à la porte ?

Après la fête et quelques heures de sommeil, pousser la porte d'une église de village. S'émerveiller du génie constructeur à la gloire de Dieu. Observer quelques minutes avant la messe, les têtes blanches mais aussi les enfants regroupés devant, attentifs ou joueurs, les musiciens s'accordant sur les derniers détails... Prier pour les jeunes mariés, pour qu'ils soient accompagnés, même s'ils n'en ont pas conscience... Se sentir libre dans cette maison de Dieu, ce choeur spacieux où l'Esprit peut prendre toute la place. Ouvrir son coeur, en admirant l'égard et la douceur du prêtre pour chacun, petit ou grand, concélébrant ou lecteur, habitué ou de passage, fidèle ou futur (petit) baptisé...

Retour à Paris où nous attend un autre mariage, la semaine prochaine... Et surprise ! On me demande d'y faire une bénédiction... Non officielle, elle ne sera pas prise en compte sur les registres, car le fiancé, un copain d'école, d'éducation chrétienne, va s'unir avec une demoiselle juive... C'est un honneur pour moi, une richesse de pouvoir ainsi me trouver au coeur de cette complexité culturelle ! Une responsabilité aussi : affirmer sa foi en Dieu dans le respect de l'autre, parler de l'universalité d'un message sans choquer le peuple élu...

mercredi 14 juillet 2010

Familles, je vous haime

Famille aimée, famille haïe...
Famille qui comprend trop bien... Famille qui ne comprend rien ?

Evolutions, amour, rejet, jalousies, dialogue de sourds, déchéance, faux procès et vrais pardons, quiproquos et guerres rangées... Une famille est un microcosme, une société en miniature où les lois ne sont écrites nulle part, où le prix de chaque chose, de chaque relation, de chaque souvenir se compte davantage en émotions qu'en argent comptant. Enfin, en apparence... La mémoire est l'outil essentiel, le temps est tantôt le meilleur ami, tantôt un ennemi...

Difficultés de familles dissemblables, réunies par un mariage... Cultures et milieux différents, coutumes différentes ; ce qui paraît évident n'est pas exprimé, mais n'est précisément pas si évident pour un interlocuteur étranger aux traditions familiales ! Et quand il s'agit de religion... Confessions différentes, l'histoire familiale rejoint l'Histoire. De génération en génération, les relations entre Eglises, entre fidèles, entre fidèles et leurs Eglises évoluent. Mais parfois les rancoeurs restent. Et les générations "mixtes" comme la mienne doivent lutter contre les préjugés. Comment expliquer à Mamie (catholique) que si l'on a fait une confirmation protestante, on ne croit pas pour autant que son pélerinage à Lourdes ne vaut rien ? Comment dire à Maman (protestante) que si, si, il y a encore aujourd'hui des hommes qui pensent à la prêtrise et que non, ce n'est pas forcément complètement facho, pas plus que le Pape ?

"Qui est ma mère, qui sont mes frères ?" disait Jésus (Marc 3, 33 ; Matthieu 12, 48). Parfois je dirais bien la même chose. En ce moment, la question à la mode, c'est "fais-tu des études de théologie pour être pasteur?". Comment répondre ? Je crois que j'aimerais bien, oui. Mais comment avoir l'assurance d'un appel ? Comment dire que cette question n'a pas de réponse, en tout cas pas de réponse précise pour l'instant ? Et puis, cela suscite de tels émois... Je comprends la solitude et l'hésitation de jeunes hommes qui souhaitent s'engager dans la prêtrise mais craignent la réaction de leur entourage... Amis, priez pour les vocations : pour que les familles aient le courage d'accepter les vocations parmi elles...

dimanche 04 juillet 2010

Acharnement

On se souvient (plus ou moins douloureusement) des "affaires" de prêtres pédophiles, les dossiers ressortis du formol, le besoin de mettre en cause des hauts dirigeants de l'Eglise catholique, jusqu'au Pape... Les prêtres s'étaient alors sentis attaqués en masse, car la généralisation et la théorie du complot étaient tellement présentes que tout geste, toute parole étaient passés au crible de la critique "bien-pensante".

On se remémore peut-être plus difficilement le cas de Liès H., cet homme qui a été, en plein "débat" sur l'identité nationale (ça veut dire quoi cette expression ??), le bouc émissaire du gouvernement et de Brice Hortefeux en particulier. Qu'avait-il fait ? Sa femme se déplaçait voilée des pieds à la tête... Mon Dieu quelle horreur ! Et comme ça ne suffisait pas, on s'est acharné à trouver tout et n'importe quoi, en niant le concept (utopique ?) de présomption d'innocence, depuis la fraude aux allocs jusqu'à l'exploitation de travailleurs irréguliers, en passant par la polygamie... Il fallait une punition exemplaire, je ne sais pas moi, le déchoir de sa nationalité française par exemple ! Et si on laissait faire la justice ? Il y a des enquêteurs, il y a des punitions prévues pour toutes les infractions qui lui sont reprochées...

Véronique Courjault a également eu droit au haro sur sa personne, en particulier lors de sa sortie de prison. Quoi ? Cette femme qui a tué froidement trois de ses bébés, un vrai danger public, "déjà" sortie de prison !! Eh oui. Elle a fait de la préventive, elle a purgé sa peine. Laissez-la donc se reconstruire ! Vous voulez des scoops en sortie de prison ? Suivez donc des prisonniers anonymes, ceux qui ne sont pas passés à la télé, voyez comme ils peinent à se réinsérer...

Aujourd'hui, c'est Liliane Bettencourt qui est à l'affiche. Cette femme, fortunée, riche héritière et en bisbille avec sa fille, est le prétexte pour toutes les critiques. Rendez-vous compte : elle a honteusement profité du bouclier fiscal, qui était justement mis en place pour des gens comme elle ! Cherchez l'erreur... Vous auriez fait quoi à sa place ?

Je pourrais aussi citer Jérôme Kerviel, ou d'autres noms devenus célèbres à force de médiatisation. Bref. Et l'amour dans tout ça ? L'amour du prochain, où est-il ? Ou bien, sans même parler de valeurs chrétiennes, la présomption d'innocence, le respect de la personne, où sont-ils passés ? Un certain Jésus, un temps, a parlé de paille et de poutre (Matthieu 7, 3-5 ; Luc 6, 41-42... On devrait peut-être en prendre de la graine.

dimanche 27 juin 2010

Histoires d'appel (à la pelle ?)

C'était le 18 juin, il y a 70 ans. Les émissions pour la mémoire de l'Histoire se suivent et se ressemblent. Les vétérans sont présents et ont la larme à l'oeil lorsque le président les fait chevaliers de la Légion d'honneur... Les analyses historico-critiques de De Gaulle, des résistants, du gouvernement de l'époque présentent une situation dont on se demande à quel point elles sont anachroniques. Pour ceux de ma génération, qui n'ont jamais connu la guerre sur le territoire ou dans les colonies, ces rappels historiques posent toujours la même question : et nous, qu'aurions-nous fait ?

Dans la Bible, on retrouve plusieurs appels... Parmi eux, l'appel de Lévi par Jésus (Marc 2, 14-17) présente des similarités avec l'appel d'Elisée par Elie (1 Rois 19, 19-21). Dans les deux cas, il y a un repas, qui ressemble à un banquet d'adieu à ceux que les appelés laissent derrière eux. Ils contrastent avec les textes d'évangile d'aujourd'hui, où Jésus est très dur vis-à-vis de ceux qui souhaitent le suivre mais aimeraient terminer quelques étapes (Luc 9, 51-62)...

Et puis il y a cette question, qui revient régulièrement, et de façon plus fréquente depuis un an : ai-je reçu un appel ? J'ai tenté la théologie à distance, un peu comme pour tester si je serais capable de répondre à un tel appel. Aujourd'hui, les modules que j'ai entrepris sont validés, malgré un contretemps en premier semestre. Alors peut-être que cela se confirme ? Encore cinq ans pour une licence, si tout va bien... Ensuite, ce sera la commission des ministères qui décidera...

lundi 14 juin 2010

Effet tunnel

Je prie mes aimables lecteurs et lectrices de m'excuser quelques jours... La fin de l'année scolaire et du semestre de fac approche à grands pas, j'ai des examens de théologie du 21 au 23 juin. Vous l'avez compris, je vais donc être en pleines révisions la semaine prochaine, impossible de consacrer du temps à ce blog... En fait, si, je penserai à vous en espérant que vous priez pour ma petite âme mise sous pression... Et en compatissant pour tous mes camarades en examens aussi !

Au programme : grec et nouveau testament. Une semaine pour reprendre mes résumés sur les 27 livres du NT, ça va être chaud... A bientôt !

mardi 08 juin 2010

Double face

17h. C'est la sortie des classes, en particulier d'un collège voisin. En balade avec ma fille, je suis sur le chemin du retour. Moment un peu électrique, les ados sortent et ont tendance à s'exprimer plus librement que dans le collège. C'est aussi dangereux : les parents en voiture se garent où ils peuvent, les ados traversent où ils le souhaitent, débordent des trottoirs...

Je croise les jeunes par groupes, certains sont surpris de me voir porter ma fille, face au monde. Leurs réactions traduisent leur âge : encore l'innocence de l'enfance dans leur étonnement, et déjà le jugement de l'adulte dans les commentaires qu'ils en font. Marion, elle, est heureuse de voir autant d'activité...

De loin, je repère une silhouette familière. Les cheveux blonds tombant dans les yeux, le t-shirt un peu large, sombre de préférence, il ne dépare pas de son groupe. Lui aussi semble avoir reconnu ma démarche particulière, et son regard devient tout à coup un peu gêné. On se croise, échange un "bonjour" à mi-voix. Rien de plus.

Et, il y a deux semaines, il était fier de terminer son caté ! Avec les autres confirmands, il a exprimé sa foi, avant de s'entendre dire "baptisé dans la paroisse de ton père, tu es confirmé dans la paroisse de ta mère...". il a été accueilli comme un adulte dans la foi par toute la communauté, réunie ce jour-là en plein air car le temple était trop petit !

L'adolescence est un âge de paradoxes... Dur, dur d'être fils de pasteurs !

samedi 05 juin 2010

Comment vivre l'oecuménisme ?

Quand on parle d'oecuménisme, il y a plusieurs aspects (et autant de définitions que de personnes qui en parlent, mais c'est une autre histoire). La théologie d'abord, qui considère les tenants et les aboutissants de la situation actuelle, qui analyse les défis, les enjeux de notre temps, les progrès déjà faits, pour essayer d'aller de l'avant, de faire un pas de plus sur un chemin vers l'unité. C'est ce qui s'enseigne en fac de théo, mais qui est sans doute aussi ardu à enseigner qu'à apprendre...

Et puis il y a la pratique. La "vraie vie"... Hier soir, dans ma paroisse, se rassemblait un groupe oecuménique, au sein duquel se trouvaient des catholiques, des anglicans, des réformés. Un chant pour se mettre en condition (physique et spirituelle), la lecture d'un texte de la Bible (en l'occurrence le psaume 42), une discussion (souvent animée, parfois contradictoire mais toujours intéressante), puis un moment de partage autour d'un repas. J'apprécie beaucoup ce groupe et l'esprit qui y règne. C'est ouvert, chaleureux, on s'y sent un peu comme chez soi, d'où qu'on vienne, car les sourires et l'écoute sont présents en permanence. La parole y est libre, loin d'une morale qui pourrait paraître surannée ou des contraintes du quotidien, très loin des querelles de chapelle et encore plus loin des points d'achoppement théologiques.

Mais... il y a un "mais". Ce groupe existe depuis plus de trente ans. Les mêmes habitués s'y retrouvent et se sont vus vieillir ensemble. La technique de partage autour d'un texte biblique a été éprouvée et approuvée. C'est sans doute ce qui en fait l'esprit "famille". Le seul bémol, c'est que les membres ont aujourd'hui pour la plupart plus de soixante ans. Ils ont vu, vécu Vatican II en direct, profité du vent d'oecuménisme et de fraternité qui a soufflé à ce moment. Ils se sont rendus compte que partager la Bible, discuter autour de ces textes fondateurs, c'était fonder les bases pour commencer un chemin côte à côte. Mais ce groupe est resté figé dans cette réalité. Aujourd'hui, il existe une autre situation : la mienne et celle de milliers d'autres couples mixtes ou d'enfants "mélanges". Les questions ne sont plus vraiment celle de partager un texte fondateur ; c'est désormais acquis. Les questions aujourd'hui dans les familles mixtes sont celles du mariage, du baptême, de l'éducation des enfants, et d'un accueil à la même communion, qu'on l'appelle eucharistie, sainte cène ou qu'on imagine un sacrement nouveau...

Les Eglises ne sont pas très "chaudes" pour répondre à ce genre de questionnement. Dixit le curé de ma paroisse : "on veut bien participer, pas proposer". Partager sur la Bible ensemble, c'est très bien. Pour le reste, à chacun de galérer, trouver ses réponses tout seul en fonction des discours des uns et des autres (pas forcément les mêmes d'un pasteur à l'autre, d'un prêtre à l'autre, d'un évêque à l'autre...). Oui, j'aime l'esprit de grande famille de ce groupe d'anciens très chaleureux. Mais parfois, j'aimerais bien qu'on débatte un peu sur d'autres questions, dont je sais qu'elles se posent aussi à d'autres familles de nos paroisses...

mercredi 02 juin 2010

L'événement du jour

Quand la fatigue prend le pas sur l'enthousiasme,
quand la monotonie de la routine pèse,
il suffit d'un petit rien pour reprendre espoir, pour retrouver la joie...

A la maison, de façon classique,
ou plus insolite dans le cabinet d'un médecin,
c'est là qu'elle a choisi de faire son progrès du jour...

Une main, un pied, une rencontre,
de minuscules orteils qui croisent d'aussi minuscules doigts,
un éclat de rire quand elle s'est rendue compte des nouvelles possibilités ouvertes !

Un coup d'œil à sa sœur,
un peu comme pour dire :
"T'as vu, hein, c'est chouette ce que je viens de trouver là !".

La grande sœur qui accompagne le rire
et traduit pour les parents : "Oh, regarde, elle a pris son pied !".
Rire général devant le double sens de l'expression...

Merci mes puces, merci mon Dieu pour cet éclat de soleil dans ma journée :)

mercredi 26 mai 2010

L'Esprit Saint, commis d'office !

J'aime la fête de Pentecôte... Sans doute autant que celle de Pâques. D'une autre manière, en tout cas, plus profonde peut-être.

L'évangile selon Jean nous donne l'Esprit comme guide. Il y est appelé le défenseur... Un avocat idéal ! Et qui nous est donné gratuitement... Il suffit de croire en la grâce de Dieu, nous dit la Bible ! C'est pas beau ça ?

Et puis, Pentecôte, c'est l'accueil des confirmands au temple... L'entrée d'ados dans le monde des adultes, leur participation en tant que membres à part entière à la Sainte Cène. C'est toujours une grande joie de voir ces enfants persévérer et parvenir à passer cette étape !

La joie de l'Esprit est grande... et le mieux, c'est qu'elle nous accompagne partout ! :)

lundi 17 mai 2010

Unité... et solidarité

In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas.
(Dans les choses nécessaires, unité ; dans le doute, liberté ; en tout, charité.)

C'est sur cette maxime, attribuée à divers auteurs (Saint Augustin, Vincent de Lérins, Peter Meiderlin, Richard Baxter...), que le prêtre a construit hier matin son homélie. Un discours sur l'unité que, je dois bien l'avouer, j'ai trouvé sujet à questions et interprétations. Si je suppose que je me trouvais en public catholique, le prêtre parlait probablement de l'unité de l'Eglise catholique... mais ses propos pouvaient laisser à penser qu'il parlait de l'ensemble des chrétiens ! Et dans toute son homélie, jamais il n'a clairement dit s'il parlait d'unité catholique ou d'unité chrétienne... Un peu comme si dans son esprit, c'était la même chose...

Ce qui m'amène à poser deux questions :

  • Malgré toute la bonne volonté que l'on peut mettre par ailleurs (pour prier ensemble, œuvrer ensemble dans la solidarité ou la lutte contre la torture par exemple), comment faire l'unité si chacun considère que les autres sont inférieurs à lui et doivent adhérer à son parti ? L'unité, pour les catholiques, signifie-t-elle ramener tous les chrétiens dans le giron de Rome ? Pour les orthodoxes, faire adhérer toute la chrétienté au rite oriental ? Dès lors, comment répondre au vœu de Jésus exprimé en Jean 17, 21, "qu'ils soient un comme nous sommes un" ?
  • Qu'est ce qui prévaut pour distinguer le nécessaire du reste ? Le prêtre parlait hier du nécessaire en citant le credo. Je l'ai apprécié, car c'est effectivement un élément commun à tous les chrétiens (si ce n'est que le terme "catholique" du symbole des Apôtres ou de Nicée-Constantinople est à prendre dans son sens grec !). Le credo est la base de notre foi que nous partageons tous. Mais ensuite, comment décider de ce qui est nécessaire ou non ? Les sacrements ? Le culte des saints ? Le(s) ministère(s) ? La façon de commémorer la Sainte Cène ? La liturgie ? Qui doit décider, sur quels critères ?

Puis, au temple, le culte avait pour thème l'entraide. Entre paroissiens, envers les autres, chrétiens ou non. Chercher l'aide de l'Esprit Saint pour mieux se mettre au service : des autres, de son prochain, du plus petit. S'il y a quelque chose qu'on sait faire en commun, nous les chrétiens, c'est bien cela : aider son prochain, se mettre au service des autres, parfois au détriment de son propre équilibre.

Alors, l'unité, si on la commençait par là ? Échanger un sourire, apprendre à se connaître, aller à la rencontre de l'autre, partager sa détresse et peut-être s'aider mutuellement à se relever...

mercredi 12 mai 2010

Internet = danger

Ca n'est pas nouveau, mais certains semblent le découvrir... Internet, et en particulier ce qu'on appelle les "réseaux sociaux", est à manier avec beaucoup de précautions.

Imaginons un moment un vaste domaine, disposant de salles plus ou moins vastes, avec des ambiances allant du heavy metal au chant grégorien en passant par le funk, pour se retrouver tranquillement en groupes (allant de 3 à 500 personnes, voire plus). Vous pouvez y entrer gratuitement, vous laissez juste votre carte d'identité au portier, en échange de quoi il vous remet un badge spécial qui prendra en compte toutes vos activités. Tout ceci est gratuit, vous êtes simplement sous le couvert de caméras de surveillance en permanence, et votre image est diffusée à qui veut la voir, sur des écrans géants tout autour de la propriété (oui oui, y compris quand vous passez au petit coin ou vous livrez à des activités interdites aux enfants avec votre conjoint du moment). Quand on se met sur un plan physique, il me semble qu'on voit tout de suite le danger de la chose.

Internet, c'est ça : une vitrine. Il ne faut jamais oublier que tout ce qu'on y met est susceptible d'être vu par n'importe qui. Est-ce que vous laisseriez votre carte de visite au premier passant dans la rue qui vous demande votre numéro de téléphone ? Je ne crois pas. Ainsi, il y a des précautions de base à prendre sur le net, comme dans la rue :

  • Ne pas donner son nom réel, utiliser son prénom ou un pseudonyme (sauf si vous êtes déjà un "personnage public" : élu local ou national, people, prêtre, pasteur...).
  • Ne jamais divulguer son adresse exacte si on ne connaît pas précisément la personne à qui l'on s'adresse.
  • Ne pas donner de numéro de téléphone. Si quelqu'un sur qui vous avez des doutes tient à avoir un moyen de vous contacter, donnez une adresse mail (réelle ou bidon, d'ailleurs).
  • Un peu plus subtil, mais pas tant que ça : ne confiez pas vos mots de passe à votre navigateur, et fermez systématiquement votre connexion lorsque vous avez terminé ce que vous aviez à faire sur un site (achat, jeu en ligne, commentaire sur un blog, discussion en ligne, etc).

Sur ce blog, j'ai déjà expliqué pourquoi je tenais à l'anonymat. Vous ne trouverez pas ici de photo de moi, ni nom, ni adresse. Idem sur mon profil Faceb**k. J'ai d'ailleurs longtemps hésité à en créer un, car depuis la création de cet espace j'ai senti le danger inhérent à ce type même de structure. L'informatique est mon métier, internet un de mes outils de travail. Un policier utiliserait-il ses menottes pour s'enchaîner lui-même à un lampadaire ?

mardi 04 mai 2010

Donner

Dimanche, en route pour l'église puis le temple... Je regarde le contenu de mon porte-monnaie et réprime une grimace de dépit : un peu de petite monnaie puis un billet, rien de "moyen", pas de petite coupure. Je pense "Grmph, je devrai donner plus que prévu"... Et aussitôt, j'ai honte !

Réfléchissons un peu : combien sommes-nous prêts à mettre pour une heure qui améliorerait notre bien-être ? Entre 50 et 80 euros pour une heure de massage, 80 euros pour une manucure après sauna ou hammam, 110 euros pour deux heures de cérémonie du thé japonaise ? Ou plus modestement, environ 4 euros pour une entrée de piscine, ou 10 euros pour une séance de cinéma...

Ou alors : quelle somme acceptons-nous de verser pour un service à domicile ? 50 à 70 euros pour un cours particulier ou une réparation informatique, 15 à 30 euros pour un service de ménage ou repassage, 30 euros pour une soirée de baby-sitting...

Et pour Dieu ? Combien vaut une heure pour un sacrement qui nous donne la vie ? Combien vaut une heure pour entendre la parole qui guide notre existence ? Sûrement davantage que la pièce ou le petit billet que je glisse habituellement dans la corbeille de l'offrande...

Alors, dimanche, ma grimace s'est transformée en sourire. Et le billet est parti dans la corbeille. J'espère que je me souviendrai plus souvent de ce que je dois à Dieu...

mardi 27 avril 2010

Interdit d'interdire

Ces derniers temps, je me sens des pensées rebelles, comme le besoin d'un vent de folie, d'utopie d'un monde meilleur comme il pouvait en souffler en mai 68...

Interdire la burka ? Confusion des termes, confusion des genres, confusion des situations... Ce dont on parle n'est pas la burka des talibans, celle qui fait peur, qui est dangereuse car restreignant le champ visuel, étouffant les sons, empêchant les mouvements, transformant les femmes en fantômes. Non, ce dont on parle, c'est d'un voile dit "intégral", un habit appelé niqab dont une partie couvre le visage, un peu comme certains s'emmitouflent entre écharpe et bonnet en hiver. Si ceux-là peuvent se cacher sous prétexte du froid, pourquoi d'autres ne pourraient-elles pas se cacher sous prétexte de pudeur, de timidité, de protection ? Et qu'appelle-t-on "voile intégral" ? Parle-t-on du niqab exclusivement, ou bien cela engloberait-il les habits des soeurs chrétiennes ?

Interdire "pour la bonne cause" ? Laissez-moi rire... Que feront les femmes qui sont réellement obligées par leur mari à porter le niqab ? Ne seront-elles pas purement et simplement cloîtrées chez elles ? Quant à celles qui le laisseront de côté pour cause d'interdiction, combien d'entre elles subiront outrages et insultes ? Combien se sentiront agressées par notre société française où la "femme libérée" se doit d'avoir une sexualité débridée et montrée sur la place publique ? Tant qu'on y est, pour la bonne cause, pourquoi ne pas interdire les slips des ados apparents sous des jeans qui béent ?! Ce ne serait pas une bonne cause d'hygiène et d'esthétisme, ça ?

Heureusement, de la façon dont c'est présenté pour l'instant, il y a fort à parier que le conseil constitutionnel retoque le projet de loi... Si ce n'est la burka, interdisons la fessée, renchérissent les empêcheurs de vivre en rond ! "Vous n'imaginez pas combien d'enfants grandissent psychiquement choqués par une fessée !" nous disent les pédiatres. On imagine tellement mal, qu'eux-mêmes sont incapables de donner ne serait-ce qu'une estimation. Par contre, dans les pays où l'interdiction est déjà en place, on a vu des enfants se retourner contre leurs parents, des parents devenant laxistes de peur de cette loi, puis menacés par leurs enfants qui leur disent "de toute façon, tu n'as pas le droit de me toucher"...

Soyons honnêtes : dans l'éducation de mon ainée, qui a bientôt quatre ans, il m'est arrivé de céder à la fessée. Pas de gaité de cœur, oh non, ni parce qu'une "bonne fessée, ça remet les idées en place", comme je l'ai entendu dire. Mais parce que sous le coup de l'énervement, le trop plein de bêtises accumulées, les bornes sont dépassées, et qu'il faut bien le faire sentir, d'une manière ou d'une autre. Évidemment, ça fonctionne une fois, deux peut-être, ensuite l'enfant n'a plus peur des fessées, ou alors se ferme tellement qu'il n'y a aucune valeur pédagogique à ce geste. Alors on passe à autre chose : chez nous le plus efficace, c'est la punition sur la chaise...

Et si on laissait les gens être un peu intelligents, plutôt que leur dire ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire à chaque étape de leur vie ? "Va à l'école, bosse, fais de longues et prestigieuses études, gagne ta rolex avant cinquante ans, aie femme, maîtresse et enfants, sinon t'es pas un homme". C'est ça la vie ? "Surtout ne met pas de niqab, aie des enfants mais ne leur donne pas de fessée, prends autant d'amants que tu veux mais veille à ce qu'ils mettent des préservatifs..." Ça ne paraît aberrant à personne ?? Si on laissait plutôt les gens être responsables ? Quand on ne s'acharne pas à "vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola", c'est possible d'avoir des gens qui pensent, et qui réfléchissent même, si, si !

mardi 20 avril 2010

Etre et avoir

Loin de l'audience d'un certain docteur, de son mauvais caractère et de ses idées farfelues mais néanmoins parfois géniales, ils étaient là, relégués sur une chaîne documentaire de la TNT. Le maître et tous ses petits acolytes, de 4 à 11 ans...

Ce sont des temps et des lieux qui me paraissent lointains. Des temps où le principal souci était de savoir si ma mère serait à l'heure pour venir nous chercher, à quatre heures et demie... Des lieux où le trafic n'était pas embouteillé mais où avoir le permis était indispensable, où la principale inquiétude était la météo, non pour savoir comment s'habiller mais pour orienter les activités : semis, moisson, mise des bêtes au pré, vaccination, écornage... Des temps et des lieux où la Star Ac' n'avait pas sa place, et où le principal défi était de ramener la meilleure note possible, parce que le maître avait confiance en nous, s'occupait de nous si consciencieusement qu'on ne voulait pas le décevoir.

C'est aussi un lieu si particulier, une classe unique ! Un endroit où chaque personnalité a sa place, où chacun est pris tel qu'il est. Selon son niveau, son handicap, son âge, ses facilités... C'est un endroit d'intégration, bien davantage que des classes "aménagées" que l'on s'échine à mettre en place de manière artificielle, sans tenir compte de l'humain. Ici l'humain est primordial, qu'on le veuille ou non. La classe n'est pas qu'une classe, elle est un lieu de vie, une communauté, une société miniature où on fait tous les apprentissages, depuis la lecture jusqu'à l'honnêteté, en passant par la pâte à crêpes...

C'était un autre lieu, un autre temps. J'espère juste que, dans mon environnement parisien d'adoption, je saurai transmettre à mes enfants tout ce qu'il me touche de revoir dans ce documentaire.

lundi 12 avril 2010

C'est trop facile...

C'est trop facile d'entrer aux églises, de déverser toute sa saleté, face au curé qui dans la lumière grise, ferme les yeux pour mieux nous pardonner...

C'est ainsi que chantait Brel dans Grand Jacques... C'est aussi l'impression que me laissent un grand nombre de personnes, dont je dirais volontiers qu'elles "hurlent avec les loups". Ouh, les vilains curés, qui sont tous des pédophiles en puissance ! Ouh, la vilaine Eglise, qui protège tous ces affreux bonshommes ! Ouh, l'horrible pape, à la tête de tout de ramassis de clercs malfaisants, et qui a sans doute été lui-même impliqué, il n'y a pas de fumée sans feu, après tout, hein ?! Et de toute façon, tout ça, c'est parce que les prêtres sont obligés d'être célibataires, on les autoriserait à se marier, ça n'arriverait pas... Ces discours sont tenus par des gens bien-pensants, qui estiment être "réalistes", qui finissent par penser réellement ce qu'ils disent. Jusqu'à des blogueurs habituellement mesurés comme Authueil, que j'admire pour sa capacité à démêler pour des "mékeskidis" comme moi les noeuds de l'Assemblée, mais qui dès qu'il s'agit de catho-bashing, est particulièrement violent...

Brel dans sa chanson, continuait ainsi :
Tais-toi donc, grand Jacques, que connais-tu du bon Dieu ? Un cantique, une image, tu n'en connais rien de mieux...

C'est trop facile de céder à la critique sans connaître. Ca n'est pas mieux de laisser libre cours à sa colère. Voilà pourquoi j'ai mis un certain temps avant de réagir. Même si je savais que je le ferais. C'est trop. Trop monté en épingle, trop de souffrances, trop de rancoeurs accumulées, trop de mots utilisés comme des armes sans qu'ils veulent dire la même chose pour l'un et pour l'autre, trop d'amalgames. Alors je vais essayer de résumer ce que je pense des scandales de pédophilie dont on parle à propos des prêtres :

  • Détruire un enfant en utilisant sa sexualité en devenir, c'est immonde. C'est irréparable. La seule chose qu'on peut faire, c'est prier pour eux et elles. Parce qu'aucune condamnation, aucune compensation financière ne peut rendre ce qui a été perdu dans un tel gâchis.
  • Utiliser un "statut", une position d'autorité, c'est un facteur aggravant.
  • Généraliser le cas de certaines exceptions à toute une catégorie, c'est du grand n'importe quoi. Pour les prêtres comme pour les professeurs, les boulangers, les animateurs de centres de vacances ou je ne sais quelle autre "catégorie" de personnes en contact avec des enfants.
  • Utiliser une cible comme une religion déjà battue en brèche par une sécularisation avançant à vitesse grand V depuis un demi-siècle, c'est l'assurance d'avoir "l'opinion publique" avec soi. Peu importe à quel prix, y compris celui de l'approximation...

Certains l'ont déjà dit mieux que moi, avec force arguments autrement plus fouillés : Koz et Armagilus chez les Sacristains, Natalia, Bashô chez le Chafouin... D'autres, au fil des jours, des articles et des attaques, ont dit leur souffrance, en plein coeur d'un Carême qui s'est révélé particulièrement éprouvant : David, Emmanuel, un ami chez Zabou...

Et puis, finalement, un manifeste de tous ceux qui refusent cet acharnement, est là, prêt à être signé : l'appel à la vérité. Parce que le Christ est venu pour tous. Pour nous sauver.

dimanche 04 avril 2010

Il est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité... C'est la meilleure nouvelle de ce début d'année, non ?

Heureuses Pâques à tous !

lundi 29 mars 2010

L'importance du contexte !

En rentrant ce soir à la maison, ma fille me demande de l'eau. "Un g'aaaaaand ve'e, j'ai t'ès t'ès soif !" me précise-t-elle. Je dépose sa petite soeur, me dirige vers la cuisine et m'apprête à lui servir un grand verre d'eau, mais pendant ce temps, elle a ouvert le placard où sont rangés les verres... Et me dit, avec un sourire jusqu'aux oreilles "Dans la tasse avec Bou'iquet !", me tendant ladite tasse... Je n'ai pu m'empêcher de rire. C'est certainement bien meilleur de boire dans une jolie tasse que dans un bête verre, fut-il grand !

Suite de soirée, appel de ma grand-mère en détresse sur son ordinateur. Elle ne parvient pas à lire ses mails, malgré mes instructions qu'elle a soigneusement notées lors de mon dernier cours. La description qu'elle me fait de son écran me donne des indications suffisantes pour que j'imagine le point épineux. Je lui précise alors où cliquer pour afficher le message voulu.
"Je clique à gauche ?" me demande-t-elle.
- Oui, le bouton gauche.
Mais le résultat n'est pas vraiment celui attendu : c'est le résultat d'un clic droit de la souris. Je pense à une mauvaise manipulation d'une personne débutante (à 82 ans, elle est en droit d'avoir quelques hésitations !), et insiste sur le fait de cliquer avec le bouton gauche... Même punition. C'est alors que l'explication me vient en tête, c'est un peu gros mais...
- Dis-moi, le fil de la souris, il est dirigé vers le haut ou vers toi ?
- Vers moi, pourquoi ?
- OK, alors tu retournes la souris, tu mets le fil vers le "haut", et tu vas cliquer avec le vrai bouton gauche...
Bizarrement, sa souris fonctionnait mieux, elle m'avait dit un peu plus tôt avoir des difficultés à "amener la flèche en haut à droite"...

dimanche 28 mars 2010

Du rire aux larmes ?

L'an dernier, j'avais déjà fait un billet concernant le dimanche des Rameaux. Cette année, j'ai beau connaître les différences de célébration, je ne réussis pas à participer pleinement. Il y a trop de différence : joie de la montée triomphale de Jésus à Jérusalem, souffrance extrême de la Passion...

Tout cela éveille en moi des réflexions aussi diverses que contradictoires. Mais au cours de l'année écoulée, ma recherche personnelle, les contacts que ce blog m'ont permis d'établir, mes premiers pas en théologie, m'ont donné à discerner. Voir plus loin que les événements ponctuels. Chercher plus profond que dans la (pas toujours) simple actualité. Apprécier les contextes des célébrations, autant que de l'écriture des textes. Apprendre les subtilités historiques qui mettent les susceptibilités à fleur de peau. Fouiller les symboles chers à chacun, voir au-delà de ce qui peut paraître une superstition.

La différence de célébration du dimanche des Rameaux est le point le plus divergent de deux chemins qui se croisent, s'éloignent pour mieux se retrouver, de Noël à Pâques, puis à Pentecôte. Des sentiers qui se sont créés au fil du temps, des traditions, des antagonismes ou des rapprochements.

De tout coeur, j'espère que de multiples petits "raccourcis" relieront ces routes... Le premier pas n'est-il pas de profiter des occasions de se retrouver ? Rendez-vous dimanche prochain, à l'aube !

- page 1 de 6