mardi 08 août 2017

Acte manqué ?

Je n'ai pas beaucoup dormi. La journée a été longue, sans temps morts. Passer du bureau à mes livres de théologie, en français ou en anglais, sur la pause déjeuner et en soirée. Un dîner rapide, un peu de chocolat pour le moral, un bon litre de tisane pour garder les neurones au chaud et les yeux ouverts.

Par prudence, j'ai choisi de rester à la table de la cuisine, sur un tabouret. Vu mon état de fatigue, une installation plus confortable aurait irrémédiablement sapé mon travail par un assoupissement aussi traître que rapide... Il faut que j'y arrive. Reprendre les ouvrages que j'ai déjà lus, mes notes, un autre que je feuillette... Tiens, celui-ci est d'une lecture plus abordable, j'aurais peut-être dû commencer par là pour m'éviter le découragement du week-end.

Mobiliser mes idées : quelle problématique poser ? Le piège, quand on prépare ses propres examens, c'est que la variété du choix masque la précision dont on doit faire preuve. Mes premiers essais, il y a deux mois, ont été sévèrement rabroués. Trop vague, trop général, bibliographie pas assez élaborée, questions hors sujet ou propos erronés.

Minuit. Mes deux sujets sont écrits. En une page, problématique, source, bibliographie. Prêts à être envoyés. J'ouvre ma boîte mail, recherche les adresses... Professeurs, assistantes, et la coordinatrice des cours à distance. Elle suit tout ce qu'on fait, et nous aide à l'occasion. Elle est une personne clé pour nous, les étudiants à distance, un peu notre bonne fée. J'écris mon mail, présente mes sujets, explique mes difficultés : en plein été, impossible de trouver certaines sources anglaises, même en jonglant entre les périodes de fermetures des diverses bibliothèques...

Ouf, c'est fait ! J'ai bien travaillé, je vais pouvoir dormir un peu... Sereinement... J'éteins, commence à ranger mes affaires. Je me réjouis déjà de la perspective de mon lit qui m'attend, et... "Meeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde !"

Je rallume mon ordi, rouvre ma boîte mail.

Re-bonsoir,

Avec les pièces jointes, c'est mieux.
Je vous prie d'excuser ma distraction.

Bien à vous,
Tigreek

Maintenant, je peux aller me coucher. J'en ai besoin, je pense.

vendredi 04 août 2017

Catho-paganisme ?

Et voilà, nous sommes le vendredi 4 août, bientôt le week-end, en musique bien sûr. Très bonne fête aux Vianney, et aussi aux Jean-Marie...

Huh ? Il m'a fallu quelques secondes pour réaliser que le 4 août, l'Eglise catholique fête Saint Jean-Marie Vianney, ancien curé d'Ars et patron des curés... Et que l'animateur de radio a juste repris les deux noms. J'ai trouvé l'intervention incongrue... Même si Nominis me dit qu'effectivement, les personnes prénommées Jean-Marie, Vianney, mais aussi Darcy, Elouan, Violette ou Aristarque célèbrent leur fête ce jour-là.

Je pense que c'est l'accolement des deux prénoms, sans aucun lien fait par cet animateur de radio, sans donner aucune référence historique et/ou religieuse, qui m'a semblé étrange. Puis j'ai réfléchi quelques secondes, et je me suis dit que les personnes ayant eu la même réaction que moi avaient dû être bien peu nombreuses... Non pas à cause de l'heure matinale pour une période estivale plutôt propice aux grasses matinées... Non pas à cause d'une diffusion restreinte de la radio en question... Plutôt à cause du public cible de ladite radio et de la perte d'une certaine culture religieuse.

Par ailleurs je lis un ouvrage de Paul Veyne[1], historien, sur la conversion de Constantin, et le basculement de l'antique Empire Romain du paganisme vers le christianisme. Dans cet ouvrage, l'auteur explique que le "virage" du changement de religion s'est pris d'abord dans les couches sociales les plus cultivées, instruites. Puis ce sont les "fonctionnaires" de l'Empire qui sont progressivement devenus chrétiens, puisque ça devenait "tendance"... Enfin l'ensemble de la population devient chrétien par coutume. Paul Veyne explique ainsi :

Popularisé par les miracles des reliques, le charisme de certains et l'autorité des évêques, ce christianisme coutumier sera automatique et sincère comme les autres coutumes, et dissymétrique comme elles : on les respecte sans savoir pourquoi, on s'indigne si elles ne sont pas respectées.
Op. cit., p.172

Est-ce que ce n'est pas ce qu'on observe à notre époque également ? Le catholicisme en France, après avoir été religion d'Etat, est devenu minoritaire sous la forme de religion pratiquée (je n'ai pas cherché de statistiques fiables à ce sujet). Mais une majorité de familles cherchera tout de même à accomplir les actes importants de la vie (naissance, adolescence, mariage, décès) selon le rite coutumier.

Note

[1] VEYNE, Paul, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin Michel, 2007, 322p.

jeudi 03 août 2017

La maladie des légumes

En vacances, Marion, 7 ans, lit un livre à plat ventre par terre : le loup en slip[1].

Tout d'un coup, elle est prise d'une quinte de toux. Lorsque la toux se calme, je lâche un "Eh ben !" qui devait avoir un ton quelque peu alarmé, car elle s'est empressée de me rassurer : "ne t'inquiète pas, j'ai pas mal à la gorge, c'est pas une aubergine"...

J'ai eu quelques secondes d'arrêt avant de lui dire "Je pense que tu parlais d'une angine plutôt, non ?"... :)

Note

[1] Que je conseille à tous, petits et grands... C'est important, le confort ;)

vendredi 07 juillet 2017

Un arc en ciel entre les nuages

J'ai pris les chips, celles que j'aime bien avec des carottes, panais, betteraves. Ça change des sandwichs ou de l'assiette de riz... Par gourmandise, j'ai pris aussi la barre de chocolat, celle avec des petits grains de sel dedans.

Quand j'ai réglé, le serveur m'a souhaité une bonne fin de journée. Comme je lui répondais en le remerciant, il m'a dit "gardez le sourire !". Rien que ça, ça donne juste envie de le laisser accroché jusqu'aux oreilles... La soirée semblait prometteuse !

J'étais encore sous l'effet du film, encore un peu dans l'ambiance. L'enchaînement d'émotions intenses, la beauté terrible et dangereuse du feu, la joie d'une naissance, le drame de la mort qui se noue tous les jours dans la vie des pompiers[1]...

J'ai pris mon temps pour déguster le petit paquet de chips. Le soleil commençait à descendre derrière l'Arche. Ses rayons jouaient dans les nuages, qui galopaient et changeaient au fil du vent. La chaleur de la journée était tombée, la soirée était douce.

arche_nuages.jpg

Je tapotais quelques mots sur mon téléphone. Trois fois rien, des impressions, des associations d'idées, des mondes mélangés, des images enchaînées...

Il y a eu une goutte sur mon écran. Puis deux, puis trois. J'ai levé la tête, et c'est là que je l'ai vu. Le pont dans le ciel[2].

arc_en_ciel.jpg

J'ai placé mon arc dans la nue, et il servira de signe d'alliance entre moi et la terre. Quand j'aurai rassemblé des nuages au-dessus de la terre, l'arc paraîtra dans la nue ; et je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous, et tous les êtres vivants, de toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. L'arc sera dans la nue; et je le regarderai, pour me souvenir de l'alliance perpétuelle entre Dieu et tous les êtres vivants, de toute chair qui est sur la terre.
Genèse 9, 13-16

Depuis que je suis enfant, j'ai associé cette promesse de Dieu à la vue d'un arc en ciel... Un signe d'espoir, un rappel, un "clin-Dieu", dirait Corine :-)

Vraiment, c'était une belle soirée qui commençait.

Notes

[1] Les Hommes du feu, de Pierre Jolivet, sorti le 5 juillet

[2] Le titre de ce billet est un clin d'oeil à "L'Espace bleu entre les nuages", de Cosey, auteur de BD que j'aime beaucoup

lundi 03 juillet 2017

Tornade domestique

C'est un dimanche de début d'été... J'ai célébré le culte, et les filles sont venues avec moi. On a parlé avec les enfants du prophète Elisée[1], de comment il était accueilli à Chounem, de la façon dont nous on aimerait recevoir Jésus ou Dieu, s'il leur prenait l'envie de venir nous voir. Avec les adultes, on a travaillé le texte de Matthieu[2], vu comment on faisait pour devenir digne de Jésus, et que ce n'était pas si difficile que ça, et même simple comme un verre d'eau !

De retour à la maison, je m'asseois dans le salon pour lire un article... Quand tout d'un coup, j'entends une drôle de ritournelle qui vient de la cuisine...

La vai-vai, la vai-vai, laver la vaisselle,
les gaga, les gaga, les gaga-gamelles,
c'est charmant d'essuyer les assiettes,
les couteaux, les cuillères, les fourchettes,
ça fait passer le temps et le mal de tête,
c'est meilleur que les médicaments...

Je passe une tête intriguée dans l'embrasure de la porte et je vois Marion, 7 ans, qui a pris son marchepied pour être à la bonne hauteur, et s'est installée face à l'évier pour faire la vaisselle ! Tout en chantant et jouant[3], elle a consciencieusement nettoyé l'ensemble des ustensiles...

Il paraît que l'Esprit Saint souffle où il veut... Ce midi-là, manifestement c'était dans ma cuisine ! :)

Notes

[1] 2 Rois 4, 8-10

[2] Matthieu 10, 37-42

[3] Oui, j'ai évité l'inondation, mais le t-shirt a pris sévère... Il est propre aussi ! Ou pas...

jeudi 23 février 2017

Lion

C'est l'histoire d'un petit garçon qui est perdu... Loin... Très loin de chez lui... Sans connaître autre chose que le nom de son village et celui de son grand frère, celui qu'il a pris comme modèle et qu'il veut suivre partout...

Adopté, encore plus loin, le petit garçon devient un homme. Nouvelle maison, nouvelle langue, nouveaux parents.

C'est l'histoire d'un homme qui se demande qui il est, d'où il vient... Le petit garçon sait bien que sa mère l'a cherché, sans relâche. Peut-être qu'elle le cherche encore ?

C'est une lutte pour la survie, c'est une quête de sens, une recherche d'identité... Pour devenir ce que l'on est, il faut savoir d'où l'on part... Même si ça se trouve à l'autre bout du monde.

C'est une histoire incroyable et vraie... Une petite tranche de vie en Inde... Ce pays à la taille d'un continent, où l'on parle plus de vingt langues officielles ! Où la moindre ville prend des proportions gigantesques, où les chiffres donnent le vertige... On parle en milliers, en millions... Il y a des gens, toujours, partout. C'est un peuple de fourmis, travailleurs inlassables, éternels optimistes, toujours à se relever, et le groupe pourvoit aux besoins de l'individu... D'une façon ou d'une autre.

Bien sûr, comme partout, la vie y est dure quand on est sans le sou. Pourtant... Ils ne baissent pas les bras. Ils se passent un tuyau, enchaînent les petits boulots, trouvent un peu d'eau pour se laver, quelque chose à manger... Ils "se touchent les antennes", comme m'a dit un jour un collègue à propos de "nos" développeurs indiens... Ils sont rapides et efficaces !

C'est l'histoire d'un petit garçon qui s'est perdu... Et d'un homme qui se construit. "Tu seras un homme, mon fils", disait Kipling, lui aussi familier de ces lieux...

mercredi 15 février 2017

Et les mistrals gagnants

Du rire et des larmes...

Du rire quand ils utilisent le vocabulaire médical, précis, technique, et qu'ils le racontent avec leurs mots d'enfants.

Du rire encore quand ils font des bêtises avec leurs frères et soeurs, plus grands ou plus petits.

Des larmes quand on voit les grimaces lors des soins, la peur de la douleur, leurs larmes qui viennent, pas si souvent... Ils sont vaillants !

Du rire quand on les entend avec leurs perspectives d'avenir, quand ils se souhaitent "copains pour la vie !" du haut de leurs six ans... Et quand ils nous disent "Hakuna matata... Ca veut dire 'Pas de souci !'"...

Des larmes quand il est question de morphine, de traitements, quand les examens font mal, quand ils disent "va doucement, doucement", au médecin qui les examine... Quand ils disent "j'en ai marre" en jetant leur crayon, ou qu'ils s'endorment au milieu d'une histoire, épuisés par les médicaments, la maladie ou les deux...

Dur rire, aux larmes, quand un bonhomme de cinq ans - et demi ! - qui fait la taille d'un enfant de trois, explique en riant qu'il était malade depuis qu'il est tout tout tout bébé ! Et que quand il sera mort, là il ne sera plus malade...

Des larmes dans un sourire quand une philosophe en herbe nous dit que quand ça va pas, c'est pas grave, c'est ça la vie... On laisse tomber les choses qui nous tracassent et on vit avec...

Un rire franc quand le petit aristo de la bande discute avec Bonne Maman venue le voir à l'hôpital : "je crois que j'ai un peu la flemme... - ah oui et dites-moi, Tugdual, que fait-on quand on a la flemme ? - on fait un petit effort, je crois..."

Les larmes qui roulent dans le sourire, comme les roues des vélos, sur cette chanson de Renaud qui a donné son nom au film... D'un univers à l'autre, chacun le sien et toujours le plaisir de rouler, les cheveux au vent !

Du rire et des larmes, Ambre, Tugdual, Imad, Charles, Camille et le petit Jason nous en donnent à foison. Vous ne saurez plus si vous riez ou pleurez, si vous avez le coeur gonflé de joie ou serré de tristesse, ou simplement plein d'amour et de vie, en voyant ce documentaire. Ni à charge, ni à décharge. Pas d'argumentaire ou de démonstration. Juste une leçon de vie...

lundi 24 octobre 2016

La base

Souvent mes amis ou connaissances athées me demandent ce qu'est la foi, comment on fait pour l'avoir, si c'est plus facile... Je ne sais pas trop répondre, car je ne me souviens pas vraiment avoir "trouvé" la foi... J'ai pu m'en éloigner, mais mon bagage était toujours là, même si j'avais un passage "au désert"... C'était comme un ami qu'on a un peu perdu de vue, un coffre au trésor qu'on a laissé prendre la poussière dans un coin plus délaissé de la maison...

Et puis je me dis que c'est comme une base. Un fondement, des fondations. C'est peut-être là que la parabole de la maison sur le roc prend tout son sens... C'est là que je reviens, au fond de moi. Quand je perds pied, quand j'ai l'impression de ne plus savoir où aller... Quand trop de choses arrivent d'un coup et que je ne sais plus dans quel ordre les prendre... Ou quand la joie me transporte !

J'aime travailler en musique. Et comme beaucoup d'informaticiens aujourd'hui, je travaille en "plateau"[1], ce qui rend quasiment obligatoire le port du casque pour pouvoir focaliser son attention sur ses tâches... J'ai mes préférences, mes listes de musiques et chants favoris... Mais quand je ne sais plus quoi mettre, quand j'ai besoin d'apaisement, de calmer mon coeur et mon esprit qui s'emballent, c'est vers Taizé que je me tourne...

Gloria... Et in terra pax (Youtube)

Gloria, gloria, in excelsis deo,
gloria, gloria, alleluia !
Et in terra pax hominibus
bonae voluntatis.

Gloire, gloire, au plus haut des cieux,
gloire, gloire, alleluia !
Et paix sur la terre aux hommes
de bonne volonté.

"Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté"... C'est ce message que je voudrais porter... Universel, sans distinction, dans la richesse de nos différences, de nos talents... On en a besoin plus que jamais, non ?

Note

[1] Pour ceux qui ne connaissent pas, vous imaginez des rangées de bureaux, alignés trois par trois, sur des dizaines de mètres de long. Actuellement nous sommes environ 80 personnes, sans aucune séparation (cloison, paravent ou autre). Vous imaginez le bruit et la nécessité de s'isoler, au moins partiellement, pour se concentrer sur une tâche de réflexion comme peut l'être le développement...

vendredi 29 juillet 2016

Rencontre

C'était au bureau. Le contexte n'était pas simple, le projet "challenging", "piloté par les délais"... J'étais développeur sur le projet. Elle faisait de la gestion de projet, autrement dit, à la fois la surveillance de l'avancement et "l'huile dans les rouages" quand il y a des problèmes. De fil en aiguille, de réunions en cafés, les discussions se sont élargies, du travail à la pratique de la conduite sur circuit, puis à notre foi... Nous avons découvert mutuellement nos chemins, nos éducations, nos habitudes, nos coutumes...

La foi est une intimité. C'est sans doute pour cela que les croyants sincères ressentent souvent une fraternité instinctive les uns pour les autres, même s'ils ne la comprennent pas, ou la perçoivent confusément... Peut-être aussi est-ce la raison pour laquelle certains athées peuvent percevoir la foi comme une exclusion : de fait, c'est une logique, de rites, de pratiques, de pensées dont ils ne font pas partie...

Nous avons partagé nos convictions. Nous avons réalisé qu'au delà de vivre notre foi, nous avions commencé une démarche de recherche similaire : une licence de théologie... Nous avons peu partagé sur le contenu des cours, peu importe, c'est le chemin qui compte... Qui nous rend plus proches que beaucoup d'autres autour de nous...

Pourquoi écrire aujourd'hui ? Il s'agit de rencontre comme j'ai pu en faire d'autres dans mon parcours théologique, universitaire, religieux...

Mais aujourd'hui, la saveur est différente. Nada est jeune et militante, pétillante et compétente, amoureuse et divorcée, croyante et musulmane. Sous couvert de l'actualité terrifiante d'attentats, "on" voudrait nous opposer. Des proches s'opposent à son mariage à venir (avec un non-musulman), depuis le meurtre du prêtre il y a quelques jours. Elle est touchée et indignée par tous les commentaires qui somment les musulmans de s'élever "comme un seul homme" contre les attentats, ou qui demandent aux musulmans de "faire le ménage dans leurs rangs"...

Il y a dix-huit mois, suite à l'attentat contre Charlie-Hebdo, il m'est venu à l'esprit deux choses : "on va avoir droit à des lois liberticides" et "il faut protéger les musulmans". Je voulais me tromper. J'espérais que les politiques ne céderaient pas à la facilité du "tout-sécuritaire". Je souhaitais de tout coeur que la rancoeur ne se manifeste pas contre des croyants qui ont le tort d'avoir "la mauvaise foi"... Mais l'état d'urgence est toujours là, plus que jamais, et on se demande s'il va s'arrêter, un jour. Et les musulmans ont subi des attaques, sont la cible de tant de remarques désobligeantes... Le pire étant sans doute ceux qui clament bien fort "pas d'amalgame !" mais n'hésitent pas à généraliser telle ou telle anecdote...

Alors aujourd'hui, je ressens cette proximité avec Nada, d'autant plus fortement. Et non seulement je la ressens, mais je veux l'exprimer. Parce que nous avons une foi similaire, un mode de vie équivalent, des soucis comparables au quotidien... Nous nous ressemblons. Et ce n'est pas parce que notre foi s'exprime différemment que l'une vaut mieux que l'autre. J'espère continuer longtemps à cultiver notre amitié. C'est ma façon d'être humaniste, peut-être. C'est "ma part", pour reprendre l'histoire du colibri[1]... Parce que je ne veux pas que la haine puisse gagner les coeurs et les esprits.

Note

[1] Un jour, dit une légende amérindienne, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

vendredi 15 juillet 2016

Triste communion

Il y a quelques jours, j'entendais les nouvelles annonçant un attentat à Istanbul. La violence montant en Turquie. Je pensais à cette amie rencontrée il y a des années, alors que je commençais tout à la fois mes études et ma vie d'adulte s'ouvrant au monde... Nous avions eu des tas de discussions, sur nos cultures, nos religions, la laïcité, l'intérêt pour les autres. Elle me racontait son souhait de finir ses études de médecine en France, pratiquer peut-être quelque temps, puis retourner chez elle, à Istanbul, pour transmettre et faire grandir son pays, là-bas, ce pays qu'elle aimait profondément. J'aimais les petites étoiles dans ses yeux et son sourire un peu énigmatique quand elle nous parlait de sa famille... Alors l'actualité m'a rappelé cette amie... Nous avons perdu contact, au fil des années.

Je me demandais ce qu'elle était devenue. J'ai commencé à écrire ce billet, avec ce titre. Parce que je trouvais un peu dommage de me souvenir d'elle à ce moment-là.

Et puis il y a eu le décès de mon grand-père. Rien à voir, me direz-vous. Il est mort à 98 ans, dans son lit. Oui mais la famille s'est trouvée, momentanément, plus unie que jamais. Comme si la perte rapprochait, inexorablement.

Hier soir, un homme a pris le volant d'un camion, à Nice. Peu importent ses motivations. Il s'est cru dans un jeu vidéo peut-être, ou il a perdu toute conscience. Il a joué aux quilles. Sauf que c'était avec des vraies personnes. Quatre-vingt-quatre. Hommes, femmes, enfants, de toutes religions, de toutes couleurs, des êtres humains comme vous et moi.

Cela fait dix-huit mois que la haine explose, un peu partout, en actes aveugles. Non, la France n'est pas la seule touchée, bien sûr il y a plein d'autres drames, bien sûr il faut lutter pour tout cela. En attendant, nous sommes tous unis, dans cette triste communion.

Et maintenant ? Je ne crois pas à la force des armes. Je crois en l'éducation et en l'amour. Et je voudrais que Paul ait raison : "Là où le péché abonde, la grâce surabonde" (Romains 5, 20)...

vendredi 29 avril 2016

Poésie(s)

Marion, six ans, dans la voiture qui la ramène du centre de loisirs, en allant chercher sa soeur. La radio passe "La maladie d'amour" de Michel Sardou et je me laisse aller à chantonner les paroles, tout en écoutant le récit de la fête pour la fin des vacances, "avec des ballons et aussi, nous les grands, on a fait une chasse pour trouver le trésor !"...

Et puis tout d'un coup elle s'arrête dans son récit...
- Mais ça veut dire quoi ces mots, "la rivière insolente" ?
- ... "qui unit dans son lit les cheveux blonds, les cheveux gris"... C'est une image... Pour dire que tout le monde peut être amoureux...
- Mais ça n'existe pas !
- Oui, c'est une image, une métaphore[1], c'est de la poésie...
- C'est bizarre, quand même...
Pensant avoir trouvé une bonne image, j'ajoute :
- C'est comme la souris verte, ça n'existe pas...
- Ben si, ça existe les souris !
- Oui mais les souris, ça n'est pas vert...
- Mais siiiiiiiiiiiiiiiiiiii... C'est quand elles sont malades !

Et là, forcément, j'ai éclaté de rire :-D

Note

[1] J'utilise des mots compliqués si je veux, d'abord...

mercredi 09 mars 2016

Marche

"Marche, marche et tu verras !"

Ce sont les mots de Vincenot, "l'enfant du pays", de ma Bourgogne natale, qui raconte l'apprentissage d'un compagnon, de ceux qui travaillaient sur les chantiers des cathédrales, et son chemin jusqu'à Compostelle... Ceux qui ont déjà vécu profondément des pélerinages, courts ou longs, des chemin de croix l'auront ressenti : on peut prier par les pieds ! Marcher, mettre un pas devant l'autre, puis encore un, et ainsi de suite... Peu à peu le rythme se fait, la régularité s'impose, on prend son pas et on peut laisser vagabonder son esprit un peu plus haut que ses pieds... Parfois il s'envole directement à Dieu !

Il y a eu ce mini-camp, pendant les vacances de février, il y a des années... Une école de prière, beaucoup de partages, d'humilité, de temps d'échanges aussi... Apprendre à vivre seulement pour Dieu pendant quelques jours... Et cette marche aux flambeaux, dans la nuit, avec la neige qui était tombée. Je faisais partie des plus jeunes. A ma gauche, un des prêtres animateurs du camp, à droite une animatrice d'aumônerie. Je m'endormais presque... Pas après pas j'ai avancé, entre eux, avec ma petite flamme, guidée et poussée par d'autres petites flammes. Encore aujourd'hui je me souviens de ces pas et des prières endormies qui allaient avec... "Marche, marche, et tu verras !"

Et puis la marche ce n'est pas juste pour les pieds. C'est un verbe, c'est un nom, c'est un mot qui "marche" pour plein de choses, pour les sabots ou les bottes, les voitures, le jouet en Lego qu'on vient de construire, l'hélico en Meccano qu'on a réussi à assembler "tout seul, hein, comme les grands, même pas besoin de toi ! Ou alors juste un tout petit peu"... C'est l'effort à fournir pour avancer, même quand on tombe, même quand ça plante, quand les mots ne viennent pas, que le blog ne marche plus, que la journée n'est pas bonne, que... Et puis, à force de persévérer, enfin le sourire se dessine, on lève les bras au ciel, c'est à peine si on croit à ce qu'on voit : ça marche !!

Et encore, la marche ce n'est pas seulement à l'horizontale. C'est aussi l'obstacle à franchir, matériel ou non... D'ailleurs dans mon entreprise, quand on évoque un changement on entend souvent parler de "hauteur de marche"... Il faut lever le pied, faire un geste supplémentaire, peu naturel. Ce n'est pas un pas ordinaire, c'est une marche à monter, un niveau à passer. Plus la marche est haute et plus elle est infranchissable... Chacun son niveau... Oui mais celui qui est en haut peut donner la main à celui du dessous, et quand on met le petit sur une marche, il devient grand... Jeu de l'égalité, un peu jeu de triche pour faire un pied de nez à ce qui n'est pas très juste...

Dans nos vies, on en connaît un autre dont on sait qu'il a beaucoup marché... Il a tellement usé ses sandales sur les chemins d'Israël qu'il nous a dit : "Je suis le chemin, la vérité, la vie" (Jean 14, 6). Alors, ma soeur, mon frère, donne-moi ta main, prenons sa suite !

Marche, marche, et trouve ton chemin ! ;)

Et merci à mon amie Corine qui m'héberge aujourd'hui... C'est un peu à cause de sa provocation que j'ai écrit ce texte :)

dimanche 17 mai 2015

Une liberté nouvelle

Le synode de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF)[1], a voté ce jour la possibilité pour les paroisses de bénir les unions de même sexe.

C'est quoi un synode ?

Le synode national, pour les protestants, c'est l'instance de décision de l'institution nationale, un des rouages du système presbytéro-synodal en vigueur dans l’Église depuis la Réforme. Il est constitué des membres élus des synodes régionaux, eux-mêmes membres élus des différentes paroisses. Les 105 délégués qui ont pris la décision ce jour, ont été élus par leurs pairs pour prendre les décisions afférant à l'ensemble des paroisses d'où ils viennent.

Souvent, les décisions qui sont prises ne font l'objet d'aucune surprise. Parfois elles sont très attendues et viennent naturellement, d'autres fois, fruits d'une longue réflexion, elles sont âprement débattues avant d'être prises. Ce fut le cas pendant ces quatre jours...

Pourquoi on en parle autant ?

La plupart des pratiquants "de base" sont réticents à cette bénédiction[2]. Il suffit de faire un tour dans les paroisses et de poser la question pour se faire très vite une idée. Est-ce parce que la réflexion de chacun n'est pas allée assez loin ? C'était le pari que l'EPUdF avait pris il y a deux ans, lors du débat sur la loi, appelée de manière impropre de "mariage pour tous". Alors l’Église avait pris la décision d'attendre avant de se prononcer sur la question, préférant lancer une étude sur l'idée de la bénédiction : que veut dire bénir ? Est-ce qu'on bénit des personnes, des couples, des projets, des actions, des objets ? Pourquoi ? Est-ce une reconnaissance, un engagement, une volonté, un signe divin ? Les débats, selon les paroisses, sont allés bon train, ont pris différentes formes : conférences, échanges, cultes, ciné-débats, partages œcuméniques et j'en passe... Oui, les paroissiens ont travaillé, échangé, évolué... Chacun a pu se faire une idée plus précise de ce qui était en jeu ou non.

Certains pasteurs sont également contre le fait de bénir des unions homosexuelles, et auraient aimé que le synode empêche toute possibilité de le faire. Est-ce pour ne pas avoir à dire non ? Pour reporter sur l'institution leur propre choix ? Ou pour imposer leur vision des choses, en oubliant que l’Église a toujours été diverse ? Ils ont été environ cent cinquante (pasteurs et conseillers presbytéraux) à signer un appel demandant au synode de reporter sa décision, comme l'a fait l'UEPAL en juin dernier, décidant qu'elle ne se prononcerait pas sur la question pour le moment et remettant à une date ultérieure (plus propice ?) cette épineuse question.

Et toi, tu en penses quoi ?

Ce qui a été donné aujourd'hui, c'est une liberté. Ce n'est pas une obligation. Aucun pasteur, aucune paroisse ne sera obligée de bénir un mariage homo. Celles et ceux qui souhaitent le faire, le pourront. En toute conscience. Exercer une liberté est toujours plus difficile que d'obéir à un ordre ou se soumettre à une interdiction... Et plus beau, aussi. Parce qu'on est responsable (et pas coupable) !

Le travail en paroisse a été fait pendant deux ans, accompagné, discuté. Aujourd'hui, c'est une possibilité nouvelle qui s'ouvre. Tous, dans notre entourage plus ou moins proche, nous avons des cas concrets à mettre en face de la théorie des mots. Un de mes oncles et un de mes cousins sont homos. C'est compliqué, déjà, à titre personnel. Un peu plus encore, en famille : selon les générations, différents types de préjugés s'appliquent. Souvent la loi du silence et le tabou valent mieux que des coups de poignards dans les mots à chaque rencontre... Alors, en société... En tant qu’Église, il me semble que nous nous devons d'abord d'accueillir les personnes, telles qu'elles sont, telles qu'elles se présentent à nous, et leur témoigner en premier lieu l'Amour que le Christ a mis en exergue !

Des couples durables, il n'y en a pas tant que ça. Qui franchissent le pas du mariage, encore moins. Et qui vont jusqu'à demander une reconnaissance par l’Église, n'en parlons pas ! Qu'il s'agisse de couples "traditionnels" ou de même sexe... Dans les mois, les années à venir, je souhaite et j'espère que le temps sera pris dans les paroisses pour chaque cas qui se présente, dans la paix et la joie donnée par le Seigneur...

Notes

[1] La plus importante Église protestante, par le nombre, en France ; Église sœur de l'UEPAL en Alsace-Moselle, séparée pour cause de régime concordataire.

[2] Je dis bien bénédiction et non mariage : pour les protestants, le mariage n'est pas un sacrement, c'est pour bien distinguer la bénédiction du sacrement que j'utilise un autre terme.

samedi 28 mars 2015

Tendresse

Baptiste, dit Bibi, est un jeune médecin qui blogue, avec sourire et délicatesse, et même parfois un peu de cynisme et d'humour noir. Il blogue des histoires de soignants, de soignés, des relations surprenantes, difficiles, émouvantes, violentes, joyeuses, dures qu'il peut y avoir dans des situations toujours hors du commun, provoquées par la maladie et la faiblesse... Des fois avec ses expériences à lui, d'autres fois avec des moments relatés par des aides-soignants, infirmiers, ou patients...

On y trouve souvent des pépites... Celle d'hier m'a particulièrement touchée : la Tendresse... C'est une plume qui flotte dans l'air et donne du sens à la vie...

mardi 13 janvier 2015

Au levant

Le ciel dégagé se pare de couleurs qu'on ne trouve nulle part ailleurs... Par étages... Tout en bas, c'est la ville encore plongée dans la nuit, qui s'éveille doucement (ou qui s'endort, pour certains...), les lueurs parfois tremblotantes des lampadaires qui répondent à la lumière du levant... Juste au dessus, l'horizon gris-bleu, qui uniformise les lignes de crête des bâtiments...

Puis un rosé doux, comme signe du feu qui va arriver mais n'est pas encore tout à fait là... Encore au dessus, quelques nuages flamboient, couleur de braise, et mettent déjà le feu au ciel, prélude à ce qui arrivera dans un instant... Le regard continue à monter et croise les lignes dorées des avions laissant leur traînée de vapeur dans leur sillage, dans l'azur immense... Et tout en haut, galopant au dessus de nos têtes, les nuages dont le volume apparaît tout en contrastes, dorés côté de l'Orient, rosés par dessous, gris perle pour l'ombre...

Quelques minutes plus tard, le haut de la boule de feu apparaît, surplombant tout juste les premiers toits. Et le temps d'écrire ces quelques lignes, c'est déjà la moitié d'une sphère de braise qui illumine l'espace ! Tout s'embrase, tout ce qu'elle touche s'illumine, l'ambiance change... Le feutré de l'aurore laisse place à la franche lumière matinale... L'azur se fait profond, les nuages blanchissent et deviennent éclatants... Bonjour ! :)

J'aime ces moments fugaces, ces instants de transformation, qui permettent de passer, paisiblement et sûrement, de la nuit à la journée, de retrouver l'énergie pour toutes nos activités... Ces derniers jours, c'est aussi de quoi prendre l'énergie pour contrer la peur, la lumière contre l'obscurantisme, l'humour et l'Amour contre toutes les bêtises dont nous sommes capables...

jeudi 08 janvier 2015

Pour la liberté

Un début d'année. Des voeux. Des nouvelles, qui viennent d'un peu loin parfois. Des bonnes et des moins bonnes.

Et puis... Douze morts. Deux tireurs. Une demi-heure de furie. Et le pays en colère.

Les balles ne réduiront pas la liberté au silence. Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et les autres deviendront les martyrs de la liberté d'expression, du droit à l'humour qui ne fait pas plaisir à tout le monde, des vérités qui dérangent. Charlie Hebdo n'est pas mort, contrairement à ce qu'on pu penser (et dire) les cagoulés...

Non, je ne fais pas partie des fans de cet hebdomadaire. Un peu trop corrosif à mon goût... C'est pas pour autant que j'aie eu envie de les détruire...

Non, les gens qui font ça ne sont pas des religieux. Ils s'en prétendent, ils s'en servent de prétexte, mais ce n'en sont pas. Quelle que soit la religion qu'un croyant sincère pratique, elle mène à l'élévation personnelle, au travail sur soi...

Alors, quoi ? Surtout ne pas chercher la vengeance. Ne pas généraliser. Voir les faits, dire la colère, et continuer à vivre... Dire et redire qu'une infime minorité qui a peur et veut terroriser les autres n'y parviendra pas, tant que nous sommes déterminés à ne pas nous y laisser réduire. Répéter encore, qu'un dessin ou un sourire peut désarmer des bombes, même si aujourd'hui pour eux, ce ne fut pas le cas. Et croire enfin, que l'Amour peut tout surpasser.

dimanche 30 novembre 2014

En union, en marche, en Avent !

Ce matin, j'avais un peu la tête dans le pâté... Une fête d'enfants, des amis avec lesquels refaire le monde, ça vous occupe plutôt densément un samedi, de manière telle que le dimanche commence un peu difficilement... Amis repartis, Tendre Moitié au kendo, Grande Puce à la sortie louveteaux, Minipuce à peine réveillée... Et moi qui ai promis au pasteur une confession de foi pour le culte du jour !

Douche rapide, habillage encore plus rapide, pour Minipuce et pour moi, le bouquin de prières attrapé vite fait sur l'étagère, en quelques minutes j'avais trouvé un texte sympathique et ajouté une strophe de mon cru correspondant à l'évangile du jour... Hop, hop, c'est parti, vite vite, ouf, ça va, quelques minutes de retard seulement, le culte commence à peine. Minipuce connaît bien les lieux, je n'ai pas à m'inquiéter pour elle, elle rejoint vite les autres enfants avec des tas d'activités : des dessins, des jeux, une Bible pour enfants, ...

Je remonte l'allée centrale, direct vers le premier rang, comme d'habitude... C'est pas que je cherche à me mettre en valeur ou que je sois de petite taille, c'est juste qu'on voit tout, qu'on peut donner un coup de main au cas où, qu'on est pas loin de la salle des enfants... Et que même quand on arrive en retard, il y a toujours de la place ! Et là mon oeil droit repère une aube... Gniiii ? Une aube ? Au temple ? Kécépasse ? Mon regard surpris s'attarde un peu sur le banc, à côté de l'aube je vois deux robes pastorales noires... A ce moment là mon cerveau embrumé reconnecte ses neurones : aujourd'hui c'est le culte d'installation du pasteur, avec invitation aux communautés voisines ! Oh bon sang, avec mes baskets et mon sweat Taizé, alors que tout le monde est sur son trente-et-un, j'en loupe pas une !

Le culte se déroule tranquillement, sortant de la routine, puisque ce sont des laïcs de la paroisse qui célèbrent la liturgie, tandis que la prédication est assurée par le président du Consistoire Nord Ouest de l'Eglise Protestante Unie de Région Parisienne[1]. Après quoi il préside également la liturgie spécifique pour l'installation du pasteur : louange, accueil, engagement mutuel du pasteur et de la paroisse, imposition des mains, discours d'accueil des différents intervenants.

Et c'est là que tout prend son sens. Au départ, je me disais que c'était un simple formalisme, une procédure à suivre pour être "dans les clous", demandée par un pasteur d'origine allemande, donc peut-être un peu carré, un peu à cheval sur les règles... Et c'est au moment de l'imposition des mains que tout s'est illuminé. Tous les acteurs de ce moment ont pris conscience de l'importance du geste. Représentants du CP[2], de la famille, de l'Entraide[3], du groupe de prière, du groupe Rencontre, des musiciens, de tous âges, de toutes origines, de tous horizons, tous ont symboliquement entouré et imposé les mains au pasteur, pour la paroisse. Alors, dans ces mains entourant notre nouveau ministre, c'est tout le lien qui peut exister entre les hommes, entre Dieu et les hommes, qui a pris chair ! Là, oui, je peux dire que l'union, l'Esprit Saint était présent, palpable, sensible. Et, comment dire ? Ca secoue... Vraiment...

Si avant je me disais "à quoi bon ?", aujourd'hui j'ai compris une chose : non, l'installation d'un pasteur, d'un nouveau CP, ce n'est pas juste "pour faire officiel" ou "pour se faire mousser". Non. C'est vraiment Dieu qui est au coeur, qui se rend présent dans nos actions humaines...

Et si tout ça se déroule le premier dimanche d'une nouvelle année liturgique, ce n'est sans doute pas pour rien. Vous, je ne sais pas. Mais moi, j'ai bien aimé mon entrée en Avent ! Très beau chemin à tous...

Notes

[1] Le consistoire pour les protestants de l'Eglise Protestante Unie, c'est comme un secteur pour les catholiques : un regroupement de plusieurs paroisses, un échelon intermédiaire entre la paroisse et la région, géré par le synode régional

[2] Conseil Presbytéral

[3] L'association d'action sociale, d'entraide rattachée à la paroisse, comme son nom l'indique

dimanche 09 mars 2014

(re)Sourire

Quand elle est entrée dans la rame et s'est assise en face de moi, j'avais le sourire aux lèvres après avoir lu le texto d'un proche... Le sourire est resté même si son visage m'a choquée. Elle avait dû être gravement brûlée, et elle en a gardé des cicatrices importantes : joues, front, nez, menton... En quelques secondes j'ai réalisé qu'elle portait son drame sur elle, en permanence.

Alors elle a sorti son téléphone de sa poche. Elle a appelé. Au cours de la discussion, dans un sabir joyeusement accentué, au fil des stations, sa figure s'est éclairée, peu à peu... Jusqu'à terminer en éclat de rire ! Et j'ai compris... Compris que ce qu'elle portait sur elle, ces marques qu'elle ne pouvait pas enlever, ce n'était pas une fatalité !

Elle est sortie, vers une correspondance, un autre métro... Je ne la connais pas, on ne s'est rien dit, nos yeux se sont à peine croisés... Et en quelques instants, elle m'a rappelé qu'il suffit d'un sourire pour tout illuminer. Merci :-)

mercredi 05 mars 2014

Des hommes, des cendres, un chemin

Un nouveau chemin... Chaque année, j'ai un peu la surprise... Chaque fois, quelqu'un me pose une question... Un peu comme un clin-Dieu, une piste pour me remettre sur la route !

"Que font les protestants pour le Carême ?" ; "C'est quoi le Mardi-Gras ?" ; "Pourquoi 40 jours mais ça commence un mercredi ?"... Autant de questions apparemment simples, autant de discussions qui sont allées bien plus loin...

"Convertissez-vous et croyez à l'Evangile !"... Un appel, encore... A réécouter, à rejoindre l'Evangile, à reprendre la route plutôt que les chemins de traverse...

Chers amis, quelle que soit la manière dont vous montez vers Pâques, que votre voyage soit serein, paisible, qu'il vous mène vers vous-même, comme Abraham l'a fait en obéissant à Dieu : lekh lekha, va vers toi !

vendredi 17 janvier 2014

Question de point de vue...

Assertion de départ : "entre la Bible et la communion, y'a pas photo !"

Le catholique : "c'est sûr, entre un bouquin et le Corps du Christ, y'a pas photo !"

Le protestant : "c'est sûr, entre la Parole de Dieu et la commémoration d'un repas, y'a pas photo !"

Moi : "je prendrais bien la Parole de Dieu et le Corps du Christ..." ;)

- page 1 de 15